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Le cabinet des origines · L’arbre

Des noms.
Des vies. Des surprises.

Un graveur, des tapissiers du Roi, un capitaine, des meuniers, des notaires et un ministre. Mon arbre traverse les régions, les métiers et les milieux sociaux. Entrez par un lieu : il vous conduira vers une histoire.

Le cabinet des origines · Dossiers de famille

Les vies derrière les noms

Des Déserts à Cetara, de Rennes aux Gobelins : vingt-six entrées dans mes dossiers de recherche. Je commence par Charles, qui apprend à signer à l’âge adulte.

Charles Disigny · Rennes · 1705–1713

1705 : il ne sait pas signer. 1713 : « Charledesigné ».

La question

Comment un homme qui ne sait pas signer en 1705 écrit-il son nom en 1713 ? Dans mon dossier rennais, la réponse commence par deux mariages. Le premier porte une incapacité déclarée ; le second conserve une signature. Huit années les séparent. Je les place côte à côte parce que cette différence raconte une transformation qui ne se voit pas dans une simple succession de dates. Charles a appris à signer à l’âge adulte. Son nom, écrit de sa main, donne à cette histoire une présence particulière.

Je rencontre ici un geste qui traverse mes deux métiers : signer un acte, écrire un texte. Mais Charles n’a pas besoin de cette proximité pour retenir l’attention. Son histoire tient d’abord à lui, aux femmes qu’il épouse, aux rues où il vit et aux formes successives sous lesquelles les registres conservent son nom. Le récit commence avec ce que ces pages donnent à lire.

Les repères

Le 3 novembre 1705, Charles Dizigny épouse Jeanne Noué. L’acte indique qu’il ne sait pas signer. Le 2 mai 1713, il épouse Jacquette Renée Hervé. Au bas de ce second acte apparaît « Charledesigné ». Ce sont les deux bornes de l’apprentissage visible dans les registres. La première date fixe ce qu’il ne fait pas encore ; la seconde montre le geste accompli.

Entre les deux mariages, les graphies se succèdent : Dizigny en 1705, Dysigny en 1707, Designe en 1710, Designé en 1713. Je les conserve toutes. Elles ne sont pas des variantes décoratives autour d’une forme choisie aujourd’hui : ce sont les portes d’entrée des pièces. Une recherche limitée à une seule orthographe laisserait de côté une part des événements qui permettent de suivre Charles.

Le dossier rapproche également l’origine normande de Charles du baptême enregistré à La Chaise-Baudouin le 18 décembre 1678. La fin de sa vie se situe à Rennes. Le 30 mai 1721, il meurt dans sa maison rue Hue ; il est inhumé dans l’église. La chronologie relie ainsi l’origine, les deux unions et le décès, tout en conservant à chaque pièce sa date et sa portée.

Ce qui est relevé

La découverte n’est pas seulement qu’une signature existe. Elle tient au contraste entre deux états documentés de la même vie. En 1705, une formule du rédacteur nous renseigne sur Charles. En 1713, son propre tracé vient s’ajouter à l’écriture de l’acte. Le changement est matériel : à la place occupée autrefois par la seule mention d’une incapacité, la page conserve désormais son nom écrit.

« Charledesigné » réunit ce que notre présentation actuelle séparerait volontiers. Je garde cette forme sans la moderniser dans la citation. L’absence d’espace entre les éléments appartient à la trace rencontrée. Elle rend la signature reconnaissable et permet au lecteur d’approcher le document sans lui substituer une graphie régulière composée pour la publication.

L’acte de 1705 et celui de 1713 donnent également les noms des épouses. Jeanne Noué, puis Jacquette Renée Hervé, sont les repères indispensables de ces deux moments. Raconter seulement l’homme qui apprend à signer ferait disparaître les unions à l’occasion desquelles son histoire devient lisible. La signature ne flotte pas à côté de la vie familiale : elle se rencontre dans les actes qui l’organisent.

La dernière mention rennaise donne encore un autre type de précision : une maison, rue Hue, puis une inhumation dans l’église. Le dossier change d’échelle. Après le geste de la main, voici une adresse et un lieu de sépulture. Ces indications permettent de suivre une personne dans une ville au lieu de ne conserver d’elle que deux années remarquables.

Ce qui reste inconnu

Les deux actes ne nomment pas la personne qui a appris à Charles à signer. Ils ne donnent ni le jour où l’apprentissage commence, ni sa durée, ni les circonstances dans lesquelles il a lieu. L’intervalle est précisément délimité par les deux mariages ; son déroulement n’est pas raconté par les pièces présentées. Je n’y ajoute ni maître d’école imaginé ni scène d’apprentissage.

La signature ne permet pas davantage de reconstituer à elle seule toutes les pratiques de lecture et d’écriture de Charles. Elle établit ce geste : écrire son nom. C’est déjà un événement assez fort pour être raconté pour lui-même, sans lui prêter des livres, des lettres ou des ambitions que ce dossier ne montre pas.

Enfin, découper Disigny en « de Signy » ne crée aucune filiation noble. Ce rattachement n’est pas établi ; les marqueurs du dossier sont négatifs. Je le conserve dans la rubrique des traditions familiales examinées, séparé de cette histoire documentée. Charles n’a pas besoin d’une autre famille pour prendre sa place dans la mienne. Entre deux actes, il a laissé quelque chose de plus singulier : la trace visible d’un apprentissage.

Sources. Archives de Rennes, GGStPS3 et GGStPS4 : mariages des 3 novembre 1705 et 2 mai 1713 ; dossier familial : décès du 30 mai 1721 et baptême du 18 décembre 1678 à La Chaise-Baudouin.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Les dossiers, territoire par territoire

Regairaz, Monod et Roux · Les Déserts · septembre 1867 — Trois deuils en neuf jours

Établi · Regairaz, Monod et Roux · Les Déserts · septembre 1867

Trois deuils en neuf jours

La question

En septembre 1867, la chronologie familiale se resserre brutalement. Pernette et son mari Roux meurent le 1er ; Sophie Monod meurt le 9. Trois personnes, deux dates, neuf jours de calendrier. Lorsque je lis ces décès dans leur ordre, je ne vois plus trois fins de notices dispersées dans mon arbre. Je retrouve un même mois, dans le même pays des Déserts, où plusieurs branches de la parenté sont touchées.

Le récit commence par ce rapprochement. Il ne faut pas chercher loin pour en comprendre la force : les événements sont déjà là, avec leurs noms et leurs dates. Les remettre côte à côte change l’échelle de la lecture. L’arbre montre les générations ; le calendrier fait apparaître ce qu’une famille traverse presque simultanément. Ce septembre-là mérite donc sa propre page, distincte de la simple liste de mes ascendants.

Les repères

Le premier jour du mois porte deux décès : celui de Pernette et celui de son mari Roux. Leur couple demeure ainsi réuni dans la chronologie jusque dans sa dernière date. Le 9 septembre vient le décès de Sophie Monod. Huit jours séparent le premier événement du dernier ; en comptant du 1er au 9, le titre embrasse neuf jours. Cette précision évite de donner au mois une durée qu’il n’a pas.

Pour Sophie, une autre série de dates précède celle du décès : neuf enfants sont nés entre 1852 et 1867. Quinze années séparent les deux millésimes extrêmes. La succession des naissances restitue une vie de mère avant de raconter sa mort. Elle empêche de réduire Sophie à la mention de femme décédée que l’on retrouvera ensuite dans les actes de ses descendants.

Son fils François Regairaz est né aux Déserts en 1857. Il a donc dix ans en cette année 1867. Je garde ce repère à côté du nombre des enfants : il donne une mesure humaine à la chronologie. François est encore un enfant lorsque sa mère disparaît ; dix-huit ans plus tard, le mariage de Toulon conservera la trace de cette absence.

Ce qui est relevé

Le dossier réunit deux temporalités. La première est celle d’une famille qui se constitue, de naissance en naissance, entre 1852 et 1867. La seconde tient dans les premiers jours d’un mois. Leur rencontre explique le choix de mon récit : septembre 1867 ne vient pas seul. Il arrive après des années de vie familiale dont les actes de naissance ont conservé les étapes.

Dans une présentation purement ascendante, chaque décès se range sous le nom d’une personne. Cette organisation est indispensable pour retrouver les filiations, mais elle disperse les événements contemporains. Ici, je garde ensemble Pernette, Roux et Sophie. Je peux ainsi lire le deuil du couple à côté de celui de la mère de François, sans effacer les places distinctes qu’ils occupent dans les dossiers.

Le nombre de neuf naissances appelle une lecture attentive. Il décrit la fécondité relevée dans la période ; il ne constitue pas, à lui seul, le dénombrement des enfants présents au foyer le 9 septembre. Dans le récit, chaque information garde sa fonction : les naissances montrent la succession des enfants ; les décès marquent les ruptures ; la filiation rattache François à Sophie.

Je retrouve Sophie dans l’acte de mariage de François avec Célestine Michel, célébré à Toulon le 11 novembre 1885. Sa mort y est rappelée. Une mention provençale renvoie ainsi à un événement savoyard survenu dix-huit ans auparavant. Le lieu a changé, le fils est devenu adulte, mais l’état civil garde la mère dans la présentation de son identité.

Cette continuité est au cœur de ma recherche. Une personne ne disparaît pas des documents le jour de son décès. Elle revient comme mère, père, conjoint ou ancien propriétaire dans les pièces établies pour d’autres. Sophie appartient au registre de 1867 ; elle demeure aussi présente dans l’histoire écrite de François. Le rapprochement rend à la formule du mariage sa profondeur familiale.

Le monde autour

Les Déserts relient les différents moments de cette histoire. C’est le territoire de la branche Regairaz, celui des surnoms qui distinguent ses homonymes, et celui des recherches rendues difficiles par les lacunes anciennes des registres. Le récit de 1867 trouve sa place dans cet ensemble : une vallée se lit à travers les familles qui y vivent autant qu’à travers ses limites sur une carte.

À l’échelle de la branche, les parcours se diversifient ensuite. François passe par Paris avant Toulon. Barnabé Regairaz exerce la chapellerie à Buenos Aires et revient aux Déserts. Ces autres récits éclairent le territoire familial sans modifier la chronologie des trois décès. Le village reste un point de rencontre entre les vies qui s’y poursuivent et celles qui s’en éloignent.

Le lecteur peut passer de ce mois de septembre au mariage de 1885. Il retrouvera le même nom de Sophie, désormais dans une autre génération et une autre ville. C’est une manière concrète de parcourir l’arbre : suivre une personne d’un acte à l’autre, puis suivre la place qu’elle continue d’occuper dans les actes de ses enfants.

Ce qui reste inconnu

Les pièces présentées dans ce récit ne donnent pas la cause commune ou distincte des trois morts. La proximité des dates est établie ; l’explication médicale n’est pas documentée ici. Je conserve donc les dates sans leur ajouter une épidémie. Le mois de septembre suffit à faire apparaître la concentration des deuils.

Les arrangements quotidiens qui ont suivi la mort de Sophie ne sont pas exposés dans ce dossier publié. Qui a pris en charge chaque enfant, comment le foyer s’est réorganisé : ces questions appartiennent à la suite de l’enquête. La page s’arrête sur ce qu’elle permet déjà de restituer avec précision : neuf naissances, trois décès rapprochés, et un fils dont le mariage prolongera la mémoire de sa mère.

Sources. Dossier familial Regairaz–Monod : décès des 1er et 9 septembre 1867 ; naissances de 1852 à 1867.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Regairaz · Les Déserts · surnoms de branche — Un nom, cinq façons de reconnaître une branche

Établi · Regairaz · Les Déserts · surnoms de branche

Un nom, cinq façons de reconnaître une branche

La question

Dans les dossiers des Déserts, un nom de famille ne suffit pas toujours à reconnaître une personne. Il faut parfois attendre les mots qui le suivent : dit Vuillerme, dit Thomas, dit Badin, dit Le Rey, dit Tavillon. Ces cinq appellations font partie de l’histoire de la branche Regairaz. Elles précisent les appartenances dans une vallée où les homonymes se rencontrent à chaque génération.

Je les conserve dans mes relevés comme dans mes récits. La formule « dit » n’est pas un ornement ancien que l’on pourrait supprimer pour rendre les noms plus courts. Elle apporte une information. Là où une liste alphabétique rapproche tous les porteurs d’un patronyme, le surnom permet de retrouver les distinctions dont les habitants avaient besoin pour se reconnaître.

Les repères

Le dossier retient cinq formes : Vuillerme, Thomas, Badin, Le Rey et Tavillon. Je les présente ensemble pour rendre visible le système des branches, mais chacune doit ensuite être lue dans ses propres actes. La série ne constitue ni un ordre d’ancienneté ni une succession de cinq générations. Ce sont cinq manières de préciser une identité au sein du même territoire familial.

Le premier repère est donc le nom complet tel qu’il apparaît dans la pièce. Viennent ensuite la date, le lieu, le conjoint, les parents et les autres personnes nommées. Le surnom s’insère dans cette lecture : il en est une composante, particulièrement utile lorsque le prénom et le patronyme ont plusieurs porteurs contemporains.

Dans une base généalogique, ces mots doivent rester consultables. Je peux conserver une forme commune du patronyme pour l’index, tout en faisant apparaître l’appellation de branche à côté de chaque personne concernée. Les deux usages se complètent : l’un aide à retrouver la famille, l’autre aide à retrouver l’individu.

Ce qui est relevé

Le mot « dit » introduit une seconde désignation. Sa présence dans les actes montre que cette désignation était assez pertinente pour être écrite. Le récit familial peut alors garder une finesse qui disparaîtrait si tous les noms étaient uniformisés. Deux fiches portant le même prénom et le même patronyme ne se confondent plus aussi facilement lorsqu’on conserve leurs surnoms.

Cette attention change la manière de parcourir les pièces. À la lecture d’un baptême, je relève l’appellation avec les noms des parents et ceux du parrain et de la marraine. Dans un mariage, je la rapproche des filiations et des lieux. Dans un acte concernant un bien, je la garde à côté des personnes qui interviennent. Le surnom accompagne ainsi la recherche au lieu d’être rangé dans une rubrique secondaire.

Les cinq formes ne se remplacent pas les unes les autres. « Dit Thomas » doit rester distinct de « dit Vuillerme », même lorsque le patronyme principal est identique. La comparaison devient particulièrement importante lorsqu’un arbre rassemble des informations provenant de plusieurs relevés. Une différence apparemment minime dans le nom peut correspondre à une différence décisive dans l’identité.

Il faut également conserver les moments où une désignation est écrite et ceux où elle ne l’est pas. La présence du surnom dans une pièce apporte un repère positif ; son absence dans une autre ne raconte pas, à elle seule, un changement de branche. Ce sont les informations réunies autour de la personne qui permettent de suivre son parcours.

Une fois les actes rapprochés, le surnom donne aussi une forme lisible au récit. Le lecteur n’a pas à retenir une longue succession de prénoms semblables sans autre appui. Il retrouve une branche nommée, puis les personnes qui la composent. La vallée devient une géographie de familles, avec des distinctions plus précises que celles d’un simple répertoire de patronymes.

Le monde autour

Cette géographie est celle d’une communauté où la proximité ne supprime pas les différences. Parents, voisins et homonymes peuvent porter des noms semblables tout en occupant des places distinctes. Les surnoms de branche conservent cette organisation à une échelle que la carte des communes ne montre pas. Ils appartiennent au territoire autant qu’au nom des personnes.

Dans le même ensemble savoyard, le cadastre de 1738 et les minutes du notaire ducal Jean Viand offrent d’autres façons de reconnaître les familles. Les actes paroissiaux suivent les étapes de la vie ; les documents fonciers situent des biens ; les minutes enregistrent des relations et des accords. Garder le surnom dans les relevés permet de comparer ces traces avec leur vocabulaire propre.

Le récit des trois deuils de septembre 1867 et celui de Barnabé à Buenos Aires montrent ensuite des vies singulières. Ici, je m’arrête sur l’outil de distinction qui aide à les replacer dans un ensemble plus vaste. Une histoire familiale a besoin des deux échelles : la personne dont on raconte le parcours et la branche grâce à laquelle on la reconnaît.

Ce qui reste inconnu

L’origine particulière de Vuillerme, Thomas, Badin, Le Rey et Tavillon n’est pas expliquée dans le relevé présenté ici. Je n’attribue donc à aucune de ces appellations une profession, un caractère ou un ancêtre fondateur. Leur ressemblance éventuelle avec un prénom ou un mot courant ne remplace pas une pièce donnant cette origine.

Le récit porte sur leur fonction attestée : distinguer les branches. Pour aller plus loin, il faudra suivre chaque appellation dans la chronologie des actes et retrouver ses premières occurrences dans le dossier. Ce travail prolongera une réalité déjà visible : aux Déserts, le nom de famille se précise par les mots qui l’accompagnent.

Ces quelques syllabes font une grande différence dans la lecture de l’arbre. Je les garde parce qu’elles appartiennent aux personnes que je cherche, et parce qu’elles rendent à la vallée sa manière de nommer les siens. Le lecteur peut désormais les reconnaître lorsqu’il les rencontrera dans un acte ou dans l’une des histoires de la famille.

Sources. Dossiers familiaux des branches Regairaz aux Déserts : Vuillerme, Thomas, Badin, Le Rey et Tavillon.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Barnabé Regairaz · Buenos Aires et Les Déserts · vers 1831–1901 — Chapelier à Buenos Aires, revenu mourir aux Déserts

Établi · Barnabé Regairaz · Buenos Aires et Les Déserts · vers 1831–1901

Chapelier à Buenos Aires, revenu mourir aux Déserts

La question

Barnabé Regairaz est chapelier à Buenos Aires. Puis il revient aux Déserts, où il meurt en 1901. Dans ma généalogie, cette trajectoire ouvre une fenêtre sur l’Atlantique : le nom savoyard se retrouve dans une ville d’Amérique du Sud, associé à un métier. L’histoire ne s’arrête pourtant pas au départ. Elle revient vers le village et s’y achève.

Je veux garder les trois éléments ensemble : Les Déserts, Buenos Aires, la chapellerie. En retirant le métier, on ne verrait plus qu’un déplacement. En retirant le retour, on raconterait une installation définitive que le dossier ne décrit pas. Barnabé a sa place dans les migrations familiales précisément parce que son parcours relie ces deux rives dans les deux sens.

Les repères

Sa naissance est située vers 1831. Je conserve cette approximation, qui appartient au dossier. Son décès, en 1901, donne une borne certaine à la fin de son parcours. Entre les deux, l’activité de chapelier à Buenos Aires établit une présence professionnelle en Argentine. Le retour aux Déserts replace sa dernière étape dans le territoire familial savoyard.

