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Louis et Gabrielle Vargues, de Rennes à Alger

Publié le 17 septembre 2026 · Fabian Regairaz

Fabian RegairazLe cabinet des origines

Récit d’ancêtres · Vargues / Cadet

Louis et Gabrielle Vargues, de Rennes à Alger

Famille debout sur un petit pont de bois dans un jardin botanique
La famille Vargues au Jardin d’Essai : Bernard, Madeleine, Louis, Gabrielle, Robert (1939 ?) Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.

Un horloger de Nantes, une couturière de Rennes. Une boutique où se croisent les montres et les étoffes. La guerre sépare le couple, puis la famille traverse la Méditerranée. À Alger viennent le deuil, les revers et les recommencements. Le récit de leur fils Robert et les photographies familiales rendent à cette histoire ses lieux et ses visages.

Dans ce récit
  1. La frise d’une vie déplacée
  2. I. Deux familles de métier
  3. II. Une enfance au-dessus du magasin
  4. III. La guerre de Louis
  5. IV. Les années rennaises
  6. V. L’adieu à Rennes et le deuil
  7. VI. Alger, refaire sa place
  8. VII. Deux peintres algérois chez un dentiste lyonnais
  9. VIII. Gabrielle, une lettre depuis Hydra
  10. Ce que disent les actes

La frise d’une vie déplacée

29 déc. 1885Gabrielle naît à Rennes.
22 déc. 1888Louis naît au 4, quai Jean-Bart, à Nantes.
1908Mort de Raymond Germain Vargues.
15 sept. 1913Louis et Gabrielle se marient à Rennes.
28 juin 1917Naissance de Robert.
1919Louis est rendu à ses foyers.
1929La famille s’installe à Alger.
Vers 1930Mort du fils aîné, Louis.
1956Gabrielle écrit depuis Hydra.

I. Deux familles de métier

La branche de Louis remonte vers Gourdon et Saint-Cirq-Souillaguet. On y rencontre des cordonniers, des teinturiers, des cultivateurs, des tisserands et un maçon avant que Raymond Germain ne gagne Nantes. Sa mère, Louise-Marie Leroux, apporte une autre géographie, de l’Orne à la Sarthe, avec des aubergistes, des bijoutiers et des marchands. L’horlogerie n’arrive donc pas dans la famille comme une révélation isolée : elle s’inscrit dans une culture de boutique, d’outils et de clientèle.

Gabrielle Cadet appartient à une famille rennaise de tailleurs et de confection. Les deux lignées ont en commun le monde du travail qualifié et du commerce de proximité. Leur mariage réunit deux maisons qui savent tenir un atelier et recevoir le public.

Du côté de Gabrielle, les Cadet remontent vers Ville et Berlancourt, dans l’Oise, puis les alliances conduisent à Gentilly, Saint-Séglin et Pipriac. Du côté de Louis, Alençon et Bonnétable éclairent les branches Leroux et Chevignier. Les familles ne partent pas toutes du même milieu, mais leurs enfants se retrouvent dans la ville et ses métiers.

II. Une enfance au-dessus du magasin

Louis perd sa mère peu après sa naissance. Raymond se remarie et la fratrie s’élargit. Robert situe l’enfance nantaise de son père au-dessus du commerce familial, entre les rues du centre, l’école de Toutes-Aides et les vacances à Beautour. Son récit reconnaît aussi ses blancs : les premières années sont peu documentées. Les photographies des frères et du second mariage montrent une maison nombreuse, sans autoriser à inventer les relations de chacun.

Gabrielle grandit à Rennes dans un univers où l’on coupe, coud et vend les vêtements. Chez les deux futurs époux, le métier est une présence quotidienne. La précision de l’horloger et la patience de la couturière deviendront deux ressources du ménage.