Ces repères ne donnent pas encore un calendrier continu du séjour. La date du premier départ, celle de l’arrivée à Buenos Aires et celle du retour ne figurent pas dans la notice de recherche reprise ici. Leur absence n’enlève rien aux deux lieux établis ; elle laisse ouverte la durée passée dans chacun.

Sur la carte des migrations, le trajet des Déserts vers Buenos Aires représente le lien entre ces territoires. La ligne est un schéma de déplacement familial. Elle ne désigne ni un port d’embarquement européen ni une route maritime précise. La carte aide à mesurer l’éloignement ; la chronologie, elle, doit rester celle des pièces.

Ce qui est relevé

Le mot chapelier rend Barnabé plus proche. Il fait entrer dans l’arbre une activité, un univers d’objets et un savoir-faire, au lieu de laisser seulement deux dates autour d’un nom. Buenos Aires devient le lieu où cette activité est exercée. La mention professionnelle n’est pas interchangeable avec celle d’un cultivateur, d’un marin ou d’un simple voyageur.

Elle ne décrit cependant pas l’organisation de son travail. Le dossier publié ne donne ni une enseigne, ni une adresse d’atelier, ni le nom d’un employeur. Je garde donc l’appellation qui est relevée : chapelier. Elle constitue déjà un point d’entrée précis pour retrouver, dans les sources argentines, la présence de Barnabé et le cadre de son activité.

Le retour est l’autre fait essentiel. Une généalogie des migrations peut facilement se construire autour des départs : on quitte une paroisse, puis une région, puis un pays. Barnabé oblige à regarder aussi le mouvement inverse. Les Déserts demeurent dans sa trajectoire jusqu’au décès de 1901. Le village n’est pas seulement l’endroit d’où l’histoire est partie.

Je rapproche ce parcours de celui de François Regairaz, sans les confondre. François passe par Paris puis se marie à Toulon en 1885 ; Barnabé travaille à Buenos Aires. Le même ensemble familial s’ouvre ainsi sur des villes très différentes. Ce rapprochement donne de l’ampleur à l’histoire des Déserts : les dossiers locaux contiennent aussi les traces de vies menées ailleurs.

Le récit d’Anna Natalie Galano, née à Alger en 1896, apporte un autre déplacement dans mon arbre. Il appartient à une autre branche et à une autre traversée. Les réunir sur la page des migrations permet de parcourir la famille à plusieurs échelles, sans faire de tous ces voyages une seule aventure ni leur donner une raison commune.

Le monde autour

Pour comprendre ce que recouvre un métier, les collections peuvent compléter la lecture d’un acte. L’Atelier-Musée du Chapeau, à Chazelles-sur-Lyon, conserve des coiffures et des outils, et maintient un atelier de production. Cette ressource donne accès à l’univers matériel de la chapellerie. Elle n’est pas une source sur l’atelier personnel de Barnabé.

Pour les déplacements, l’Archivo General de la Nación argentin propose la consultation des entrées de passagers arrivés par mer au port de Buenos Aires entre 1882 et 1937. Les données viennent des livres produits par l’administration des migrations. La recherche peut porter sur le nom, le prénom, le navire et une période d’arrivée.

Cette borne de 1882 compte pour le dossier : une première arrivée plus ancienne ne serait pas couverte par cet outil. Un voyage ultérieur pourrait l’être. La ressource est donc présentée comme un prolongement de l’enquête, avec sa période précise, et non comme un registre dans lequel Barnabé aurait déjà été retrouvé.

Ces deux portes documentaires répondent à deux questions différentes. Le musée aide à comprendre un métier ; les livres de passagers peuvent documenter un voyage. Les réunir donne au lecteur les moyens d’aller au-delà de la carte, tout en conservant la distinction entre le contexte professionnel et les traces nominatives de la personne.

Ce qui reste inconnu

Pourquoi Barnabé part-il, et pourquoi revient-il ? Le dossier publié ne donne pas ses motifs. Je ne transforme donc pas le retour de 1901 en récit de fortune, d’échec ou de nostalgie. Le fait conservé est suffisamment singulier : après la chapellerie à Buenos Aires, sa vie s’achève aux Déserts.

L’adresse argentine, la durée du séjour et les étapes maritimes restent à préciser. Ces questions prolongent une trajectoire déjà établie. Dans mon arbre, Barnabé garde désormais sa place entière : un Regairaz dont l’histoire relie un village savoyard, une activité de chapelier et Buenos Aires, avant de ramener le regard vers la Savoie.

Contexte et ressources : Atelier-Musée du Chapeau, collections et atelier ; Archivo General de la Nación, entrées maritimes à Buenos Aires, 1882–1937.

Sources. Dossier familial Barnabé Regairaz, vers 1831–1901 : profession à Buenos Aires et décès aux Déserts.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Les Déserts · 1561, 1738 et 1740 · archives de la vallée — L’église incendiée, les registres troués

Établi · Les Déserts · 1561, 1738 et 1740 · archives de la vallée

L’église incendiée, les registres troués

La question

Aux Déserts, les registres conservés ne remontent pas avant 1740. L’incendie de l’église et les lacunes de la série interrompent la succession familière des baptêmes, mariages et sépultures. À cet endroit de la recherche, le livre que l’on feuillette depuis des générations s’arrête. Pourtant, les familles existaient avant sa première page conservée.

Le dossier change donc de chemin. Trois ensembles lui donnent d’autres prises : le cadastre de 1738, la gabelle de 1561 et les minutes de Jean Viand, notaire ducal. Aucun ne reproduit le registre manquant. Chacun conserve une autre forme de présence des habitants : les biens, les foyers, les relations inscrites dans les actes. Leur rapprochement permet de continuer l’histoire de la vallée.

Les repères

Les trois dates doivent rester distinctes. La gabelle de 1561 appartient au XVIe siècle. Le cadastre retenu dans le dossier porte le millésime 1738. La série paroissiale conservée commence en 1740. Entre la plus ancienne et la plus récente de ces bornes, cent soixante-dix-neuf ans séparent deux états documentaires du même territoire.

Le cadastre est chronologiquement proche du début des registres conservés : deux années seulement séparent 1738 et 1740. Cette proximité le rend particulièrement utile pour replacer les premières personnes rencontrées dans la série paroissiale au milieu de biens et de noms de lieux. La gabelle, beaucoup plus ancienne, ouvre une profondeur différente.

Les minutes de Jean Viand ajoutent la dimension des actes passés entre personnes. Le titre de notaire ducal replace le producteur de ces documents dans le cadre savoyard. Le dossier n’emploie donc pas seulement des sources différentes par leur date ; il réunit des écritures produites pour des usages différents.

Ce qui est relevé

Le cadastre fait d’abord regarder le sol. La recherche quitte un instant l’ordre des générations pour suivre des parcelles et des propriétaires. Le nom se trouve associé à un bien situé, et ce bien possède des voisins. Le territoire cesse d’être une indication générale portée après une date de naissance : il devient une partie du raisonnement.

Les Archives de Savoie décrivent précisément la manière de lire la mappe sarde. On repère le numéro d’une parcelle sur le plan, puis on le rapproche des matrices. Le livre des numéros suivis constitue la matrice la plus complète. Selon les communes, des relevés de propriétaires sont proposés en ligne ; les matrices papier peuvent nécessiter une consultation sur place.

Le même service distingue les documents de mutations. À partir de l’édit de 1738, le livre journalier enregistre les changements de propriété et le livre de transports les classe par propriétaires. La collection est incomplète. Cette distinction entre plan, matrice et mutation évite de demander à une seule feuille tout l’historique d’un bien.

Dans mon dossier des Déserts, cette méthode sert une question familiale précise : comment poursuivre la lecture lorsque les registres paroissiaux manquent ? Un propriétaire nommé dans un document foncier devient un point de comparaison pour les autres pièces. La recherche suit alors les désignations, les lieux et les relations explicitement conservées, au lieu de s’arrêter au seuil de 1740.

La gabelle de 1561 donne un repère plus ancien. Elle ne doit pas être lue comme une génération immédiatement précédente : près de deux siècles la séparent du début de la série paroissiale conservée. Sa place est celle d’un autre état de la communauté. Les noms qu’elle porte appartiennent à cette date, et le dossier doit conserver la distance chronologique entre les ensembles.

Les minutes de Jean Viand offrent une troisième lecture. Les personnes y apparaissent dans des relations exprimées par l’acte. Pour une recherche familiale, c’est là que se joue l’intérêt du document : qui agit, avec qui, et dans quelle qualité ? Un nom isolé prend une autre valeur lorsqu’il est accompagné d’une parenté ou d’une situation précisée dans le texte.

Le monde autour

L’incendie fait partie de l’histoire des archives autant que de celle de l’église. La recherche actuelle dépend aussi de ce qui a traversé le temps. Aux Déserts, la disparition des registres anciens donne aux autres ensembles une importance particulière. La communauté a laissé plusieurs sortes de documents ; leur conservation n’a pas suivi le même chemin.

Cette différence se voit dans les questions que l’on pose. Un baptême situe une naissance et une parenté. Un document cadastral situe une propriété. Une minute conserve une opération et les personnes qui y interviennent. En passant de l’un à l’autre, je ne cherche pas des pièces interchangeables : je rassemble des aspects complémentaires d’une même vie locale.

Les surnoms de branche prennent ici toute leur utilité. Dit Vuillerme, dit Thomas, dit Badin, dit Le Rey et dit Tavillon affinent l’identification des familles des Déserts. Conserver ces désignations avec les noms et les lieux aide à comparer les actes sans effacer ce qui distinguait leurs protagonistes.

Les cartes de la rubrique Migrations donnent une vue d’ensemble de la Savoie familiale. Le cadastre propose l’échelle inverse : celle des parcelles et des voisinages. Entre ces deux vues, le lecteur peut comprendre comment une histoire territoriale se construit, depuis le pays d’origine jusqu’au détail d’un bien nommé dans les archives.

Ce qui reste inconnu

Les documents présentés ici ne rétablissent pas automatiquement une série continue de filiations avant 1740. Les raccords se lisent dans les pièces réunies pour chaque personne. La gabelle ancienne, le cadastre et les minutes gardent leurs dates et leurs fonctions propres ; leurs rapprochements doivent être exposés avec les relations effectivement relevées.

Le récit ne donne pas davantage une date précise de l’incendie ni une description de ses circonstances. Il conserve le fait et sa conséquence documentaire. L’enquête a déjà trouvé ses voies de continuation : suivre les biens de 1738, relire l’état ancien de 1561 et reprendre les actes de Jean Viand. Le registre s’interrompt ; la recherche, elle, dispose encore de plusieurs portes.

Méthode du cadastre : Archives départementales de la Savoie, Faire un historique de propriété dans la mappe sarde (1730–1860), fiche, p. 1–4.

Sources. Dossier familial des Déserts : cadastre de 1738 ; gabelle de 1561 ; minutes de Jean Viand, notaire ducal.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Bernard Pavy et Breton d’Allèves · Aillon-le-Vieux · vers 1647–1727 — Le verre et le parchemin dans la même vallée

Établi · Bernard Pavy et Breton d’Allèves · Aillon-le-Vieux · vers 1647–1727

Le verre et le parchemin dans la même vallée

La question

À Aillon-le-Vieux, Bernard Pavy exerce comme notaire. Son alliance avec les Breton d’Allèves relie sa famille à des maîtres-verriers. Deux activités se rencontrent ainsi dans les Bauges : celle qui conserve les accords par l’écriture et celle qui transforme la matière par le feu. C’est cette rencontre familiale que je retiens sous le titre du verre et du parchemin.

Le point de départ est une personne, avec sa place dans mon arbre. Bernard n’est pas seulement un nom aperçu dans l’histoire d’une vallée. Il est mon ancêtre du côté paternel, à la douzième génération. Son père César appartient à la génération précédente. Tous deux sont notaires, et l’alliance de Bernard élargit ce milieu familial vers un autre métier.

Les repères

Le dossier situe la naissance de Bernard vers 1647 et son décès en 1727. Le premier millésime conserve son caractère approximatif. Le mariage célébré à Aillon-le-Vieux en 1663 apporte un autre repère daté, au début de sa vie adulte. Je garde ces indications séparées : naissance, mariage et décès n’ont pas la même précision dans les éléments publiés.

Bernard porte le numéro Sosa 4254 dans mon arbre ; César, son père, le numéro 8508. Le second est le double du premier, selon la numérotation des ascendants. Cette relation permet au lecteur de retrouver immédiatement le lien père-fils. Bernard se situe à la douzième génération, César à la treizième.

Le dossier fait apparaître les Breton d’Allèves comme maîtres-verriers. L’alliance donne à cette qualification professionnelle sa place dans le récit Pavy. Elle relie des personnes et des familles avant de relier abstraitement deux activités. Aillon-le-Vieux et Allèves restent les deux noms de lieux qui permettent de replacer cette rencontre dans les Bauges.

Ce qui est relevé

Le premier fait est la continuité professionnelle entre César et Bernard. Le père et le fils sont notaires. La généalogie conserve donc davantage qu’une succession de générations : elle montre un métier présent dans chacune. Cette continuité mérite d’être racontée, parce qu’elle donne un contenu à la filiation et ouvre la recherche vers les écritures produites dans leur entourage.

Elle ne raconte pas à elle seule les conditions de l’apprentissage de Bernard. Le dossier présenté ne donne pas un contrat de formation ou une date de réception que je pourrais reproduire ici. Je distingue la qualification relevée de l’histoire détaillée de son acquisition. Le métier est établi ; le parcours qui y conduit reste un autre sujet documentaire.

Le mariage de 1663 est une étape familiale. L’année précise situe Bernard dans la chronologie d’Aillon-le-Vieux, bien avant son décès de 1727. Une fois rapproché de son activité et de sa filiation, ce repère permet de lire plusieurs dimensions d’une même personne : le fils de César, l’époux qui entre dans une alliance et l’homme désigné comme notaire.

L’alliance aux Breton d’Allèves apporte une autre matière au dossier. Le titre de maître-verrier donne aux membres de cette famille une place professionnelle précise. Je le conserve tel qu’il est relevé, sans le réduire au mot artisan. Le verre entre dans la généalogie par ceux qui le travaillent et par les liens qu’ils nouent avec les Pavy.

Le verre et le parchemin donnent son titre à cette rencontre. Le premier renvoie au métier des alliés ; le second évoque le monde de l’écrit auquel appartiennent César et Bernard. Derrière les deux matières, le récit garde ses personnes : un père, son fils, une alliance et les métiers qui donnent à chacun une place dans la vallée.

Cette alliance compte aussi dans la lecture d’une vallée. Si l’on ne retenait que les lieux de naissance et de décès, on verrait surtout des personnes installées dans les Bauges. Les qualifications professionnelles font apparaître les différences à l’intérieur du territoire. L’écriture des actes et la fabrication du verre y appartiennent à une même histoire familiale.

Le monde autour

Le monde de Bernard se lit d’abord dans les noms et les titres que les dossiers conservent : maître, notaire, maître-verrier. Ces mots donnent une épaisseur aux personnes. Ils indiquent un milieu de travail et un savoir-faire, tout en laissant aux actes particuliers le soin d’en préciser les conditions matérielles.

À l’échelle de mon arbre, les Pavy rejoignent d’autres familles dans lesquelles les professions donnent une direction au récit. Les Despine conduisent des Bauges aux thermes d’Aix et à la médecine. Barnabé Regairaz conduit des Déserts à Buenos Aires et à la chapellerie. Les rapprocher ne crée pas une parenté supplémentaire ; cela rend perceptible la diversité des parcours conservés.

Le dossier des registres manquants aux Déserts rappelle de son côté l’importance des minutes anciennes dans une recherche savoyarde. Chez les Pavy, le métier du notaire appartient à la biographie familiale elle-même. L’archive est ainsi présente à deux titres : comme source de l’enquête et comme trace du travail de certains des hommes que l’on cherche.

Le lecteur peut suivre ces histoires par le territoire des Bauges sur la carte, puis revenir à l’index des patronymes. L’un rassemble des lieux ; l’autre rassemble des noms. Le récit de Bernard apporte ce que ces deux classements ne disent pas à eux seuls : une alliance entre deux milieux professionnels.

Ce qui reste inconnu

Le détail des ateliers des Breton d’Allèves, leur organisation et les objets qui y ont été fabriqués ne sont pas exposés dans le dossier publié. Les lieux précis où César et Bernard ont travaillé, les périodes couvertes par leurs minutes et la transmission éventuelle de leurs papiers restent également à développer à partir des références correspondantes.

Ces prolongements ne changent pas les repères déjà réunis. César et Bernard sont père et fils, tous deux notaires ; Bernard appartient à l’histoire d’Aillon-le-Vieux et son alliance le relie aux maîtres-verriers. C’est ce noyau familial que je peux désormais lire d’un seul mouvement, depuis la filiation jusqu’au métier et au territoire.

Sources. Dossier familial Pavy–Breton d’Allèves ; arbre emmett, Bernard Pavy Sosa 4254, César Pavy Sosa 8508.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Despine · Le Châtelard et Aix · dynastie médicale — Du Châtelard aux thermes d’Aix

Despine · Le Châtelard et Aix · dynastie médicale

Du Châtelard aux thermes d’Aix

La question

Du Châtelard aux thermes d’Aix : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

Les Despine du Châtelard conduisent le dossier des Bauges vers la dynastie médicale des thermes d’Aix. Deux lieux structurent cette histoire : l’implantation familiale et le lieu de l’activité médicale.

Ce qui est relevé

Le passage d’un territoire à l’autre se raconte à partir des personnes et des fonctions. Le nom Despine associe ici l’histoire familiale à celle des soins thermaux. Les générations composent une continuité professionnelle que le récit des seuls lieux de naissance laisserait dans l’ombre.

Les médecins dans les fonds d’archives

Les Archives départementales de la Haute-Savoie conservent le fonds Aussedat–Despine, 45 J 1–397. L’inventaire distingue Joseph Despine (45 J 54–79), Antoine (45 J 85–121) et Constant (45 J 136–137), directeurs successifs des thermes d’Aix. Les papiers médicaux côtoient les correspondances privées. Les lettres de patients adressées à Antoine figurent notamment sous les cotes 45 J 114–119. Les dossiers 45 J 89–90 et 136 concernent les maladies nerveuses ou le choléra de 1831–1832. Ces références documentent l’activité des praticiens ; le raccord familial avec les Despine du Châtelard relève du dossier généalogique. Le fonds Garbillon–Despine, 11 J, constitue l’autre ensemble complémentaire.

Source : AD Haute-Savoie, inventaire FRAD074_000000328, fonds Aussedat–Despine, 45 J.

Sources. Dossier familial Despine du Châtelard et histoire médicale des thermes d’Aix.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Chabrand · Manosque · XVIe siècle et générations suivantes — De l’orfèvre au travailleur de terre

Chabrand · Manosque · XVIe siècle et générations suivantes

De l’orfèvre au travailleur de terre

La question

De l’orfèvre au travailleur de terre : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

Nicolas puis André Chabrand sont orfèvres au XVIe siècle. Damian devient orphelin ; les trois générations suivantes retournent à la terre.

Ce qui est relevé

Le dossier fait apparaître un changement de milieu professionnel. Il ne raconte pas une ascension continue : après les deux orfèvres viennent d’autres conditions de vie, d’autres travaux. Le moment où Damian perd ses parents appartient à cette chronologie et doit garder sa place propre.

Ce qui reste inconnu

La cause du changement professionnel n’est pas explicitée dans les éléments de cette notice.

Sources. Dossier familial Chabrand de Manosque : Nicolas, André, Damian et les trois générations suivantes.

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François et Marcel Regairaz · Toulon · 1885–1886 — Le mariage sans contrat et le père absent

Établi · François et Marcel Regairaz · Toulon · 1885–1886

Le mariage sans contrat et le père absent

La question

Le 11 novembre 1885, à dix heures, François Regairaz épouse Célestine Michel à Toulon. Leur mariage est le point de départ d’une question qui me touche directement : que trouve-t-on dans un acte lorsqu’on le lit autrement que comme une preuve de filiation ? Je porte le nom du marié. Pourtant, ce sont ici les indications les plus discrètes qui retiennent mon attention : un mois de domicile, des bans publiés dans deux villes, des consentements reçus le même jour et l’absence de contrat.

Un an plus tard, la naissance de Marcel ajoute une autre formule : le père est déclaré « absent ». Je rapproche les deux pièces sans les fondre en une histoire qu’elles ne racontent pas. Le mariage situe un homme dans un nouvel entourage ; la naissance situe un enfant dans une maison. Entre les deux, la vie familiale se poursuit, mais les actes ne nous en livrent que des moments déterminés.

Les repères

François est employé de commerce et militaire de la réserve. Il réside à Toulon depuis un mois ; auparavant, il a vécu à Paris. La publication des bans dans les deux villes conserve la trace de ce déplacement. L’acte ne se contente donc pas de dire où le mariage est célébré. Il garde aussi la mémoire d’un domicile précédent et inscrit le futur époux dans plusieurs espaces successifs.

Sa mère, Sophie Monod, est décédée. Le 10 octobre 1885, deux actes de consentement ont été reçus, l’un à Chambéry, l’autre à Toulon, pour les pères des futurs époux. Puis vient le mariage du 11 novembre. Le dossier rassemble ainsi, en un mois, trois lieux de la famille : Chambéry, Paris et Toulon. Leur présence n’est pas un itinéraire composé après coup ; chacun intervient dans une mention précise.

Le 2 novembre 1886, Marcel naît au 37, rue Bon-Pasteur, chez les Michel. La déclaration de naissance est reçue le 4 novembre, sous le numéro 1565. La date de l’événement et celle de sa déclaration doivent rester distinctes. Marcel est mon arrière-grand-père, Sosa 8 ; François, mon trisaïeul, occupe la place Sosa 16. Ces deux générations donnent au dossier sa place dans mon arbre.

Ce qui est relevé

Autour du couple, les témoins appartiennent au côté de Célestine. Le dossier relève notamment André Michel, son frère, un beau-frère commissaire principal de la Marine et un cousin. Cette composition rend visible l’entourage présent ce jour-là. Elle montre la famille de la mariée dans l’acte ; elle ne raconte pas, à elle seule, les relations de François avec ses propres proches.

La déclaration relative au contrat de mariage est tout aussi nette : il n’en a pas été fait. Les consentements reçus le mois précédent ne changent pas ce constat. Consentir à une union et organiser les intérêts patrimoniaux des futurs époux sont deux objets distincts. La proximité de deux interventions notariales ne doit pas conduire à donner au mariage un contrat que les époux déclarent ne pas avoir établi.

Cette distinction est le centre du récit. Le dossier ne met pas en scène une famille éloignée de l’écrit : les formalités, les domiciles et les consentements y sont présents. Il montre une union célébrée sans contrat. La pièce familiale retient précisément cette absence, au milieu des formalités et des consentements qui ont entouré l’union.

La naissance de Marcel déplace le regard. La maison est celle des Michel et la déclarante est la sage-femme. François figure dans la filiation, avec la mention « absent ». Le texte associe donc deux informations qui ne doivent pas se remplacer : l’identité du père et son absence lors de l’événement rapporté. La formule ne supprime pas la filiation ; elle ajoute une circonstance à la manière dont la naissance entre dans l’état civil.

Le monde autour

Le monde de François se lit dans les qualifications réunies par le mariage. Le commerce décrit son activité ; la réserve militaire, une autre situation. Paris appartient à son passé récent, Toulon à son installation. Chambéry demeure présent par un acte familial. Ces indications suffisent à restituer une vie mobile, sans attribuer au départ une raison professionnelle, militaire ou sentimentale que le document ne donne pas.

Le quartier et l’adresse apportent une échelle différente. Le numéro 37 de la rue Bon-Pasteur est une localisation de 1886. Une photographie actuelle de cette rue pourrait en évoquer le cadre ; elle ne deviendrait une photographie de la maison familiale qu’après identification du bâtiment. L’adresse ancienne est précieuse en elle-même : elle situe Marcel à sa naissance et donne aux Michel une place concrète dans son premier environnement.

Ce qui reste inconnu

Pourquoi François est-il absent ? Le registre de naissance ne répond pas. Il ne décrit ni une séparation, ni un voyage, ni une obligation de service. Aucun de ces scénarios ne remplace le mot de l’acte. Je garde la question ouverte, à l’endroit exact où le document cesse de renseigner. Le récit peut être précis sans transformer le silence en explication.

Le mariage ne livre pas non plus le contenu des conversations qui ont précédé l’union. Les témoins, les consentements et la déclaration d’absence de contrat sont connus ; les motifs intimes ne le sont pas. C’est cette frontière qui donne sa force à l’ensemble : deux jours de la vie familiale deviennent lisibles, avec leurs lieux, leurs personnes et leurs formalités. Le reste appartient aux pièces qui pourront prolonger cette histoire.

Sources. État civil de Toulon : mariage du 11 novembre 1885 à 10 heures ; naissance de Marcel, acte 1565 de 1886.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Autuori et Annarumma · Cetara · 1754 — Une maison, un enfant et un demi-bateau

Établi · Autuori et Annarumma · Cetara · 1754

Une maison, un enfant et un demi-bateau

Cetara vu depuis la mer, évocation du territoire des Autuori et Galano.
Cetara, 7 juillet 2013. Miguel Hermoso Cuesta. Évocation du territoire ; aucune maison familiale identifiée. Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0. Conversion WebP, sans recadrage.

La question

Comment retrouver une famille lorsqu’on souhaite connaître autre chose que les dates de ses naissances et de ses mariages ? À Cetara, le Catasto Onciario de 1754 ouvre une porte différente. Il décrit une maisonnée et ses ressources. Carlo Autuori y apparaît avec Maddalena Annarumma, leur enfant Giuseppe et son frère Pascale. Une maison et la moitié d’une barque donnent à ces noms une place matérielle dans le village.

Le détail du demi-bateau est le point de départ de ce récit. Il ne désigne pas une coque coupée en deux : il s’agit d’une part de propriété. Cette fraction fait entrer dans l’histoire familiale un objet de travail et une manière de le posséder. Elle permet de regarder Carlo autrement que comme un maillon entre deux générations. Il appartient à un foyer dont le relevé fiscal conserve une description.

Les repères

Nous sommes en 1754, à Cetara, sur la côte amalfitaine. Le document est un relevé fiscal, non un acte de naissance. Sa lecture répond donc à une autre question : qui compose le ménage et quels biens sont portés à son compte ? Les liens familiaux se lisent à travers la présentation des personnes, tandis que les ressources donnent au foyer une épaisseur que l’arbre ne peut montrer seul.

Carlo Autuori et Maddalena Annarumma sont réunis avec leur petit Giuseppe. Pascale, frère de Carlo, figure également dans la maisonnée. Je conserve la composition relevée : le foyer ne se réduit pas au seul couple avec enfant. La présence du frère est un fait de cohabitation documenté pour cette date. Elle place la parenté collatérale au cœur du tableau familial.

Le raccord de ce foyer à mon ascendance Autuori est établi dans le dossier. Plus tard, les branches Autuori et Galano conduisent jusqu’à Alger, puis à Anna Natalie Galano, mon arrière-grand-mère maternelle. Il faut cependant respecter les échelles du temps : le ménage de 1754 constitue un épisode de cette histoire longue, et non une description anticipée de la famille qui traversera la Méditerranée.

Ce qui est relevé

La maison est la première indication matérielle. Le dossier en relève l’existence ; il ne donne pas ici une identification permettant de reconnaître un bâtiment actuel. Une vue du village rend visible le site de Cetara, ses constructions et son rapport à la mer. Elle accompagne la lecture du document, mais la maison photographiée au hasard d’une rue ne saurait être désignée comme celle de Carlo.

La moitié de barque est la seconde indication. Le vocabulaire de la propriété introduit une précision que la seule mention d’un métier aurait laissée de côté. Il y a l’activité tournée vers la mer, puis il y a le bien détenu pour y prendre part. Le relevé met ces deux dimensions à portée du lecteur sans fournir, dans les éléments présentés, le nom de l’autre détenteur de la barque.

Cette fraction ouvre des questions concrètes : quelle était la valeur de la part, comment le bateau était-il utilisé, à qui appartenait l’autre moitié ? Les poser permet de comprendre la richesse de la pièce. Les réponses ne sont pas ajoutées au relevé. La copropriété mentionnée suffit à faire apparaître une économie familiale plus précise que l’image générale d’un village de pêcheurs.

Le petit Giuseppe donne au tableau son mouvement entre les générations. Le document le saisit comme enfant au sein de la maisonnée. En lisant un arbre, on rencontre souvent d’abord l’adulte, son mariage ou sa descendance. Ici, l’ordre se renverse : on le retrouve auprès de ses parents et de son oncle. C’est une autre manière de voir le même fil familial, à partir d’un moment de vie partagé.

Le monde autour

Cetara se découvre aussi depuis la mer. La photographie de Miguel Hermoso Cuesta, prise en 2013, présente le village dans son paysage côtier. Son intérêt est géographique : elle aide à situer le lieu où le relevé a été dressé. Deux siècles et demi séparent cette vue du document de 1754. La légende conserve cette date moderne afin que l’image reste exactement ce qu’elle est.

Le métier maritime n’occupe pas toute l’histoire de la branche. Dans les générations suivantes, le dossier d’Anna Natalie fait apparaître des marins, une fileuse et une sage-femme. Le rapprochement des récits restitue ainsi plusieurs formes de travail. La mer est un cadre durable ; elle ne transforme pas toutes les personnes du foyer, ni toutes leurs descendantes, en pêcheurs exerçant une activité identique.

La source fiscale et les actes familiaux apportent des informations complémentaires. Les uns établissent des événements et des parentés ; l’autre décrit un ménage avec ses ressources. Les lire ensemble permet d’éviter un récit uniquement composé de départs et d’arrivées. Avant les migrations ultérieures, il y a cette implantation locale, un enfant, un frère présent et un bien partagé.

Ce qui reste inconnu

Le relevé présenté ne permet pas de restituer le plan de la maison, le visage de ses habitants ou l’apparence précise de la barque. Il ne donne pas davantage une journée de navigation. Ces absences déterminent le choix des illustrations : une vue documentée de Cetara et des repères géographiques accompagnent le texte ; aucune scène de famille ne vient prendre la place d’un document.

Je retiens finalement ce que cette page apporte de singulier à mon arbre. Une filiation rejoint un foyer ; le foyer possède des biens ; l’un de ces biens n’appartient qu’en partie à la famille. La demi-barque est assez précise pour arrêter le regard et assez ouverte pour appeler d’autres pièces. Elle raconte une manière d’être au village et à la mer, avant que d’autres générations ne donnent à la Méditerranée une nouvelle place dans l’histoire familiale.

Sources. Catasto Onciario de Cetara, 1754 ; relevé familial Autuori–Annarumma.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Anna Natalie Galano · Cetara et Alger · 1896 — De Cetara à Alger

Établi · Anna Natalie Galano · Cetara et Alger · 1896

De Cetara à Alger

Cetara vu depuis la mer, évocation du territoire des Autuori et Galano.
Cetara, 7 juillet 2013. Miguel Hermoso Cuesta. Évocation du territoire ; aucune maison familiale identifiée. Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0. Conversion WebP, sans recadrage.

La question

Anna Natalie Galano naît le 9 juillet 1896 à Alger-Centre. Dans mon arbre, elle est mon arrière-grand-mère maternelle, Sosa 15. Son acte de naissance donne à la branche un point d’arrivée très précis. Pour comprendre ce qui le précède, il faut revenir de l’autre côté de la Méditerranée, à Cetara, et suivre les Galano et les Autuori à travers leurs unions et leurs métiers.

Ce récit ne commence pas par le nom d’un bateau. Le dossier ne donne ni navire ni jour de traversée. Il commence par deux événements établis : le mariage des parents en Italie et la naissance de leur fille en Algérie. Entre ces deux lieux se trouve une migration familiale dont les personnes sont identifiées. Les dates encadrent l’histoire sans remplacer les étapes encore inconnues du voyage.

Les repères

Les parents d’Anna sont Salvatore Giuseppe Galano, marin, et Mariantonia Autuori, fileuse. Ils se marient à Cetara le 24 septembre 1887. Mariantonia est née le 9 juillet 1866 à Mezzo Casale. Le dossier la suit jusqu’à son décès à Alger, le 29 octobre 1916. Ces événements relient deux rives par les mêmes personnes, et non par la seule présence du patronyme dans des registres éloignés.

Du côté Galano, l’ascendance nomme Pietro Galano et Catenna Benincasa. Du côté Autuori, elle conduit à Antonio Salvatore Autuori, né en 1822, marin, et à Natalizia Carmina D’Acunto, née en 1829, sage-femme, morte en 1893. Les générations suivantes font apparaître Giovanni Autuori, vers 1784–1860, et Orsola Testa, puis Giuseppe Autuori, vers 1752–1829, et Maria Rosa Di Nicola, vers 1753–1823.

Plus haut dans cette ascendance se trouvent Carlo Autuori, né vers 1724, et Maddalena Annarumma, née vers 1735. Le dossier de Cetara de 1754 présente leur maisonnée avec Giuseppe et le frère de Carlo, Pascale. Je garde la distinction entre les sources : le récit de la maison et de la demi-barque porte sur 1754 ; la note d’ascendance d’Anna cite également un Onciario de 1794 pour Carlo et Pasquale.

Ce qui est relevé

Le mariage de 1887 et la naissance de 1896 sont les deux repères les plus directs du passage entre Cetara et Alger. Salvatore Giuseppe est désigné par son activité de marin. Mariantonia, elle, est fileuse. La lecture des métiers empêche de résumer la famille à un seul univers masculin. Le travail de la mère figure dans le dossier au même titre que celui du père.

La génération précédente rend cette diversité plus visible encore. Antonio Salvatore est marin ; Natalizia Carmina est sage-femme. La traduction des termes italiens doit rester précise : marinaio signifie marin, filatrice fileuse, levatrice sage-femme. Ces mots restituent des activités distinctes. Ils n’autorisent pas à transformer chaque marin en pêcheur d’anchois ou chaque foyer de Cetara en producteur de colatura.

Le décès de Mariantonia contient une difficulté déjà résolue dans la lecture du dossier : la déclaration de 1916 conserve des noms de parents concordants, mais un nom de mari erroné et une autre date de naissance. La note italienne relève « Salvatore Scossa di Vessino » et le 22 février 1863. La filiation retenue conserve Salvatore Giuseppe Galano et la naissance du 9 juillet 1866.

Cette discordance fait partie de l’histoire documentaire de la famille. Elle est présentée avec ses termes exacts parce qu’elle explique pourquoi on ne recopie pas indistinctement toutes les mentions d’un acte isolé. L’identité de Mariantonia se lit dans l’ensemble des pièces rapprochées. Le récit conserve donc l’erreur de déclaration comme une particularité de la source, sans la substituer à la chronologie familiale établie.

Le monde autour

La branche s’inscrit dans un milieu où la mer est un lieu de travail. Le dossier montre aussi des activités exercées à terre : filer et assister les naissances. Rassembler ces métiers change l’image d’une migration. Ce ne sont pas seulement des marins qui se déplacent sur une carte ; ce sont des familles constituées, avec des compétences différentes et des générations qui ont chacune leur place.

La carte Cetara–Alger accompagne le récit en reliant les deux lieux. Elle reste un schéma de repérage : le trait n’est pas une route maritime attestée et n’ajoute aucune escale. La photographie moderne de Cetara donne à voir le village d’origine. Les documents familiaux, eux, identifient les personnes. Le lecteur peut ainsi comprendre le territoire sans confondre la vue du lieu avec une preuve du voyage.

L’éventail d’ascendance publié à partir d’Anna utilise sa propre numérotation : Anna y porte le numéro 1. Dans mon arbre personnel, elle porte le numéro 15. Les deux systèmes décrivent un point de départ différent ; ils ne désignent pas deux personnes. Cette précision permet de passer du dossier consacré à mon arrière-grand-mère à la vue d’ensemble de ma propre ascendance.

Ce qui reste inconnu

Les parents de Carlo demeurent sans prénom ou sans identité renseignée dans le document d’ascendance. Les emplacements réservés ne sont pas des personnes reconstituées. Ils marquent l’endroit où la remontée s’arrête dans cette présentation. Le nombre de générations représentées ne doit pas masquer ces cases : un éventail peut montrer à la fois des liens identifiés et des espaces encore ouverts.

Pour la traversée, les pièces réunies ici ne donnent ni compagnie maritime ni conditions d’installation. Je garde donc les dates qui portent réellement le récit : 1887 à Cetara, 1896 à Alger, puis 1916 pour la mort de Mariantonia. Elles suffisent à rendre visible un déplacement décisif. Anna naît sur une autre rive, mais ses parents et leurs métiers maintiennent dans son histoire le fil des familles de Cetara.