Carte postale ancienne de la place de la Mairie à Rennes, avec l'hôtel de ville et son campanile
La place de la Mairie, à Rennes (carte postale ancienne) Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Trois jeunes garçons en costume, se tenant par l'épaule
Paul, René et Louis Vargues, vers 1896, selon la légende familiale. Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Portrait de groupe en médaillon ovale : jeunes gens en blouses claires
Les enfants de Raymond Vargues, second lit (manquent Simone et Odette) Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.

III. La guerre de Louis

Jeune soldat debout en uniforme et bottes, portrait de studio
Louis Vargues en uniforme, pendant la Grande Guerre Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.

Louis part à la guerre. Le fascicule familial conserve son portrait de soldat et la citation attribuée à sa conduite au service d’une pièce de mitrailleuse. La Croix de Guerre est datée du 31 juillet 1916 dans le récit. La chanson de La Madelon appartient à la mémoire de cette période ; elle est évoquée ici comme un souvenir transmis, non comme un document militaire.

« Quelques rares permissions occupées à l’établi, occupées à aimer sa femme. »
Robert Vargues, fascicule familial, citation courte.

IV. Les années rennaises

Le récit familial place les années rennaises autour de l’enseigne « L. Vargues – Horlogerie / G. Vargues – Couture, deuil en 24 heures ». Les photographies conservées montrent l’établi, le salon, les enfants et les vêtements bretons d’une fête de Sainte-Anne. Derrière la façade, il y a la précision de l’horloger, le travail de Gabrielle et une maison où l’activité professionnelle se mêle à la vie domestique.

L’atelier et le grand salon de 1925 racontent deux usages de la même maison : gagner sa vie et recevoir. Les fêtes religieuses, les costumes bretons et les poses devant les jardins composent la mémoire des enfants. L’album est un choix de moments ; il nous montre les occasions que la famille a voulu garder.

Intérieur d'atelier d'horlogerie avec établis devant une grande fenêtre
L’atelier d’horlogerie, Rennes, 1925 Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Deux portraits en pied : un homme en costume et une femme en robe sombre
Louis et Gabrielle, Rennes, 1925 Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Quatre enfants en costume breton traditionnel devant un bosquet
Robert, Bernard, Madeleine et Louis, en Bretons, lors d’une fête de Sainte-Anne Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Famille réunie en plein air devant un massif de verdure
La famille Vargues, à Rennes Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Parents et enfants posant en rang dans un jardin
La famille Vargues, à Rennes (seconde vue) Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Portrait d'homme en costume et vue d'un salon bourgeois avec piano
Louis – Le Grand Salon, à Rennes, 1925 Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.

V. L’adieu à Rennes et le deuil

Après 1919, la famille reprend une existence civile. En 1929, elle part pour Alger. Le magasin du 43, rue Sadi-Carnot, la faillite rapportée par le récit, le quartier de Télemly, les sorties à Sidi-Ferruch et le voilier « Ker Armor » forment les repères d’une installation qui n’est pas un simple décor colonial : c’est un nouvel équilibre économique et familial.

Le décès du fils aîné, situé vers 1930 dans le dossier, est traité avec pudeur. La photographie mortuaire n’est pas publiée. Le récit garde la place du deuil sans exposer l’image intime qui l’accompagne.

VI. Alger, refaire sa place

Le 43, rue Sadi-Carnot donne une adresse précise à l’installation. La photographie de la devanture fait entrer dans le récit un commerce réel : une vitrine, une enseigne, des passants. Les difficultés commerciales conduisent ensuite la famille à recomposer sa vie. Robert rapporte l’insistance de Gabrielle pour que les enfants poursuivent leurs études malgré les revers.

Les bois de Sidi-Ferruch et le Ker Armor appartiennent à un autre registre, celui des sorties et de la mer. Le nom breton du bateau dit à sa façon ce que l’on emporte en changeant de rive. Les photographies datées de 1936, 1938 et 1940 rythment cette seconde vie.