Sources. Albero Anna Natalie Galano ; Antenati di Anna Natalie Galano, fino alla 7a generazione ; Cetara, mariage du 24 septembre 1887 ; Alger-Centre, naissance du 9 juillet 1896 ; Alger, décès de Mariantonia Autuori du 29 octobre 1916. Onciario de Cetara de 1794 cité dans la note d’ascendance ; relevé distinct du Catasto de 1754.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Jean-Marc et Jean-Charles Bessin · Paris, Gobelins · XVIIIe siècle — Tapissier du Roi, puis compagnon pensionnaire

Établi · Jean-Marc et Jean-Charles Bessin · Paris, Gobelins · XVIIIe siècle

Tapissier du Roi, puis compagnon pensionnaire

Rue Vandrezanne à Paris, évocation du quartier lié aux Bessin.
Paris XIIIe, 8 novembre 2024. Chabe01. Évocation du quartier actuel ; le domicile familial n’est pas identifié sur cette photographie. Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0. Conversion WebP, sans recadrage.

La question

Jean-Marc Bessin est tapissier du Roi aux Gobelins. Son fils Jean-Charles exerce à son tour comme compagnon tapissier pensionnaire du Roi, rue Mouffetard. Deux générations, un même milieu de travail et des qualifications distinctes : le dossier invite à regarder comment un métier prend place dans l’histoire familiale. Il ne suffit pas de trouver un nom dans une manufacture ; il faut suivre les personnes et leurs alliances.

La branche rejoint Nicole Marguerite Linger, épouse de Jean-Marc. Avec elle, les origines flamandes des Linger entrent dans le récit parisien. Le fil conduit ensuite à Madeleine Reine Bessin, née en 1755, puis à d’autres artistes de la famille. La tapisserie devient ainsi une porte d’entrée dans un ensemble de vies, où l’atelier, la parenté et les adresses se répondent.

Les repères

Jean-Marc Bessin et Nicole Marguerite Linger occupent les places Sosa 860 et 861 dans mon ascendance maternelle. Leur fils Jean-Charles porte le numéro 430 ; sa fille Madeleine Reine, le 215. Ces repères situent quatre personnes dans trois générations successives. La parenté ne dépend pas d’une attribution d’œuvre : elle appartient au dossier familial, tandis que les métiers éclairent le milieu dans lequel ces personnes vivent.

Jean-Marc signe aussi « Bessein ». Cette graphie est conservée comme forme de recherche. Elle permet de reconnaître les variations documentaires sans créer une famille nouvelle chaque fois que le nom change légèrement. Le métier de tapissier du Roi identifie sa place professionnelle ; l’orthographe de la signature apporte une autre trace, personnelle et utile au dépouillement.

Jean-Charles est compagnon tapissier pensionnaire du Roi. La rue Mouffetard figure dans le dossier de cette génération. L’adresse donne au récit une échelle de quartier : les Gobelins ne sont plus seulement le nom d’une institution, mais un milieu parisien où les familles se rencontrent et où les alliances peuvent être suivies à travers des lieux proches.

Ce qui est relevé

L’alliance Bessin–Linger est le premier lien à conserver clairement. Nicole Marguerite n’est pas un nom secondaire ajouté à une dynastie de tapissiers. Elle appartient à la filiation et relie les origines de sa branche au foyer formé avec Jean-Marc. Le récit suit ensuite leur fils Jean-Charles, puis Madeleine Reine. Les femmes assurent ici autant que les hommes la continuité de l’histoire familiale.

Le dossier du quartier comporte aussi l’alliance Vandrezanne. Un dépouillement de tutelle du 30 avril 1788 nomme François Toussaint Vandrezanne, tapissier aux Gobelins déjà décédé, et sa veuve Madeleine Hélène Bessin, tutrice. Trois enfants sont cités : Jean Ange, âgé de six ans, Jacques François, quatre ans, et André Toussaint, encore nourrisson. Cette pièce donne à voir une autre famille confrontée à la disparition du père.

Cette tutelle n’est pas présentée comme l’acte de Jean-Charles. Elle appartient à l’entourage familial des Bessin et à l’histoire de leurs alliances. La conserver dans son propre cadre permet de comprendre la densité du milieu sans réunir toutes les personnes sous une même biographie. Chaque acte a ses protagonistes ; c’est leur mise en relation qui dessine le quartier.

Marie Joseph Bessin, fils de Jean-Charles, ouvre ensuite le dossier de la gravure dans l’entourage de Redouté. Sa fille Rosine-Antoinette devient peintre de fleurs. Ce prolongement montre que l’histoire ne s’arrête pas au métier du premier tapissier rencontré. Il ne prouve pas, à lui seul, une transmission directe de tous les gestes entre ces disciplines ; il établit la présence de plusieurs activités artistiques dans la famille.

Le monde autour

La tapisserie fait travailler les fils à partir d’un modèle. Le milieu des Gobelins associe ainsi des savoir-faire, une organisation d’atelier et des œuvres destinées à des ensembles décoratifs. Pour le lecteur, ce contexte éclaire les qualifications de Jean-Marc et Jean-Charles. Il ne permet pas d’attribuer une tapisserie conservée à l’un d’eux lorsqu’aucune source ne le fait.

La photographie de la rue Vandrezanne, prise en 2024 par Chabe01, est une évocation du quartier actuel. Elle aide à situer cette mémoire parisienne. Elle n’est pas une vue du domicile identifié du couple de 1788, ni un document contemporain des Bessin. Sa date et sa légende rendent cette différence visible au moment même où l’image accompagne le récit.

Le passage de la tapisserie à la gravure et à la peinture de fleurs élargit l’univers de la branche. Le dossier de Marie Joseph et de Rosine-Antoinette fait l’objet d’un récit distinct. Le lien entre les deux textes permet de poursuivre la famille tout en gardant à chaque personne son métier et ses dates. Une histoire d’artisans devient alors une suite de parcours, plutôt qu’une simple répétition de professions.

Ce qui reste inconnu

Les parents de Jean-Marc ne sont pas encore reliés par un raccord démontré dans la note Bessin–Fresne–Paris, 1588–1731, version 3. Trois pistes y dialoguent : les Bessin imprimeurs-libraires de Paris, les familles du Bessin normand autour de Saint-Pierre-du-Fresne et une autre famille homonyme. Elles restent des hypothèses. La signature « Bessein » oriente la recherche sans choisir à elle seule l’une d’elles.

Le récit conserve donc deux niveaux : une famille de tapissiers et ses descendants documentés, puis des origines encore à départager. Jean-Marc, Nicole Marguerite, Jean-Charles et Madeleine Reine ont déjà leur place dans mon histoire. Les suivre aux Gobelins permet de retrouver des activités, des alliances et un quartier, en attendant que d’autres pièces donnent un nom à la génération précédente.

Sources. Dossier familial Bessin–Linger ; arbre emmett, Sosa 860, 861, 430 et 215 ; note Bessin–Fresne–Paris, 1588–1731, version 3 ; Familles parisiennes, dépouillement de tutelle François Toussaint Vandrezanne du 30 avril 1788.

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Madeleine Ange Delaunay · Paris, Salpêtrière · Directoire — Une vie dans les archives de la Salpêtrière

Madeleine Ange Delaunay · Paris, Salpêtrière · Directoire

Une vie dans les archives de la Salpêtrière

La question

Une vie dans les archives de la Salpêtrière : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

Madeleine Ange Delaunay est internée à la Salpêtrière sous le Directoire. Le récit conserve son nom, le lieu et la période.

Ce qui est relevé

Cette étape appartient à son histoire. Elle n’autorise ni diagnostic rétrospectif ni scène imaginée. Je raconte le fait conservé par le dossier en laissant à Madeleine son identité entière : une femme de la famille, dont une partie de la vie passe par une institution parisienne.

Ce qui reste inconnu

Les circonstances individuelles de l’internement ne sont pas exposées ici.

Sources. Dossier familial Madeleine Ange Delaunay : internement à la Salpêtrière sous le Directoire.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Marie Joseph et Rosine-Antoinette Bessin · Paris · 1765–1897 — La gravure et les fleurs, du père à la fille

Marie Joseph et Rosine-Antoinette Bessin · Paris · 1765–1897

La gravure et les fleurs, du père à la fille

La question

La gravure et les fleurs, du père à la fille : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

Marie Joseph Bessin, né en 1765 et mort en 1838, est graveur dans l’entourage de Redouté. Sa fille Rosine-Antoinette, née en 1807 et morte en 1897, est peintre de fleurs.

Ce qui est relevé

Leur filiation relie deux pratiques artistiques. Le père travaille la gravure ; la fille peint des fleurs. Les dates font apparaître une longue continuité familiale, depuis le XVIIIe siècle jusqu’à la fin du XIXe. L’entourage de Redouté situe le graveur dans un milieu de travail précis.

Ce qui reste inconnu

Le catalogue des œuvres n’est pas développé dans cette notice.

Sources. Dossier familial et artistique Bessin : Marie Joseph, 1765–1838 ; Rosine-Antoinette, 1807–1897.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Marie Charles Lingée et Bernard de Jussieu · Paris · 1730 — Une affaire conservée dans les factums

Marie Charles Lingée et Bernard de Jussieu · Paris · 1730

Une affaire conservée dans les factums

La question

Une affaire conservée dans les factums : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

En 1730, Marie Charles Lingée est mis en cause par Bernard de Jussieu. Les factums conservés au Muséum, dans le fonds Jussieu, sont les pièces du dossier.

Ce qui est relevé

Le récit part de la mise en cause et de son support écrit. Il faut restituer les positions des personnes à partir des textes qui les expriment. Un factum porte une argumentation ; la voix de celui qui l’a fait rédiger fait partie de sa lecture.

Ce qui reste inconnu

L’issue de l’affaire n’est pas précisée dans cette notice.

Sources. Muséum national d’histoire naturelle, fonds Jussieu, factums relatifs à l’affaire Lingée de 1730.

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Nicole Huchet · Rennes · 1698–1705 — La veuve qui s’oppose aux mariages de ses fils

Nicole Huchet · Rennes · 1698–1705

La veuve qui s’oppose aux mariages de ses fils

La question

La veuve qui s’oppose aux mariages de ses fils : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

Nicole Huchet, veuve, s’oppose aux mariages de ses deux fils en 1698 puis en 1701. La réconciliation intervient avant 1705.

Ce qui est relevé

Trois moments composent le récit : la première opposition, la seconde et la réconciliation. La veuve agit ; ses fils poursuivent leurs projets. Les actes conservent un désaccord familial et son évolution dans le temps. Ce n’est donc pas le portrait figé d’une mère toujours opposante, mais l’histoire d’une relation qui change.

Ce qui reste inconnu

Les motifs intimes de Nicole ne sont pas développés dans cette notice.

Sources. Dossier familial Nicole Huchet : oppositions de 1698 et 1701 ; réconciliation antérieure à 1705.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Jean-François Lavocat · Acigné et Rennes · 1829–1862 — Du moulin au cimetière

Jean-François Lavocat · Acigné et Rennes · 1829–1862

Du moulin au cimetière

La question

Du moulin au cimetière : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

Jean-François Lavocat est meunier au moulin d’Acigné en 1829. En 1862, à Rennes, il est désigné comme « sépulteur ». Trente-trois ans séparent les deux mentions professionnelles.

Ce qui est relevé

Sa fille Pauline Marie Lavocat, brodeuse, épouse Jules Auguste Chesneau à Rennes le 15 septembre 1862. Leur fille Louise Chesneau épouse ensuite Abel Mignon, graveur. Le dossier suit ainsi des métiers différents à travers plusieurs générations, sans confondre les personnes qui les exercent.

Ce qui reste inconnu

La cause et la date exacte du changement de profession ne sont pas données ici.

Sources. Dossier Lavocat–Priour–Duvivier ; mentions de 1829 et 1862 ; mariage de Rennes du 15 septembre 1862 ; arbre emmett, Sosa 118, 59, 29 et 28.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Julien Gouverneur · décembre 1781 · papiers sous scellés — Le prie-Dieu à papiers

Julien Gouverneur · décembre 1781 · papiers sous scellés

Le prie-Dieu à papiers

La question

Le prie-Dieu à papiers : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

En décembre 1781, chez le notaire Julien Gouverneur, un prie-Dieu à papiers est scellé. Un meuble et son contenu deviennent le centre d’une scène d’archives.

Ce qui est relevé

Je retiens l’objet tel que le dossier le nomme. Le prie-Dieu appartient au mobilier ; les papiers qu’il contient lui donnent une autre fonction. Le scellement fixe un moment où cet ensemble doit être conservé. La pièce fait entrer dans l’histoire familiale un usage concret de l’espace domestique.

Ce qui reste inconnu

La liste des documents contenus dans le meuble n’est pas reproduite ici.

Sources. Dossier familial Julien Gouverneur : scellés de décembre 1781, prie-Dieu à papiers.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Priour et Louise Le Bel · Melesse et Rennes — La famille du greffier de l’officialité

Priour et Louise Le Bel · Melesse et Rennes

La famille du greffier de l’officialité

La question

La famille du greffier de l’officialité : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

Les Priour de Melesse et Louise Le Bel, fille du greffier de l’officialité de Rennes, font se rencontrer une implantation paroissiale et un milieu de l’écrit judiciaire.

Ce qui est relevé

La qualité du père de Louise précise la famille à laquelle elle appartient. La fonction de greffier est un fait du dossier ; elle ne se transforme pas en filiation noble. Le rattachement aux Le Bel de la Gavouyère, réfuté, est traité séparément dans « Ce que la famille racontait ».

Ce qui reste inconnu

Le détail des charges et des dates d’exercice n’est pas reproduit dans cette notice.

Sources. Dossier familial Priour de Melesse–Louise Le Bel, fille du greffier de l’officialité de Rennes.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Arthur Marchant et Jeanne Guischart · Maure-de-Bretagne · 1643 — Un testament et un parrain « non marié »

Établi · Arthur Marchant et Jeanne Guischart · Maure-de-Bretagne · 1643

Un testament et un parrain « non marié »

Chapelle du Temple de Carentoir, évocation du pays des Marchant et Guischart.
Carentoir, 23 juin 2017. So Leblanc. Évocation du territoire ; ce bâtiment n’est pas la maison d’Arthur Marchant. Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0. Conversion WebP, sans recadrage.

La question

Le 17 mars 1643, vers sept heures du matin, Arthur Marchant le jeune dicte ses dernières volontés. Le notaire, sieur de La Lande, est malade dans la salle basse de sa maison. Le document commence par situer un homme, une heure et une pièce. C’est assez pour donner au récit un point d’ancrage exceptionnel : nous ne sommes plus devant une simple succession de noms, mais devant un acte accompli dans des circonstances déterminées.

La question est double. Que souhaite Arthur à la fin de sa vie ? Et que révèle ce testament sur la famille qu’il laisse derrière lui ? Les réponses passent par les personnes nommées, le lieu demandé pour sa sépulture et la conservation même du document. Une autre mention, celle d’un parrain « non marié » à Carentoir en 1590, accompagne le dossier sans être confondue avec les dispositions de 1643.

Les repères

Arthur porte la désignation « le jeune » et la qualité de sieur de La Lande. Son épouse est Jeanne Guischart. Dans son testament, il demande à être enterré auprès d’elle. Cette volonté constitue l’une des indications les plus personnelles du dossier. Le texte transmet une décision formulée ; il n’est pas nécessaire de lui ajouter des paroles imaginées pour en percevoir la portée familiale.

L’acte nomme Olivier, son fils. Ce lien rend une génération visible au sein même des dernières volontés du père. Il place le testament dans la chaîne de l’ascendance, tout en lui conservant son objet propre. Arthur n’a pas rédigé une généalogie : il règle ce qu’il souhaite après sa mort, et c’est à l’occasion de cette démarche que certains liens familiaux sont consignés.

Le document est conservé aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, dans un fonds de fabrique paroissiale, sous la cote 2 G 173. Cette localisation est essentielle. La recherche d’un testament d’un notaire n’aboutit pas ici seulement dans une étude ou un minutier. Les dispositions religieuses du défunt expliquent la présence de la pièce dans les archives de la paroisse.

Ce qui est relevé

La salle basse appartient à la maison où Arthur se trouve malade. C’est le lieu de l’acte. Cette expression restitue une organisation intérieure, mais elle ne donne ni le plan complet de la demeure ni son identification actuelle. Je conserve donc les mots du document. Une maison située aujourd’hui au lieu-dit La Lande ne devient pas, par son seul nom, celle du testateur.

La qualité de sieur de La Lande mérite la même lecture précise. Elle entre dans l’identification d’Arthur, au côté de son nom et de son métier. Elle ne suffit pas à désigner un manoir contemporain encore visible. Le dossier permet de parler de cet homme et du lieu indiqué dans son titre ; l’identification d’un bâtiment est une autre opération, qui demande ses propres pièces.

La demande de sépulture auprès de Jeanne Guischart lie le testament à l’histoire conjugale. Elle donne une place à l’épouse dans un acte dont Arthur est le déclarant. Jeanne n’apparaît pas seulement comme un nom entre deux générations : elle est la personne auprès de laquelle il souhaite être enterré. La volonté écrite apporte ainsi une information qu’une seule date de mariage aurait laissée hors du récit.

La mention du fils Olivier a une portée différente. Elle renseigne directement la parenté. En revanche, les parents d’Arthur ne sont pas donnés dans les éléments relevés du testament. La pièce avance donc l’enquête d’un côté de la génération sans résoudre automatiquement l’autre. C’est une caractéristique concrète de ce dossier : une dernière volonté peut être très précise sur les proches et rester silencieuse sur l’ascendance du testateur.

Le monde autour

Le fonds de fabrique replace le document dans la vie paroissiale. Une disposition religieuse produit aussi des papiers, des titres à garder et une mémoire institutionnelle. L’acte personnel circule ainsi au-delà du foyer. Son lieu de conservation actuel fait partie de son histoire : il révèle les raisons pour lesquelles cette volonté a continué à être utile après la disparition de celui qui l’avait exprimée.

Carentoir apporte un autre repère au dossier Marchant–Guischart. La mention de 1590 qualifie un parrain de « non marié ». Ces deux mots décrivent une situation à une date donnée. Ils n’équivalent pas à une biographie et ne disent pas que l’homme demeurera célibataire. Je les conserve dans leur chronologie propre, à plus d’un demi-siècle du testament, pour ne pas imposer aux pièces une continuité qu’elles doivent elles-mêmes documenter.

La photographie du Temple de Carentoir montre un lieu de ce pays de recherche. Elle est une évocation géographique explicitement légendée, prise en 2017 par So Leblanc. Elle ne représente pas la salle basse, ni la résidence d’Arthur. Ce choix donne à voir un territoire réel tout en réservant au testament ce qui appartient à sa description particulière.

Ce qui reste inconnu

Le testament ne nomme pas les parents d’Arthur. Les homonymes présents dans les autres branches doivent donc rester à leur place tant que les actes ne les relient pas. La désignation « le jeune » est un élément à conserver dans les recherches ; elle n’autorise pas à choisir un père parmi les Arthur rencontrés ailleurs. Le dossier garde ce point ouvert.

Ce qui demeure est déjà considérable : une heure matinale, une maladie, une pièce de maison, un fils nommé et une sépulture souhaitée auprès de Jeanne. Je lis ce testament pour sa précision autant que pour ce qu’il laisse chercher. Il donne aux Marchant et aux Guischart une histoire située, où l’attachement familial prend la forme d’une volonté écrite et conservée.

Sources. Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, fonds de fabrique paroissiale, 2 G 173, testament d’Arthur Marchant le jeune du 17 mars 1643 ; dossier familial Marchant–Guischart, mention du parrain non marié à Carentoir en 1590.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Parent et Boniface · Walincourt, Malincourt et Bezin — Censiers, brasseurs et mulquiniers

Établi · Parent et Boniface · Walincourt, Malincourt et Bezin

Censiers, brasseurs et mulquiniers

La question

Dans le Cambrésis, comment les contrats, les métiers et les terres permettent-ils de suivre une même famille ? Les Parent et les Boniface mènent de Walincourt à Haucourt et à Malincourt. On y rencontre des brasseurs, des mulquiniers et des exploitants agricoles. La branche se comprend en rapprochant les actes de parenté des biens transmis : derrière une union, il peut y avoir tout un outil de travail.

Le dossier a un centre particulièrement concret : le contrat de mariage Tellier–Parent du 5 août 1704, conservé en sept pages photographiées. Les futurs époux n’y sont pas seuls. Une veuve, Anne Gilliard, y apparaît à la tête d’un ensemble de fermages, avec un moulin, des chevaux et du bétail. Sa présence déplace le regard vers celle qui tient et transmet l’exploitation.

Les repères

Jean Parent, marchand brasseur à Walincourt, épouse Marguerite Boniface le 30 octobre 1686. Le mariage situe Marguerite à Haucourt. Leur fille Marie Marguerite Parent épouse Louis Lecompte, mulquinier ; elle meurt à Malincourt en 1742. Le dossier relève aussi les sépultures de Jean et de Marguerite en 1728. Les âges donnés par ces sépultures produisent des dates de naissance approximatives, conservées comme telles.

Un partage du 15 janvier 1685 identifie Melchior Parent comme père d’Adrien et d’Hélène, et comme grand-père de plusieurs enfants Parent. Il est conservé dans le tabellion de Cambrai, aux Archives départementales du Nord, sous la cote 2 E 26/176. Cette pièce est un repère de parenté : elle articule plusieurs générations au lieu de les déduire d’un prénom ou d’un village commun.

Le contrat Tellier–Parent du 5 août 1704 porte la cote 2 E 26/155. Anne Parent y est liée à Nicolas Tellier, laboureur. Anne Gilliard est la veuve d’Adrien Parent. La lecture de ces deux actes à près de vingt ans d’intervalle met en relation la succession des personnes et la transmission de l’activité. Le Cambrésis familial se construit ainsi par des documents de nature différente.

Ce qui est relevé

Anne Gilliard détient des fermages du marquis de Risbourg et du chapitre de Walincourt, ainsi qu’un moulin seigneurial. Le contrat de 1704 en prévoit la transmission à sa fille cadette, avec chevaux et bétail. Il ne s’agit donc pas seulement d’un patrimoine immobile. Les moyens de produire, les animaux et les engagements attachés à l’exploitation entrent ensemble dans l’acte.

Les 90 mencaudées mentionnées représentent environ 31,9 hectares selon la mesure de Cambrai retenue dans le dossier. La conversion est donnée avec sa référence locale. Elle permet au lecteur d’apprécier un ordre de grandeur sans transformer une unité ancienne en équivalence universelle. Le chiffre vient éclairer l’exploitation ; il n’efface pas le vocabulaire original de la pièce.

La qualité de « Maître » portée par Melchior est également conservée. Le partage établit ses liens familiaux, mais la transcription citée ne permet pas de lui attribuer une profession supplémentaire. C’est une distinction très concrète : un titre d’adresse ou de qualification ne remplace pas la désignation d’un métier. La parenté livrée par l’acte demeure entière sans qu’on lui ajoute une carrière.

La cense de Bezin appartient aux repères territoriaux du dossier Parent–Boniface. Son nom aide à suivre le monde des exploitations autour de Walincourt et de Malincourt. Il ne suffit pas, dans cette présentation, à identifier une maison photographiable comme celle d’un ancêtre. Le récit privilégie donc les contrats et les lieux nommés, qui renseignent directement la manière dont les familles travaillent et transmettent.

Le monde autour

Le mulquinier travaille le lin et la batiste. Le brasseur participe à une activité de transformation et de commerce. Le censier exploite la terre. Réunir ces trois mots ne revient pas à attribuer les trois professions à chaque Parent ou Boniface : leur intérêt est de décrire les milieux qui se rencontrent dans les alliances. Louis Lecompte et Jean Parent apparaissent chacun avec leur propre activité.

Le contrat de 1704 montre aussi la place d’une veuve dans cette économie. Anne Gilliard ne disparaît pas derrière le nom de son mari défunt. Elle détient des fermages et intervient dans leur transmission. La lecture suit ce qu’elle apporte à l’alliance, avec la fille qui reçoit et le couple qui se forme. Les femmes sont ainsi présentes dans les biens, les obligations et la continuité du travail.

Les villages donnent un cadre à cette circulation familiale. Walincourt, Haucourt et Malincourt ne constituent pas trois origines interchangeables. Le mariage de 1686, la profession du père et le décès de la fille attachent chaque lieu à une personne et à un événement. C’est ce maillage qui permet de passer d’une carte du Cambrésis à une histoire de famille effectivement située.

Ce qui reste inconnu

Les raccords plus anciens de la branche de Selvigny ne sont pas tous établis par le seul mariage Parent–Boniface. L’annexe B du dossier écarte les ascendances prestigieuses qu’elle classe comme exclues. Ce rang est conservé. Marguerite Boniface demeure identifiée à Haucourt dans l’acte de 1686 ; son patronyme ne sert pas à lui attribuer automatiquement toutes les familles homonymes de la région.

Le récit tient donc à ce que les pièces apportent de plus solide et de plus vivant : un partage entre générations, une alliance de 1686, une exploitation transmise en 1704 et les métiers des descendants. Les cotes permettent de revenir aux documents. La place d’Anne Gilliard, les 90 mencaudées et le travail du mulquinier rendent à cette branche une histoire qui dépasse largement l’alignement des noms.

Sources. Archives départementales du Nord, tabellion de Cambrai : 2 E 26/155, contrat Tellier–Parent du 5 août 1704 ; 2 E 26/176, partage du 15 janvier 1685 ; Walincourt, sépultures 1718–1737, 5 Mi 016 R 052 ; Malincourt, 5 Mi 016 R 034. Fabian Regairaz, Note généalogique — Les familles Parent et Boniface du Cambrésis, version définitive du 28 août 2026.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Mignon · Périgord et Paris · XIXe siècle — Les graveurs et la montée vers Paris

Mignon · Périgord et Paris · XIXe siècle

Les graveurs et la montée vers Paris

Affiche du sixième Emprunt national de 1920 par Abel Mignon.
Paris, 1920. Abel Mignon, affiche du sixième Emprunt national ; impression Atelier 166, Montparnasse. Numérisation du catalogue Tessier-Sarrou, diffusée par Wikimedia Commons. Domaine public. Conversion WebP sans recadrage. Notice et droits — Wikimedia Commons
Timbre bleu montrant un avion au-dessus de Marseille, gravé par Abel Mignon.
Marseille, émission du 6 novembre 1930. Abel Mignon, gravure ; Paul Albert Laurens, dessin. Timbre de 1,50 franc. Numérisation Le Marché du Timbre, diffusée par Wikimedia Commons. Domaine public. Conversion WebP sans recadrage. Notice et droits — Wikimedia Commons
Timbre de la Caisse d’amortissement de 1931 dessiné et gravé par Abel Mignon.
France, émission du 1er mars 1931. Abel Mignon, dessin et gravure. Timbre de 1,50 franc avec surtaxe de 3,50 francs. Numérisation Colnect, diffusée par Wikimedia Commons. Domaine public. Conversion WebP sans recadrage. Notice et droits — Wikimedia Commons

La question

Les graveurs et la montée vers Paris : que racontent les pièces du dossier familial ?

Les repères

La branche Mignon conduit du Périgord vers Paris et les métiers de la gravure. Abel Mignon, né en 1861 et mort en 1936, est mon trisaïeul maternel.

Ce qui est relevé

Son mariage avec Louise Chesneau relie cette histoire à la branche rennaise des Lavocat et des Chesneau. Les œuvres donnent à la recherche une autre présence : la signature du graveur permet de rencontrer un travail conservé, en plus des événements d’état civil. La gardeuse d’oies, de 1897, figure parmi les œuvres présentées dans le cabinet.

Ce qui reste inconnu

La notice ne retrace pas ici toutes les étapes de la montée familiale vers Paris.

Sources. Dossier familial Mignon–Chesneau ; arbre emmett, Sosa 28 et 29 ; La gardeuse d’oies, 1897, Paris Musées, Petit Palais, PPG2777.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Girard de Langlade · Eyliac · 1775 — Deux Girard de Langlade se marient

Établi · Girard de Langlade · Eyliac · 1775

Deux Girard de Langlade se marient

Château d’Eyliac vu du sud-est en 2010.
Eyliac, 6 avril 2010. Père Igor. Vue moderne du château lié aux Girard de Langlade ; ce n’est pas une vue de 1775. Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0. Conversion WebP, sans recadrage.

La question

En 1775, deux Girard de Langlade se marient entre eux. À Eyliac, ce nom se retrouve donc des deux côtés d’une union. L’événement retient l’attention parce qu’un arbre peut facilement donner l’impression d’une répétition ou d’une erreur. Le dossier familial établit pourtant le mariage. La question n’est pas de l’effacer, mais de rendre lisibles les deux personnes et les branches qui se rencontrent.

Le récit commence par cette alliance et se prolonge dans les générations féminines du dossier. Marguerite Girard de Langlade, sa mère Marie de Bertin et sa fille Françoise donnent une continuité à l’histoire d’Eyliac. Le village devient un lieu familial précis, où les actes et les alliances peuvent être rapprochés sans demander au seul patronyme de faire tout le travail.

Les repères

Marguerite Girard de Langlade naît à Eyliac en 1759. Sa mère est Marie de Bertin. La date de 1775 appartient au mariage de deux membres portant le nom Girard de Langlade. Françoise de Langlade naît à son tour à Eyliac en 1783. Ces repères se situent dans le même dossier territorial, avec des événements distincts qu’il faut conserver dans leur chronologie.

Dans mon arbre maternel, Françoise occupe la place Sosa 227 et Marguerite la place 455. Marie de Bertin porte le numéro 911. Cette présentation permet de suivre le fil par les femmes : un nom, une alliance, puis une nouvelle génération. L’histoire familiale ne se réduit pas à la présence continue d’un patronyme masculin dans un même lieu.

Le dossier d’Eyliac comporte ensuite un mariage du 8 octobre 1810, enregistré sous le numéro 59. Dans le corps de cet acte, le patronyme du marié est écrit « Puytaurac » ; il signe « Bernard-Puytorac ». Cette pièce prolonge la recherche du même ensemble familial en montrant que les variantes de noms se rencontrent parfois à l’intérieur d’un seul document.

Ce qui est relevé

Le mariage de 1775 doit être présenté avec ses deux côtés, même lorsque le patronyme est identique. Réduire l’union à un seul nom ferait disparaître l’une des lignées qui s’y rejoignent. Le récit garde donc l’alliance comme un événement à part entière. Le nom commun n’est pas une raison de fusionner les personnes ni de simplifier les générations précédentes.

La naissance de Marguerite en 1759 et celle de Françoise en 1783 donnent à Eyliac une présence récurrente dans cette branche. Marie de Bertin apporte un autre patronyme au dossier. Ces trois femmes montrent comment l’histoire d’un lieu se compose d’alliances successives, et non d’une famille immobile que l’on pourrait décrire seulement par le nom d’une demeure.

La pièce de 1810 introduit une autre forme de précision. Le père du marié est absent ; une procuration permet à l’oncle Bernard Puytaurac, prêtre, de le représenter. Trois positions doivent rester distinctes : le marié, le père représenté et l’oncle qui intervient en vertu d’un pouvoir. L’acte raconte ainsi une organisation familiale concrète, à travers les personnes qui agissent et celles qu’elles représentent.

La différence entre « Puytaurac » et « Bernard-Puytorac » n’est pas corrigée silencieusement. Le texte conserve la forme du rédacteur ; la signature conserve celle du marié. Les deux peuvent guider une recherche dans les registres. Les garder ensemble donne au lecteur accès à la singularité de la pièce, au lieu d’imposer rétrospectivement une orthographe régulière à toute la branche.

Le monde autour

Le château d’Eyliac est lié à la famille Girard de Langlade dans le dossier historique présenté sur le site. La photographie de Père Igor montre une vue du sud-est en 2010. Elle situe un édifice réel et identifié ; elle n’est pas une reconstitution du mariage de 1775. La date de la photographie reste donc visible dans la légende, avec son auteur et sa licence.

La présence d’un château ne dispense pas de lire les registres. L’édifice donne un repère dans le paysage ; les actes donnent des personnes, des événements et des liens. C’est leur rapprochement qui rend le village familier. Le lecteur peut comprendre pourquoi Eyliac revient dans la branche sans attribuer à chaque membre de la famille le même domicile ou les mêmes biens.

Le dossier évoque également Raymond et Jean Girard de Langlade, qui ont été maires de Périgueux. Cette dimension appartient à l’histoire de la famille dans le Périgord. Elle ne remplace pas la filiation particulière suivie ici par Marguerite, Marie de Bertin et Françoise. Les fonctions publiques élargissent le contexte ; les actes d’état civil gardent la conduite du récit familial.

Ce qui reste inconnu

Le fait que les époux de 1775 portent le même nom ne suffit pas, dans les éléments publiés ici, à donner un degré précis de cousinage. Le mariage est établi ; le calcul détaillé de la parenté exige les deux lignées dépliées jusqu’à leur éventuel ancêtre commun. Aucune dispense ni aucun degré ne sont ajoutés au texte à partir du seul patronyme.

Les armes des Girard de Langlade ne sont pas dessinées tant que la référence héraldique exacte n’est pas relevée dans l’armorial retenu. Le dossier familial et la documentation des armes sont traités à leur niveau propre. La branche n’a pas besoin d’un écu composé pour la publication : les naissances, l’alliance de 1775 et la signature de 1810 donnent déjà une matière singulière au récit.

Ce qui me retient à Eyliac est finalement cette rencontre entre la répétition des noms et la précision des pièces. Deux Girard de Langlade peuvent former un couple ; un Puytaurac peut signer Puytorac ; un père absent peut être représenté par un oncle. La lecture attentive ne réduit pas ces différences. Elle leur donne une place, et rend ainsi aux générations leurs personnes et leurs actes.

Sources. Dossier familial Girard de Langlade–Bertin, Eyliac, mariage de 1775 ; arbre emmett, Sosa 227, 455 et 911 ; Archives départementales de la Dordogne, état civil d’Eyliac, mariage du 8 octobre 1810, acte n° 59.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Lancé · Gault-Perche et Arville · 1694–1713 — Du manoir au cabaret

Établi · Lancé · Gault-Perche et Arville · 1694–1713

Du manoir au cabaret

La question

Au Gault-Perche, Françoise Dumans naît le 1er mars 1713. Sa mère, également prénommée Françoise, est cabaretière ; son père, Jacques de Lancé, est qualifié d’écuyer et de sieur de la Morelière. La filiation fait se rencontrer des situations sociales que le seul patronyme de l’enfant ne laisse pas deviner. Pour comprendre cette histoire, il faut suivre les personnes au-delà du nom qu’elles transmettent.

Le titre « Du manoir au cabaret » désigne ce déplacement du regard. Il ne prétend pas identifier deux bâtiments entre lesquels les ancêtres auraient circulé. Le dossier relie des qualités, des métiers et des lieux du Perche ; il comporte aussi le terrier d’Arville de 1694–1695. La question est de savoir comment ces pièces donnent une continuité à la famille, sans substituer au récit une façade choisie pour son apparence ancienne.

Les repères

Jacques de Lancé est né en 1645. Le dossier le qualifie d’écuyer et de sieur de la Morelière. Son frère François porte la qualité de sieur de Monsoreau. Les formes Lancé, Lance, Lanse et Lancey sont conservées pour les recherches. Elles appartiennent aux chemins par lesquels les actes peuvent être retrouvés ; elles ne sont pas effacées au profit d’une orthographe unique.

Françoise Dumans, la mère, est née en 1673 et exerce comme cabaretière. Sa fille du même prénom naît en 1713 au Gault-Perche. Les trois personnes occupent des places distinctes dans mon arbre paternel : Jacques porte le numéro Sosa 2674, Françoise mère le 2675 et leur fille le 1337. La répétition du prénom et du patronyme maternels rend cette distinction particulièrement utile.

Françoise fille épouse Étienne Paulin en 1733, puis René Masnier, bordager, en 1735. Elle meurt au Poislay en 1780. Ces unions et ce décès prolongent le dossier dans les campagnes du Perche. Le récit ne s’arrête donc pas à la rencontre de l’écuyer et de la cabaretière : il suit aussi la femme née de cette filiation et les foyers qu’elle forme à son tour.

Ce qui est relevé

Le terrier d’Arville de 1694–1695 appartient aux sources du dossier Lancé. Il offre une entrée par les terres et les droits, différente de celle des registres paroissiaux. Sa place dans la recherche est de relier les noms à un espace et à des mentions foncières. Les renseignements familiaux et les renseignements territoriaux se répondent, sans que l’un dispense de lire l’autre.