Devanture d'une horlogerie-bijouterie à Alger
Le magasin du 43 rue Sadi-Carnot, Alger (Horlogerie – Bijouterie) Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Tentes de camp sous les pins
Le camp, dans les bois de Sidi-Ferruch, juillet 1938 Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Deux vues d'un petit voilier
Le « Ker Armor », avant et après le pontage Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Portrait du couple, puis trois hommes assis sur un banc
Louis et Gabrielle en 1936 ; Bernard, leur père Louis et Robert à Alger en 1940, selon le fascicule. Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.
Deux portraits en buste : un homme âgé à lunettes et une femme
Portraits de Louis et Gabrielle (date à préciser) Identification et datation selon le fascicule familial.
Fascicule « Louis et Gabrielle » de Robert Vargues (2002), collection familiale. Publication autorisée par le détenteur du dossier ; aucune licence de réutilisation concédée. Agrandir au clic.

VII. Deux peintres algérois chez un dentiste lyonnais

Ce que l’article de 1977 rapporte

Une coupure signée Agnès Guénard, datée du 5 janvier 1977, présente Bernard Vargues, chirurgien-dentiste à Lyon, et six toiles de Sauveur Galliéro et Raoul Tarrou conservées dans son salon. L’anecdote d’un hébergement de Galliéro par Camus et l’idée d’un modèle de Meursault relèvent de la tradition de presse. Selon Jean Sénac, puis selon la presse, Galliéro aurait prêté des traits à Meursault ; d’autres modèles, dont Pierre Galindo, sont avancés. Dans La Peste, le médecin est Bernard Rieux ; Jean Tarrou est son ami et organisateur des équipes sanitaires. Toute formulation qui ferait de Tarrou un médecin est exclue.

Bernard Vargues est mon grand-père maternel. Le portrait peint de Gabrielle conservé dans le dossier rappelle un tableau visible dans la coupure de presse. Cette ressemblance ouvre une enquête d’attribution, à conduire par la signature, le revers de la toile et l’inventaire familial ; elle ne suffit pas à donner un nom de peintre.

VIII. Gabrielle, une lettre depuis Hydra

La lettre écrite à Hydra en 1956 ramène le récit à la voix de Gabrielle. Elle a reçu des nouvelles, écrit à son tour et attend le retour des siens. Le jour et le mois demandent une lecture de l’original ; l’année est lisible. Les noms des destinataires et les passages privés ne sont pas reproduits.

« […] je vous envoie ce petit mot […] je vous embrasse tous les 4 bien tendrement. Maman. »Gabrielle Vargues, lettre d’Hydra, 1956. Transcription partielle ; coupures signalées.

Ce que disent les actes

PointLecture retenue
Naissance de Gabrielle29 décembre 1885 à Rennes ; le 11 décembre 1886 est une erreur mémorielle corrigée.
Naissance de Louis22 décembre 1888, Nantes, 4 quai Jean-Bart.
Origine VarguesGourdon et Saint-Cirq-Souillaguet, puis Nantes ; aucune noblesse ajoutée.
Camus / TarrouTradition de presse ; Tarrou médecin : exclu.

Sources et remerciements

  1. Robert Vargues, Louis et Gabrielle, fascicule familial, 2002 ; transcription et encart généalogique consolidé par Fabian Regairaz, 2026. Photographies : collection familiale, légendes du fascicule.
  2. Généaquercy, Histoire généalogique — La famille Vargues, février 2026 : synthèse citée, rapport et images non reproduits.
  3. Agnès Guénard, « Les œuvres de deux peintres algérois, inspirateurs d’Albert Camus, dans le salon d’un dentiste lyonnais », 5 janvier 1977, rubrique « Toute l’actualité », titre du journal non visible sur la coupure.
  4. Notice Sauveur Galliéro et bibliographie ; Albert Camus, préface du catalogue Sauveur Galliéro, Paris, 1945, référence bibliographique. Les anecdotes de presse restent attribuées à leur source.

Filiations présentées selon le dossier familial validé par Fabian Regairaz. Les dates approximatives et les lacunes des pièces demeurent indiquées ; une référence citée n’est pas une nouvelle consultation d’archives.

Prestations & tarifs de généalogie familiale

Activité de généalogie familiale, distincte de l’office notarial.