La qualité d’écuyer de Jacques est conservée comme un fait du dossier. Elle ne conduit pas à lui attribuer un blason par ressemblance de nom. Les armes des Lancé n’ont pas été identifiées dans les références retenues ; le cartouche de l’armorial porte donc « armes non identifiées ». Le statut documenté de la personne et l’existence d’armoiries retrouvées sont deux informations différentes.

La profession de Françoise mère a la même importance dans le récit. Cabaretière n’est pas un détail ajouté pour faire contraste avec l’écuyer. C’est son activité relevée. La nommer rend à cette femme une place propre dans l’histoire, au lieu de ne la présenter que par sa relation avec Jacques ou par la naissance de sa fille.

Le parcours de Françoise fille montre ensuite la place des remariages. Étienne Paulin en 1733, René Masnier en 1735 : deux unions organisent la suite de sa vie familiale. Le métier de bordager appartient à René, non à Jacques ni à Françoise mère. La narration garde les qualifications attachées à chaque personne, pour que les générations ne deviennent pas un tableau social indifférencié.

Le monde autour

Le Perche apparaît ici à plusieurs échelles. Le Gault-Perche est le lieu de naissance de Françoise ; Arville intervient par son terrier ; Le Poislay est le lieu de son décès. La Morelière et Monsoreau entrent dans les qualités des deux frères Lancé. Ces noms n’ont pas tous la même fonction documentaire. Les distinguer permet de passer d’une liste de lieux à une géographie familiale lisible.

Le cabaret, les terres et les qualifications seigneuriales appartiennent à des dimensions différentes de cette vie rurale. Le dossier ne donne pas ici un inventaire de l’établissement de Françoise, ni les revenus de Jacques. Le récit ne transforme donc pas leurs métiers et leurs qualités en une comparaison chiffrée de fortunes. Il donne à lire la rencontre de deux personnes dont les actes décrivent différemment la place dans la société.

La transmission du nom maternel à Françoise fille rappelle aussi que l’histoire familiale ne se lit pas uniquement en suivant un patronyme de père en fils. L’alliance, la filiation et les remariages ouvrent d’autres chemins. La branche Lancé demeure présente dans mon ascendance alors même que le nom porté par la descendante est Dumans. C’est précisément ce qu’un récit peut rendre visible à côté de l’arbre.

Ce qui reste inconnu

Les éléments présentés ne donnent pas les circonstances de la relation entre Jacques et Françoise, ni leurs paroles, ni l’apparence de leur maison ou du cabaret. Une scène d’intérieur inventée ferait perdre la précision acquise par les dates et les qualités. Je laisse donc aux pièces leur propre force : les personnes sont identifiées, la filiation est établie et le parcours de la fille se poursuit dans les actes.

Le dossier appelle encore la localisation précise des biens et le relevé complet des mentions du terrier pour les rendre accessibles au lecteur. Il ne faut pas attendre une image de manoir pour comprendre cette branche. Sa singularité est déjà dans les noms réunis : Jacques de Lancé, Françoise la cabaretière et Françoise sa fille. En les suivant jusqu’aux mariages et au décès de 1780, l’histoire traverse plusieurs milieux sans perdre le fil des personnes.

Sources. Dossier familial Lancé–Dumans ; terrier d’Arville, 1694–1695 ; Gault-Perche, naissance du 1er mars 1713 ; mariages de 1733 et 1735 ; Le Poislay, décès de 1780 ; arbre emmett, Sosa 1337, 2674 et 2675.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Huchet · Beauce · seize générations — Seize générations documentées

Établi · Huchet · Beauce · seize générations

Seize générations documentées

Moulin de Frouville-Pensier, évocation du patrimoine meunier de Beauce.
Ozoir-le-Breuil, 21 juillet 2017. Fab5669. Évocation : le moulin natal de Lucien Huchet est Fromont, pas Frouville-Pensier. Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0. Conversion WebP, sans recadrage.

La question

Seize générations documentées : la profondeur des Huchet de Beauce donne à la branche une ampleur qui dépasse de loin l’histoire d’un seul moulin. Pour entrer dans cette longue durée, je pars pourtant de trois hommes et de quelques métiers. Charles Ferdinand, Charles Désiré et Lucien se suivent dans les actes ; leurs activités changent, puis leur horizon géographique se déplace vers la boucle de Seine.

La question du récit est celle de cette continuité : qu’est-ce qui se transmet lorsqu’un fils ne reste pas dans le métier de son père ? Les actes donnent une succession familiale établie, avec des emplois et des lieux différents. Ils permettent de suivre le mouvement sans transformer seize générations en une dynastie professionnelle uniforme. Le grain, la terre et les cultures maraîchères appartiennent à des étapes distinctes.

Les repères

Charles Ferdinand Huchet apparaît comme charretier, journalier, puis meunier-cultivateur. Ces qualifications sont conservées dans l’ordre relevé par le dossier. Elles montrent qu’un homme peut être décrit par plusieurs activités au cours de sa vie. La présentation ne choisit pas un métier jugé plus représentatif pour faire disparaître les autres : la succession elle-même est une information.

Son fils Charles Désiré Huchet naît à Charray en 1869. Il est garçon meunier, puis meunier. En 1898, Lucien naît au moulin Fromont, à La Ferté-Villeneuil. Le lieu de naissance donne ici une précision remarquable : l’enfant entre dans l’état civil avec un moulin nommé. Le dossier familial peut donc situer cette génération autrement qu’à l’échelle de la seule commune.

Lucien est ouvrier maraîcher en 1921. Sa fille Yvonne naît à Chatou en 1926. Les numéros Sosa replacent ces personnes dans mon côté paternel : Charles Ferdinand porte le 40, Charles Désiré le 20, Lucien le 10 et Yvonne le 5. Quatre places successives rendent lisible le fil qui me relie à cette histoire de travail et de déplacement.

Ce qui est relevé

La naissance au moulin Fromont n’est pas une formule générale sur un paysage de Beauce. C’est un lieu précis du dossier. Elle doit rester distincte de l’illustration du moulin de Frouville-Pensier à Ozoir-le-Breuil. Ce dernier représente le patrimoine meunier de la région ; il n’est pas le moulin où Lucien naît en 1898. La légende porte donc explicitement le mot « évocation ».

La photographie ne remplace pas cette distinction. Elle montre un moulin réel, photographié par Fab5669 le 21 juillet 2017. Son intérêt est d’accompagner le contexte des métiers, avec une date et un auteur connus. Les actes, eux, identifient Fromont. Le lecteur peut regarder le patrimoine de la Beauce tout en gardant la localisation exacte de l’événement familial.

Les mentions professionnelles sont également prises à leur date. Être ouvrier maraîcher en 1921 ne permet pas de fixer l’année à laquelle Lucien quitte le monde des moulins. La naissance d’Yvonne à Chatou en 1926 situe une génération dans la boucle de Seine ; elle ne donne pas, à elle seule, toutes les étapes du déplacement. Le dossier conserve les jalons sans combler artificiellement leurs intervalles.

La profondeur des seize générations documentées est un autre fait établi du corpus. Le récit n’a pas besoin de la prolonger par un rattachement prestigieux pour lui donner de la valeur. Le lien aux Huchet nobles n’est pas établi. Ce classement reste distinct de la lignée de Beauce effectivement documentée : l’absence de ce rattachement ne retranche aucune des générations conservées dans le dossier.

Le monde autour

Les mots charretier, journalier, meunier et cultivateur décrivent des positions différentes dans le travail rural. Chez Charles Ferdinand, ils invitent à suivre les actes successifs plutôt qu’à immobiliser l’homme dans une seule activité. Le dossier montre ainsi une histoire professionnelle en mouvement, même avant le départ géographique des générations suivantes.

Charles Désiré est d’abord garçon meunier, puis meunier. Le vocabulaire distingue deux moments de sa situation. Il ne donne pas, dans les éléments présentés ici, le détail d’un apprentissage, le nom de tous les exploitants ou la valeur des installations. La précision utile est celle que les actes apportent : une profession, une évolution de qualification et, à la génération suivante, un moulin nommé comme lieu de naissance.

À Chatou, le cadre familial est désormais celui de la boucle de Seine. La naissance d’Yvonne s’y inscrit après la mention de Lucien comme ouvrier maraîcher. La branche relie ainsi la Beauce à un autre territoire de cultures. Cette lecture par les métiers complète la carte : elle indique ce que font les personnes à certains moments de leur parcours, pas seulement les points entre lesquels elles se déplacent.

Ce qui reste inconnu

Le dossier présenté ne fixe pas la cause du changement de métier de Lucien. Il ne livre pas non plus une série complète de baux permettant de nommer chaque moulin fréquenté par les générations précédentes. Ces recherches peuvent prolonger la chronologie, mais leurs résultats ne sont pas anticipés dans le récit. Les professions relevées conservent leur force sans qu’on leur ajoute un récit de réussite ou de difficulté.

Les Huchet de Beauce sont enfin présentés séparément de Nicole Huchet, rencontrée dans les dossiers rennais. Le patronyme commun ne réunit pas les deux ensembles. Ce qui donne à la branche sa continuité est la filiation documentée, génération après génération. À son extrémité la plus proche de moi, cette continuité prend les noms de Charles Ferdinand, Charles Désiré, Lucien et Yvonne, et les lieux de Charray, Fromont et Chatou.

Sources. Dossier familial Huchet de Beauce, seize générations documentées ; Charray, naissance de Charles Désiré en 1869 ; La Ferté-Villeneuil, naissance de Lucien au moulin Fromont en 1898 ; mention professionnelle de 1921 ; Chatou, naissance d’Yvonne en 1926 ; arbre emmett, Sosa 40, 20, 10 et 5.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Vargues · Gourdon, Saint-Romain et Saint-Cirq-Souillaguet — Trois lieux pour une histoire de Bouriane

Établi · Vargues · Gourdon, Saint-Romain et Saint-Cirq-Souillaguet

Trois lieux pour une histoire de Bouriane

Façade de Saint-Pierre de Gourdon, évocation du territoire Vargues.
Gourdon, 26 octobre 2013. Didier Descouens. Évocation du territoire familial. Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0. Conversion WebP, sans recadrage.

La question

Quatre Pierre Vargues se succèdent dans cette branche. Le prénom revient au point de donner, dans un arbre réduit aux noms, l’impression d’une seule vie étirée sur plus d’un siècle. Les dossiers de Gourdon font apparaître autre chose : des foyers, des métiers et des alliances distincts. Le récit commence par cette nécessité de rendre à chacun sa génération, son conjoint et ses lieux.

La Bouriane familiale se déploie autour de Gourdon, de Saint-Romain et de Saint-Cirq-Souillaguet. Le dossier comporte aussi Saint-Céré, où naît l’un des Pierre. Ces noms ne sont pas de simples variantes géographiques. Ils accompagnent des événements précis et permettent de suivre des personnes que la répétition du patronyme et du prénom rendrait autrement difficiles à séparer.

Les repères

Antoine Vargues, né vers 1600, apparaît comme cordonnier. Son fils Pierre est probablement né vers 1633 ; il devient teinturier à Gourdon. La formulation du dossier est conservée : la date approximative et le rang probable de cette naissance ne deviennent pas une année certaine. La continuité des métiers ouvre ici la lecture sans effacer les différences de précision entre les générations.

Pierre Vargues naît le 11 octobre 1656 à Saint-Céré. Il épouse Bernarde Vidal le 1er décembre 1685. Ce mariage, référencé aux Archives municipales de Gourdon sous la cote GG 56, nomme ses parents : Pierre Vargues et Anne Montfort. La pièce fournit donc un lien explicite entre deux générations qui portent le même prénom. C’est l’une des articulations essentielles du dossier.

Viennent ensuite Pierre né vers 1695, puis Pierre né vers 1740. Ce dernier épouse Antoinette Sarget en 1770. Guillaume, né en 1777, appartient à la génération suivante ; le dossier le suit comme cultivateur et tisserand. Justin Augustin, né en 1808, devient maçon à Gourdon. Il épouse Élisabeth Dumas en 1834. Leur fils Raymond Germain naît le 27 mai 1848.

Ce qui est relevé

Le mariage de 1685 ne se contente pas de rapprocher deux noms identiques. Il donne une filiation et une épouse. Bernarde Vidal est un repère indispensable pour suivre ce Pierre et séparer son foyer des autres. Le document conserve aussi une signature. Cette trace personnelle est signalée dans le dossier ; sa reproduction reste distincte de la publication du récit et dépend des conditions de réutilisation de la pièce.

Le passage du cordonnier au teinturier, puis au cultivateur et tisserand, ne dessine pas une ascension régulière. Il montre des activités différentes exercées au fil des générations. Chaque profession doit être attribuée à la bonne personne. Guillaume ne devient pas teinturier parce que ce métier apparaît plus haut dans sa branche, pas plus que la maçonnerie de Justin Augustin ne décrit rétrospectivement les quatre Pierre.

La distinction entre Saint-Céré et Saint-Cirq-Souillaguet a la même importance. La naissance du 11 octobre 1656 est située à Saint-Céré. Saint-Cirq-Souillaguet appartient aux autres lieux de la recherche en Bouriane. Conserver les noms entiers permet de ne pas déplacer un événement pour le faire entrer dans un territoire présenté trop rapidement.

Raymond Germain prolonge l’histoire au-delà du Lot. Marchand-tailleur, il épouse Louise Marie Leroux au Lude en 1879, avant l’établissement nantais. La branche conduira ensuite vers Rennes et Alger. Ce départ appartient à une histoire déjà longue de métiers et de foyers. Il ne constitue pas le début de la famille ; il en déplace le centre géographique.

Le monde autour

Les professions donnent accès à la vie matérielle de cette lignée. Le cuir, la teinture, le tissage, la culture et la maçonnerie désignent autant de manières de travailler. Le dossier ne livre pas, pour chaque ancêtre, la liste des outils ou le revenu de l’activité. Il permet cependant de sortir d’une présentation où toutes les générations seraient décrites par une unique identité de village.

Gourdon devient ainsi plus qu’un lieu porté dans une case. C’est le cadre d’alliances, de signatures et de métiers successifs. La photographie de Saint-Pierre de Gourdon, prise en 2013 par Didier Descouens, montre un repère réel de cette ville. Elle est légendée comme une évocation du territoire et ne représente ni l’atelier du teinturier ni la maison d’un Pierre Vargues identifié.

La recherche de François Girard, pour Généaquercy, a été menée de septembre 2025 à février 2026. Elle distingue les filiations directement établies et les reconstitutions proposées. Cette distinction fait partie du dossier familial et demeure dans la présentation. Le mariage de 1685 apporte des parents nommés ; les raccords anciens ne sont pas tous documentés de cette même manière.

Ce qui reste inconnu

Les actes et les relevés présentés ne donnent pas l’apparence des ateliers, le visage de leurs occupants ou les raisons intimes de chaque changement de métier. Le nom d’un lieu ne désigne pas à lui seul un bâtiment conservé. Ces points restent ouverts à d’autres documents, notamment ceux qui situeraient précisément les biens et les activités dans la ville ou les paroisses voisines.

Louis Vargues, mon arrière-grand-père maternel, est le point d’entrée de cette branche dans mon arbre, sous le numéro Sosa 12. Remonter vers Gourdon permet de replacer son histoire au terme de plusieurs générations plutôt que de commencer avec le seul départ vers Alger. Les quatre Pierre reprennent chacun leur place ; les femmes nommées dans les unions permettent de suivre le bon foyer. C’est cette succession de vies distinctes, du travail du cuir à la confection, que le dossier rend à la mémoire familiale.

Sources. Archives municipales de Gourdon, GG 56, mariage Pierre Vargues–Bernarde Vidal du 1er décembre 1685 ; François Girard, Généaquercy, Histoire généalogique — La famille Vargues, recherches septembre 2025–février 2026 ; dossier familial consolidé et encart d’ascendance de Louis et Gabrielle.

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De l’acte au texte · L’Araignée Bleue

Les archives deviennent des histoires

Récits d’ancêtres

Des récits pour entrer dans l’histoire de ces familles : leurs métiers, leurs départs, les photographies conservées et les traces laissées dans les archives.

01 / Le point de départ

Un arbre, mille façons de s’étonner

Je suis Fabian Regairaz. Mon frère Laurent Regairaz, connu sous le nom de Chicandier, partage cet arbre avec moi. Depuis plus de vingt ans, j’en remonte les branches. Les quatre chemins depuis nos grands-parents permettent de retrouver le point de départ de chaque récit. Mon arbre de travail est publié sur Geneanet sous le nom emmett. On y trouve des artistes, des artisans, des familles de villages et quelques rencontres avec la grande histoire.

Ce qui me passionne, c’est le moment où un acte change notre regard : une profession apparaît, une alliance explique un départ, une adresse donne envie de pousser une porte. Voici quelques dossiers tirés de cette enquête familiale. Peut-être vous donneront-ils envie d’ouvrir la vôtre.

Lire les liens de famille

Un numéro Sosa ne dit pas immédiatement « mon trisaïeul ». Les cartouches donnent ce degré, le côté de la famille et un fil que l’on peut déplier. Les générations proches sont désignées par leur lien familial.

La part d’arbre compte des places, pas des personnes différentes : un même ancêtre peut en occuper plusieurs. L’ADN suit une autre logique. Essayez le calculateur Sosa.

L’atlas familial

Choisissez un lieu. Ouvrez une histoire.

Une région n’est pas une étiquette au bout d’une branche. C’est un moulin, une étude, un atelier, un manoir ou une ville où l’on arrive. Ces liens vous conduisent directement aux récits.

Beauce & Perche

Moulins, cabaret et filiations inattendues.

Paris & Île-de-France

Gobelins, terres de Puiseux et mémoire de Chatou.

Flandres & Cambrésis

Des tapissiers voyageurs à un capitaine-laboureur.

Savoie

Les Déserts, les Bauges et les générations qui partent.

Périgord & Quercy

Le château d’Eyliac, Abel Mignon et les Vargues.

Italie & Algérie

Cetara, Alger et Paris : la famille de part et d’autre de la mer.

Les métiers & les alliances

Les fils qui relient les lieux entre eux.

Charente & Saintonge

Des notaires, des officiers royaux et un détour par l’affaire Ravaillac.

Yonne

Un inventaire repéré dans les archives de Coulanges-sur-Yonne.

Les archives ouvrent leurs portes

Un demi-bateau, un testament, un grenier de magicien.

Ces nouveaux récits sont tirés de mes dossiers de famille. Photographies des lieux, souvenirs écrits et enquêtes sur les actes font apparaître les vies derrière les noms. Choisissez le détail qui vous intrigue.

Italie / Autuori, Galano et la mer

Une maison, un enfant… et un demi-bateau.

Lecture du récit : environ 2 minutes

Cetara depuis la mer. Le port d’origine des branches Autuori et Galano. Photo Miguel Hermoso Cuesta, 2013, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Image redimensionnée.

Cetara · 1754

On ouvre un relevé fiscal, et toute une maisonnée apparaît. Dans le catasto de Cetara de 1754, Carlo Autuori vit avec Maddalena Annarumma, leur petit Giuseppe et son frère Pascale. Le relevé mentionne une maison et la moitié d’une barque : une part de propriété, qui donne à voir les moyens de travail d’une famille tournée vers la mer.

Le raccord de ce foyer de 1754 à notre ascendance Autuori reste à établir. Le document décrit les conditions de vie à Cetara : derrière le patronyme, un ménage, des ressources et une place dans le village.

Plus tard, les Galano et les Autuori conduisent la recherche jusqu’à Alger. Les métiers de la pêche accompagnent cette traversée. Suivre la route méditerranéenne →

Et le goût du lieu ? À Cetara, les anchois mûris sous le sel dans des tonneaux de bois donnent la colatura, un condiment ambré. Ce savoir-faire local, décrit par le producteur Delfino Battista, permet d’évoquer le port jusque dans l’assiette ; il n’est pas attribué personnellement aux ancêtres.

Sources et repères. Dossier familial Notes familles Cetara 1754, relevés Autuori, Galano et Annarumma. Le raccord génération par génération entre ce ménage et Anna Galano n’est pas démontré par les pièces réunies.

Pourquoi ce dossier me regarde

Cette branche rejoint mon côté maternel par Anna Galano, mon arrière-grand-mère. Né à Lyon, je retrouve dans ces actes des lieux qui précèdent ma propre histoire : Cetara, puis Alger.

Du dossier à l’écriture. Mes recherches familiales accompagnent mon travail de romancier. Retrouver mes textes à l’Araignée Bleue.

Reconstituer une histoire de migration →

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Charente / Mossion, Guillier, Testaud, Béliard

Quand la branche charentaise croise Ravaillac.

Lecture du récit : environ 2 minutes

Château de Villebois-Lavalette. Le dossier situe ici les fonctions de commandement de Michel puis de Jean Béliard de Beaupré. Cette charge ne signifie pas la propriété du château. Photo JCAllin, 2003, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Béliard de Beaupré

Armes attribuées aux Béliard de BeaupréRestitution : d’azur à trois pals d’or, chacun chargé d’un trèfle de sinople.

Restitution héraldique. D’azur à trois pals d’or, chacun chargé d’un trèfle de sinople. Dessin schématique d’après le blasonnement attribué à la famille dans la Note historique Mossion–Guillier, § 6, qui renvoie à un armorial charentais. L’entrée armoriale originale reste à contrôler ; il ne s’agit pas d’armoiries personnelles de Fabian Regairaz.

Angoulême & Villebois-La Valette · XVIIe siècle

Au départ, Marie Mossion dans notre arbre, et une série d’alliances étudiées en Charente autour des Mossion et des Testaud. En remontant par Julie Testaud et Barbe Béliard de Beaupré, le dossier familial rejoint une lignée de notaires et d’officiers royaux. Puis un nom fait soudain changer d’échelle à la recherche : Ravaillac.

La note identifie Hélie Béliard comme le frère de Michel de Béliard, ancêtre de cette branche. Dans son étude historique, Amédée Callandreau propose de reconnaître en Hélie le Belliard chez lequel Ravaillac aurait entendu les propos contre Henri IV qu’il évoque dans ses interrogatoires. Hélie venait en aide à la mère du futur régicide.

L’épisode se place avant Pâques 1610, environ un mois avant l’assassinat du roi. C’est un voisinage humain et politique saisissant. Les pièces citées n’établissent aucune complicité d’Hélie dans le crime ; l’identification du Belliard du récit reste formulée avec prudence par Callandreau.

Plus loin dans la branche, les charges exercées à Villebois-La Valette donnent à l’histoire un décor de pierre. La généalogie relie ainsi les bureaux des notaires, les maisons d’Angoulême et le château de commandement. Voir les armes attribuées aux Béliard de Beaupré →

Sources et repères. Note historique augmentée, branche charentaise Mossion–Guillier, § 6, à confronter à l’arbre complet : divergence Lesteau–Testaud et distinction entre Marie Mossion et Jeanne Mossion. Pour l’épisode historique : Amédée Callandreau, chapitre VII et notes, § 5, famille Belliard. Le rattachement aux Mossion de Jazennes reste à établir.

Pourquoi ce dossier me regarde

Je suis cette famille par ses alliances et par ses actes. Mon métier de notaire rend particulièrement lisibles les offices et les fonctions qui traversent ce dossier.

Faire examiner une parenté →

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Bretagne / Marchant et Guischart

Sept heures du matin, dans la salle basse.

Lecture du récit : environ 2 minutes

Le Temple de Carentoir. Un lieu du pays exploré par le dossier Marchant–Guischart, et non une résidence identifiée d’Arthur Marchant. Photo So Leblanc, 2017, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Image redimensionnée.

Arthur Marchant · 17 mars 1643

Le 17 mars 1643, vers sept heures du matin, Arthur Marchant le jeune, notaire et sieur de La Lande, dicte ses dernières volontés. Il est malade, dans la salle basse de sa maison. Le testament demande notamment qu’il soit enterré auprès de son épouse, Jeanne Guischart. En quelques lignes, une pièce d’archive restitue une heure, une chambre et un attachement.

Le plus beau détour est celui du document lui-même : le testament a été conservé dans un fonds de fabrique paroissiale, en rapport avec les dispositions religieuses du défunt. Chercher un notaire ne conduit donc pas seulement aux minutes notariales.

L’acte nomme son fils Olivier, mais ne donne pas les parents d’Arthur. Les homonymes des arbres voisins restent à départager. La maison de La Lande ne devient pas davantage, par la seule présence du mot « sieur », un manoir aujourd’hui identifié.

Voilà ce qui rend cette recherche attachante : on peut déjà entendre la voix d’un homme, alors même qu’une génération de son ascendance manque encore.

Sources et repères. Les Marchant et les Guischart, note enrichie, analyse du testament du 17 mars 1643. Référence donnée : Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, fonds de fabrique, 2 G 173.

Pourquoi ce dossier me regarde

Je reçois aujourd’hui les dernières volontés des autres. Le 17 mars 1643, un notaire de ma propre ascendance se trouvait de l’autre côté de l’acte.

Retrouver un testament familial →

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Bretagne / Lavocat, Duvivier et Priour

Des moulins rennais aux départs pour l’Amérique.

Lecture du récit : environ 2 minutes

Le moulin d’Acigné. Un repère dans le pays des Lavocat et Priour. La photographie ne démontre pas que François Lavocat a exploité ce bâtiment précis. Photo Electzik, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Image redimensionnée.

Autour d’Acigné · XVIIIe–XIXe siècles

François Lavocat est meunier. Autour de Rennes, les noms de Cesson, Nouvoitou, Noyal et Acigné dessinent le territoire de sa famille. Son mariage avec Perrine Duvivier, en février 1795, offre déjà une petite énigme : l’année de naissance portée dans l’acte ne concorde pas avec le baptême retrouvé. Selon la reconstitution du dossier, le jeune époux a dix-huit ans et demi.

À la génération suivante, Jean-François Lavocat épouse Jeanne-Marie Priour. La recherche, jusqu’ici attachée aux paroisses bretonnes, prend alors le large par la fratrie Priour : le dossier suit plusieurs départs vers les États-Unis entre les années 1830 et 1840.

On y rencontre Julien-Pierre, prêtre passé par Mobile puis New Iberia, et Jean-Marie, jardinier, dont l’arrivée en 1836 est rattachée au navire Salem. Les registres de Bretagne appellent désormais les listes de passagers et les archives américaines.

Le moulin, puis le bateau : deux images pour une même famille. Les déplacements des frères et sœurs élargissent l’histoire bien au-delà de la seule ligne qui conduit jusqu’à moi.

Sources et repères. Dossier Lavocat–Priour–Duvivier, version enrichie, notices François Lavocat, Jean-François Lavocat et fratrie Priour. Les lieux d’exploitation du meunier restent à préciser par les baux.

Pourquoi ce dossier me regarde

Ces départs appartiennent à la famille de Pauline Lavocat, puis de Louise Chesneau, épouse d’Abel Mignon. Les frères et sœurs partis en Amérique donnent aussi de l’ampleur à l’histoire de ma ligne maternelle.

Suivre une famille au-delà des frontières →

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Lavocat · Chesneau · Mignon · 1829–1862

Lavocat, d’Acigné à Rennes : du moulin au cimetière.

Lecture : environ 2 minutes

En 1829, Jean-François Lavocat est meunier au moulin d’Acigné. À Rennes, le dossier le relève comme « sépulteur » dès 1851, puis au mariage de sa fille en 1862. Le changement de métier est donc attesté au plus tard vingt-deux ans après la mention de 1829. Le dossier conserve les deux métiers ; il ne donne pas la cause du passage de l’un à l’autre.

C’est une différence essentielle pour raconter cette vie. Le changement est documenté, mais aucune difficulté économique, maladie ou décision familiale ne peut être ajoutée pour l’expliquer. Entre le moulin et le cimetière, la chronologie garde un intervalle. Les recensements et les actes intermédiaires constituent des pistes pour le préciser.

La même année 1862, sa fille Pauline Marie Lavocat, brodeuse, épouse Jules Auguste Chesneau à Rennes. La filiation conduit ensuite à leur fille Louise Chesneau, qui épouse Abel Mignon, graveur. Le dossier breton rejoint ainsi mon trisaïeul maternel et les œuvres que je présente dans ce cabinet.

Ces métiers appartiennent à des personnes différentes : le père meunier puis sépulteur, la fille brodeuse, le gendre de la génération suivante graveur. Les rapprocher permet de suivre une famille ; cela ne suffit pas à établir une transmission professionnelle. Le fil jusqu’à moi passe par Louise, puis par Marcel Mignon, ma grand-mère maternelle et ma mère. Les actes relient les générations là où les professions en éclairent certains moments.

La pièce — sources et repères. Dossier familial Lavocat–Priour–Duvivier ; mentions professionnelles de 1829, 1851 et 1862 ; mariage de Pauline Marie Lavocat et Jules Auguste Chesneau, Rennes, 15 septembre 1862 ; arbre emmett, Sosa 118, 59, 29 et 28.

Pourquoi ce dossier me regarde

Pauline Lavocat est ma quadrisaïeule maternelle. Sa fille Louise relie les recherches rennaises à Abel Mignon, dont le métier a inspiré le décor de gravure de ce cabinet.

Retrouver les métiers d’une branche →

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Quercy / La branche Vargues

Quatre Pierre Vargues : lequel tient le bon fil ?

Lecture du récit : environ 2 minutes

Saint-Pierre de Gourdon. Un repère de la ville où se déploie la recherche Vargues. Photo Didier Descouens, 2013, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Image redimensionnée.

Gourdon · XVIIe–XIXe siècles

Le prénom revient, obstinément : Pierre, Pierre, Pierre, Pierre. Dans la reconstitution des Vargues à Gourdon, quatre hommes ainsi nommés se succèdent sur plus d’un siècle. Pour retrouver chacun, le nom ne suffit plus. Il faut sa femme, son métier, ses témoins, son quartier et la chronologie de ses enfants.

Le rapport de recherches fait apparaître un monde d’artisans : cordonniers, teinturiers et tisserands. Guillaume Vargues, né en 1777, appartient à cet univers du textile. À mesure que les pièces se recoupent, la ville cesse d’être un simple lieu de naissance : elle devient un réseau d’ateliers et d’alliances.

Les raccords anciens ne disposent pas tous d’un acte de filiation explicite. Le rapport distingue les pièces retrouvées et les reconstitutions proposées. Une répétition de prénom peut guider la recherche ; elle ne doit pas fabriquer à elle seule un père et un fils.

Ce travail donne de la profondeur au départ ultérieur de la branche vers l’Algérie. Avant le voyage, il y a déjà plusieurs générations de vies quercynoises à retrouver. Du Lot à Alger →

Sources et repères. François Girard, Généaquercy, Histoire généalogique Vargues, recherches de septembre 2025 à février 2026. Synthèse du rapport communiqué ; les filiations reconstituées restent distinguées des filiations directement établies.

Pourquoi ce dossier me regarde

Les Pierre Vargues se trouvent en amont de Louis Vargues, mon arrière-grand-père maternel. Distinguer leurs ateliers et leurs foyers permet de raconter plusieurs vies au lieu de les fondre sous un même prénom.

Faire auditer une branche d’homonymes →

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Rennes / La mémoire écrite de la famille

Treize pièces, cinq établis et un grenier de magicien.

Lecture du récit : environ 2 minutes

La rue Le Bastard à Rennes. Le récit familial situe le foyer au n° 13. Cette vue de la rue n’identifie pas à elle seule les fenêtres de l’appartement. Photo Pacoviande, 2004, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

Louis & Gabrielle · rue Le Bastard

Un acte de mariage donne une date et des témoins. Un souvenir écrit ouvre la porte. Dans Louis et Gabrielle, le foyer installé après leur mariage prend une ampleur inattendue : un appartement de treize pièces, au premier étage du 13, rue Le Bastard, à Rennes.

Le récit décrit cinq établis d’horlogerie, un atelier de couture, des pièces éclairées au gaz et d’autres à la lampe à pétrole. Et sous les combles ? Les accessoires du frère de Gabrielle, prestidigitateur. À quelques lignes de distance, les montres, les étoffes et les tours de magie habitent la même maison.

Gabrielle Cadet, originaire de Rennes, retrouve ici une présence que les seules cases de l’arbre ne peuvent donner. Le travail, la lumière et les objets dessinent la vie quotidienne du couple.

Ces détails sont transmis comme un témoignage familial. On peut ensuite les rapprocher des recensements, des annuaires et des actes. La mémoire garde ce qu’un formulaire oublie : l’atmosphère d’un lieu.

Sources et repères. Manuscrit familial Louis et Gabrielle, suivi de Huguette, sa jeunesse, début du récit (p. 3 et 13 de la pagination imprimée ; p. 4 et 14 du PDF communiqué).

Pourquoi ce dossier me regarde

Louis et Gabrielle sont mes arrière-grands-parents maternels. Le souvenir de leur maison complète les actes ; mon travail de romancier m’invite à conserver la distinction entre ce qui est écrit dans un registre et ce qui est raconté par un proche.

Du dossier à l’écriture. Mes recherches familiales accompagnent mon travail de romancier. Retrouver mes textes à l’Araignée Bleue.

Mettre en récit une mémoire familiale →

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Le cabinet des énigmes

Les détails qui font repartir l’enquête.

Un millésime impossible, deux homonymes ou une liasse abîmée : ces difficultés font partie de l’histoire de l’arbre. Elles indiquent exactement où chercher ensuite.

Manosque / Chabran, Chavrier, Vergier

La mère née dix ans après sa fille.

Lecture du récit : environ 1 minute

1654 / 1644

Dans l’un des exports généalogiques communiqués, Louise Escuyer naît en 1654 et sa fille Magdeleine en 1644. C’est l’arbre qui se trompe de temps. Cette impossibilité invite à revenir aux actes, sans décider d’avance lequel des deux millésimes doit être corrigé.

Les deux documents font aussi apparaître un Sauvaire et un Claude Chabran avec la même épouse, Madeleine Daumas, et les mêmes dates de mariage et de décès. Deux hommes confondus ? Une erreur de prénom ? L’acte de mariage du 7 mai 1663 devient la pièce à examiner.

Ces exports sont d’excellentes pistes. Le plaisir de l’enquête commence précisément quand leurs versions ne s’accordent plus.

Sources et repères. Chabran Chavrier Manosque et Chabran Vergier (suite), exports d’arbres Geneanet attribués à Gustave Caillol et Guy Sergeant. Incohérences relevées dans les documents, sans correction de filiation inventée.

Pourquoi ce dossier me regarde

Je retrouve ici une difficulté concrète de mes propres recherches. La contradiction entre deux dates permet de montrer comment je reprends un arbre et retrouve la bonne question à poser.

Faire auditer un arbre contradictoire →

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Périgord / Recourt et Delagarde

Deux Ézéchiel, et tout un arbre à démêler.

Lecture du récit : environ 1 minute

Un prénom / Deux métiers

Un Ézéchiel de La Garde est maître cordonnier dans un baptême de 1676. Un autre apparaît comme notaire en 1679. Même prénom, même nom, même région : de quoi tenter un rapprochement trop rapide.

Le dossier Recourt–Delagarde reprend les professions, les épouses, les parrains et les signatures pour distinguer les personnes. Il montre aussi combien une lecture de prénom peut compter : Josué Rousseau, plutôt qu’Isaac, replace un notaire dans le bon ensemble familial.

Cette enquête éclaire le milieu de Jean Recourt et Marthe Delagarde, parents d’Anne, épouse de Pierre Ardouin. Les raccords encore discutés et le millésime hésitant de leur mariage, 1709 ou 1713, restent ouverts.

Sources et repères. Recourt–Delagarde, V4, pièces AD, V et T et chronologie critique. Les références d’actes et les lectures incertaines sont détaillées dans le dossier familial.

Pourquoi ce dossier me regarde

Une confusion de personne déplace une branche entière de mon arbre. Les métiers et les signatures servent ici à rendre à chacun ses propres actes.

Démêler vos homonymes →

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Yonne / De La Humière, Deplant et Gagneux

L’acte retrouvé… qu’on ne pouvait pas encore lire.

Lecture du récit : environ 1 minute

7 mai 1713

Dans le répertoire d’un notaire de Coulanges-sur-Yonne, une ligne annonce un inventaire pour la veuve François Gagneux, daté du 7 mai 1713. Une pièce prometteuse : un inventaire peut faire apparaître les proches, les biens et les papiers d’une famille.

Mais lors des recherches rapportées en novembre 2024, la liasse contenant l’acte était trop abîmée pour être communiquée. Le répertoire était lisible ; la minute, inaccessible. On avait retrouvé une porte, sans pouvoir encore la franchir.

Le rapport conserve la date et la cote pour une reprise ultérieure. Il n’identifie pas automatiquement tous les François Gagneux rencontrés comme une seule personne. Même une recherche arrêtée sur un obstacle matériel peut laisser une piste précise et utile.

Sources et repères. David Descourtieux, Rapport de recherches De La Humière–Deplant–Gagneux, 27 novembre 2024, p. 3–5. AD Yonne : répertoire 3 E 60/193 ; liasses anciennes signalées non communicables dans le rapport. Leur état actuel de communication n’est pas présumé.

Pourquoi ce dossier me regarde

Mon métier me fait mesurer ce qu’un inventaire peut conserver d’une vie. Je garde cette référence dans mon dossier afin de pouvoir reprendre la recherche lorsque la pièce sera consultable.

Organiser une recherche bloquée →

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02 / Le dossier Abel Mignon

L’ancêtre dont on peut encore regarder les œuvres.

Lecture du récit : environ 1 minute

Portrait d’Abel Mignon. Collection publiée par Ungars, CC BY-SA 4.0.

Abel Mignon · 1861–1936

Dans mon arbre, Abel Mignon porte le numéro Sosa 28. Sur une gravure, il laisse une signature. Peintre et graveur, né à Cenon et mort à Fontainebleau, il offre cette émotion particulière : retrouver un ascendant, puis rencontrer son regard à travers ce qu’il a créé.

Son parcours passe par les Beaux-Arts, les récompenses artistiques et la gravure de timbres. Mais il connaît aussi un détour inattendu : une candidature à la députation, sans succès. Derrière le portrait officiel, une vie déborde déjà du cadre.

Regardez les tailles de La gardeuse d’oies, puis le petit avion au-dessus de Marseille. Un même nom relie l’intimité d’une estampe à un objet passé de main en main. Voilà ce qu’une recherche familiale peut rendre visible.

Repère familial : arbre emmett, Sosa 28. Parcours artistique : Musée de La Poste.

Pourquoi ce dossier me regarde

Abel Mignon est mon trisaïeul maternel. Le décor de gravure sur cuivre de ce cabinet fait écho à son métier ; ses œuvres ajoutent aux actes une trace de son travail.

Transmettre l’histoire d’un ancêtre →

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03 / Le fil des Flandres aux Gobelins

Les Linger et les Bessin : une histoire tissée à Paris.

Lecture du récit : environ 2 minutes

La branche Linger, venue des Flandres, rejoint les Bessin dans le monde des tapissiers. Nicole Marguerite Linger épouse Jean-Marc Bessin, tapissier du Roi aux Gobelins. Leur fils Jean-Charles y exerce à son tour, comme compagnon tapissier pensionnaire du Roi.

À présent, un nom de métier appelle des gestes : préparer les fils, suivre un carton, faire naître un paysage avec de la laine et de la soie. La généalogie retrouve aussi des savoir-faire et les milieux où ils se transmettaient.

  1. Jean-Marc Bessin et Nicole Marguerite LingerLes parents · Sosa 860 et 861
  2. Leur fils Jean-Charles BessinTapissier aux Gobelins · Sosa 430
  3. Sa fille Madeleine Reine BessinNée en 1755 · Sosa 215

Repères familiaux : arbre emmett. Contexte de la manufacture : Mobilier national.

Voir ce monde de laine, de soie et de couleurs

Ces œuvres conservées au Metropolitan Museum of Art permettent d’imaginer le raffinement de la manufacture. Elles illustrent l’univers professionnel de la branche ; leur réalisation n’est pas attribuée ici aux Bessin ou aux Linger.

Une autre porte s’ouvre : les fleurs de Redouté

Marie-Joseph Bessin, fils de Jean-Charles, passe de la tapisserie à la gravure botanique dans l’entourage de Pierre-Joseph Redouté. Sa fille Rosine Antoinette devient peintre de fleurs. En 1858, un incendie rue de Seine emporte les œuvres qu’elle conservait et sa médaille d’or. Une recherche sur les tapissiers mène ainsi à des artistes, à un atelier partagé et à un drame parisien.

Luc Menapace et Aliénor Samuel-Hervé, Nouvelles de l’estampe, 2024 : étude fondée sur les archives de cette famille.

Le tapissier aux trois pistes

Jean-Marc Bessin, tapissier du Roi aux Gobelins, signe aussi « Bessein ». Mais qui sont ses parents ? La note de recherche fait dialoguer trois pistes : les Bessin imprimeurs-libraires de Paris, des familles rurales du Bessin normand autour de Saint-Pierre-du-Fresne, ou une autre famille homonyme.

Lecture du récit : environ 1 minute

Aucun raccord n’est encore démontré. Une signature ou un nom rare oriente l’enquête ; seul le croisement des actes permettra de relier le tapissier à une génération antérieure. Une belle histoire de métier peut ainsi commencer par une énigme de filiation.

Sources et repères. Note Bessin – Fresne – Paris, 1588–1731, v3. Les origines parisiennes ou normandes du tapissier restent des hypothèses.

Pourquoi ce dossier me regarde

Jean-Marc Bessin et Nicole Marguerite Linger occupent chacun une place à la neuvième génération de mon côté maternel. Les suivre permet de comprendre comment la branche arrive ensuite dans les ateliers parisiens.

Retrouver l’origine d’une branche →

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Pourquoi ce dossier me regarde

Madeleine Reine Bessin appartient à mon ascendance maternelle. Les métiers de sa famille relient mon arbre aux ateliers, aux œuvres et aux lieux que je peux encore documenter.

Du dossier à l’écriture. Mes recherches familiales accompagnent mon travail de romancier. Retrouver mes textes à l’Araignée Bleue.

Raconter une famille d’artisans →

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04 / La grande histoire entre dans la famille

Bertin : un ministre, la Chine et une querelle familiale.

Lecture du récit : environ 1 minute

Henri-Léonard Bertin, portrait par Alexandre Roslin, 1768. Reproduction de l’œuvre, domaine public.

La branche Bertin de mon arbre rejoint la famille du ministre Henri-Léonard Bertin (1720–1792). Dans la filiation figurent notamment Marie de Bertin et les familles du Périgord auxquelles elle s’allie.

Bertin devient contrôleur général des finances sous Louis XV. Curieux de la Chine, il entretient une correspondance qui fait circuler connaissances et objets. Pourtant, sa famille a aussi son versant sombre : un conflit autour de l’héritage, et un frère aîné détenu à la Bastille pendant de longues années.

Un portrait de ministre peut donc conduire beaucoup plus loin qu’une liste de fonctions : vers les ambitions, les rivalités et les curiosités d’une époque. C’est ce passage du nom au personnage qui donne à l’enquête sa saveur.

Branche familiale : arbre emmett, notamment Marie de Bertin, Sosa 911. Biographie du ministre : Institut national d’histoire de l’art.

Pourquoi ce dossier me regarde

Le lien familial passe par Marie de Bertin, dans mon ascendance maternelle. Le ministre appartient au contexte de cette famille : je distingue sa biographie de la filiation qui conduit jusqu’à moi.

Éclaircir une parenté célèbre →

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05 / S’approprier les lieux

Une rue devient familière. Un château prend un nom.

Lecture du récit : environ 2 minutes

La rue Vandrezanne, les Gobelins, Eyliac… Une fois les alliances retrouvées, on regarde autrement une plaque de rue, une façade ou l’église d’un village. L’arbre peut aussi se parcourir à pied.

La rue Vandrezanne à Paris, photographiée en 2024. Chabe01 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Rue Vandrezanne : l’alliance Bessin donne un visage au quartier

Le nom Vandrezanne ne se réduit plus pour moi à une rue du XIIIe arrondissement : il rappelle une alliance avec les Bessin et le Paris des tapissiers. Les lieux d’aujourd’hui deviennent des points d’entrée dans les vies d’hier.

Un dépouillement d’acte daté du 30 avril 1788 fait apparaître François Toussaint Vandrezanne, tapissier aux Gobelins, déjà décédé, et sa veuve Madeleine Hélène Bessin, nommée tutrice. Trois enfants sont cités : Jean Ange, six ans, Jacques François, quatre ans, et André Toussaint, encore nourrisson.

Au-delà de l’alliance, l’acte montre une famille qui doit continuer à vivre. Pour prolonger l’enquête, on rapproche ces noms des adresses anciennes et des plans du quartier. On peut alors partir de la rue Vandrezanne et poursuivre vers les Gobelins, les yeux ouverts sur cette mémoire.

Familles parisiennes, entrée François Toussaint Vandrezanne, dépouillement de tutelle du 30 avril 1788. La photographie montre la rue actuelle, pas le domicile identifié de ce couple.

Le château d’Eyliac, vue du sud-est en 2010. Père Igor / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Images affichées sans recadrage.

Eyliac : les Girard de Langlade sortent des registres

Dans mon arbre, les Girard de Langlade nous conduisent à Eyliac. Marguerite Girard de Langlade y naît en 1759 ; sa mère est Marie de Bertin. Sa fille Françoise de Langlade y naît à son tour en 1783. Les alliances se replacent dans un paysage.

Le château d’Eyliac, lié à la famille Girard de Langlade, donne un relief nouveau à ces noms. Deux membres de cette famille, Raymond et Jean, ont été maires de Périgueux. Registres, fonctions publiques, demeure et village commencent à dialoguer.

L’émotion vient de cette rencontre : reconnaître dans un lieu réel le nom lu la veille dans un acte. Le château est une propriété privée ; le récit invite à découvrir son histoire et le village, depuis les espaces publics.

Arbre emmett : Sosa 227, 455 et 911. Notice historique du château et références à Guy Penaud.

Pourquoi ce dossier me regarde

Eyliac et la rue Vandrezanne donnent des lieux précis à mon ascendance maternelle. Je peux rapprocher une adresse, une alliance et une génération, sans demander au paysage de prouver une filiation.

Retrouver les lieux d’une famille →

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Puytaurac / Puytorac · Eyliac · 8 octobre 1810

Eyliac, 1810 : le marié écrit son nom autrement.

Lecture : environ 2 minutes

Le 8 octobre 1810, un mariage est enregistré à Eyliac sous le numéro 59. Dans le corps de l’acte, le patronyme est écrit « Puytaurac ». Au bas de la page, le marié signe « Bernard-Puytorac ». Deux graphies se trouvent donc réunies sur une seule pièce.

On pourrait être tenté de corriger immédiatement la première par la seconde. Il est plus utile de conserver les deux. Le texte renseigne sur la forme employée par le rédacteur ; la signature montre celle qu’utilise le marié ce jour-là. Leur différence est une information pour la recherche, pas une raison de supprimer une variante de l’index familial.

Le père du marié est absent. Une procuration permet à l’oncle Bernard Puytaurac, prêtre, de le représenter. L’acte fait ainsi apparaître plusieurs positions qu’il faut garder distinctes : celui qui se marie, celui dont le consentement est représenté et celui qui intervient en vertu du pouvoir reçu.

Pour retrouver cette famille dans d’autres registres, je conserve Puytorac et Puytaurac parmi les graphies de recherche. Une signature ne fixe pas rétroactivement l’orthographe des générations précédentes. Elle offre mieux qu’une règle générale : une trace située, datée et attribuée. C’est à cette échelle que la pièce enrichit l’histoire d’Eyliac.

La pièce — sources et repères. Archives départementales de la Dordogne, état civil d’Eyliac, mariage du 8 octobre 1810, acte n° 59 ; lecture conservée dans le dossier familial.

Pourquoi ce dossier me regarde

Je suis notaire : la signature et la procuration font partie de ma pratique. Ici, ces deux éléments éclairent un acte de mon propre dossier familial.

Du dossier à l’écriture. Mes recherches familiales accompagnent mon travail de romancier. Retrouver mes textes à l’Araignée Bleue.

Déchiffrer les variantes d’un nom →

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06 / Une surprise dans le Perche

Françoise Dumans, fille d’une cabaretière et d’un écuyer.

Lecture du récit : environ 1 minute

Le carnet de filiation

  1. Jacques de LancéSon père · né en 1645 · écuyer, sieur de la Morelière · Sosa 2674
  2. Françoise DumansSa mère · née en 1673 · cabaretière · Sosa 2675
  3. Leur fille Françoise DumansNée le 1er mars 1713 au Gault-Perche · Sosa 1337

Son nom ne laisse pas deviner toute son histoire. Françoise Dumans, née en 1713, a pour père Jacques de Lancé, noble qualifié d’écuyer, et pour mère une cabaretière qui porte le même prénom qu’elle. Deux mondes se rencontrent dans une même filiation.

Jacques est qualifié de sieur de la Morelière ; son frère François porte la qualité de sieur de Monsoreau. Les variantes Lancé, Lance, Lanse et Lancey sont conservées comme formes de recherche.

Françoise épouse d’abord Étienne Paulin en 1733, puis René Masnier, bordager, en 1735. Elle meurt au Poislay en 1780. L’enquête nous emmène ainsi des qualifications d’un écuyer à la vie des campagnes du Perche.

C’est une belle leçon de généalogie : suivre seulement un patronyme ferait perdre une partie du récit. Les femmes, les remariages et les métiers déplacent le regard. Une lignée que l’on croyait connaître peut soudain ouvrir une porte inattendue.

Repères et filiation : arbre emmett, Sosa 1337, 2674 et 2675.

Pourquoi ce dossier me regarde

Françoise Dumans se trouve à la dixième génération de mon côté paternel. Son dossier rejoint mon métier par la lecture des qualités, des alliances et des actes qui identifient les personnes.

Faire lire une filiation ancienne →

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07 / D’autres silhouettes au détour des actes

Il reste encore des portes à ouvrir.

Un chirurgien dans le Quercy

Pierre Lanoue, maître chirurgien à Martel et Cuzance, apparaît dans l’arbre. Son métier invite à chercher ses actes, son entourage et la place qu’il occupait dans son village.

Arbre emmett · Sosa 1550.

Un libraire à Rennes

Jan Bohuon, né en 1582, est libraire. Quand on aime écrire et lire, retrouver un métier du livre dans sa famille donne envie d’aller voir ce qui se cachait derrière sa boutique.

Arbre emmett · Sosa 15238.

Un patron de barque à Toulon

Antoine Doumet, patron de barque, ouvre une piste maritime. Où travaillait-il ? Avec qui ? Chaque métier suggère d’autres archives et de nouvelles questions.

Arbre emmett · Sosa 17816.

Et dans votre famille ? Un métier oublié, une alliance, un changement de pays ou une maison peuvent suffire à lancer le récit. Vous n’avez pas besoin d’un ancêtre célèbre pour avoir une histoire qui mérite d’être retrouvée.

Cambrésis / Le dossier Olivier Farez

Capitaine de cavalerie. Et laboureur.

Lecture du récit : environ 1 minute

Château d’Esnes. Un repère dans la seigneurie administrée par Olivier Farez. Photographie d’AnnabelleHtn, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Olivier Farez · 1560–1633

Son nom s’écrit Farez dans mon arbre. Entre Walincourt-Selvigny et Fontaine-au-Pire, cet homme cumule des fonctions que l’on séparerait volontiers aujourd’hui : capitaine de cavalerie, laboureur de Selvigny, censier de Bezin et dîmeur de Saint-Géry.

En 1615 et en 1619, il est aussi bailli de la seigneurie d’Esnes. Le château devient alors plus qu’une silhouette : il situe le monde dans lequel cet ancêtre exerce ses fonctions. Sa charge de bailli ne signifie pas qu’il en était propriétaire.

Le personnage donne envie de rouvrir les pièces : à quels moments prend-il les armes ? Quelles terres exploite-t-il ? Pour qui perçoit-il des revenus ? Un seul ancêtre fait se rencontrer l’armée, les champs et l’administration seigneuriale.

Repères familiaux : arbre emmett, Sosa 40 642 ; Jeanne Farez, sa fille, Sosa 20 321.

Pourquoi ce dossier me regarde

Olivier Farez occupe une place sur 32 768 à la quinzième génération de mon côté paternel. À cette profondeur, le lien se suit dans les documents ; il ne se mesure pas à une ressemblance ni à un pourcentage d’ADN.

Documenter une branche ancienne →

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Beauce / Le grain et les hommes

Les Huchet : une famille au rythme des moulins.

Lecture du récit : environ 1 minute

Moulin de Frouville-Pensier, à Ozoir-le-Breuil. Illustration du patrimoine meunier de la Beauce ; le moulin de naissance de Lucien est celui de Fromont. Photo Fab5669, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Les mots des actes font presque entendre le mécanisme : garçon meunier, puis meunier. Charles Désiré Huchet, né à Charray en 1869, exerce ce métier à plusieurs étapes de sa vie. En 1898, son fils Lucien naît au moulin Fromont, à La Ferté-Villeneuil.

La génération précédente est tout aussi vivante. Charles Ferdinand Huchet apparaît comme charretier, journalier, puis meunier-cultivateur. Les professions changent au fil des actes : suivre un homme oblige à suivre aussi ses emplois.

Lucien, lui, est ouvrier maraîcher en 1921 ; sa fille Yvonne naît à Chatou en 1926. Du grain aux cultures de la boucle de Seine, la branche change de paysage. C’est l’un des parcours de la rubrique Nos ancêtres bougeaient.

Repères familiaux : arbre emmett, Sosa 40, 20, 10 et 5.

Pourquoi ce dossier me regarde

Lucien Huchet est mon arrière-grand-père paternel. En suivant son père Charles Désiré et son grand-père Charles Ferdinand, je relie trois générations à leurs moulins, puis à Chatou.

Rechercher un métier dans votre arbre →

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Pays de France / Terres et alliances

Puiseux : retrouver les familles derrière les parcelles.

Lecture du récit : environ 2 minutes

Lefèvre, Glorian, Langlois, Gigaut

À Puiseux-en-France et dans les villages voisins, les noms se répondent sur plusieurs générations. Les Lefèvre et les Glorian reviennent à Puiseux ; les Langlois conduisent vers Fontenay-en-Parisis ; les Gigaut, vers Le Plessis-Gassot et Jagny-sous-Bois.

Le détail qui relie deux mondes : Jacques Louis Lefèvre, meunier originaire de Puiseux, épouse à Paris Madeleine Reine Bessin en 1778. La fille d’un tapissier des Gobelins entre ainsi dans la même histoire que les moulins et les familles du Pays de France.

Repères familiaux : arbre emmett, Sosa 214–215, 428, 856–857 et 1 712–1 715.

Terres et grands propriétaires : qui possédait quoi ?

Un village se raconte aussi par ses terres : les parcelles que l’on achète, les fermes que l’on prend à bail, les biens transmis par une alliance. Pour comprendre les grands propriétaires de Puiseux et des environs, les actes notariés et les documents fonciers prennent le relais des baptêmes et des mariages.

Dans cette branche, les professions déjà relevées — meunier, cribleur, bûcheron — dessinent des situations différentes. Les inventaires, ventes et partages permettent de mesurer un patrimoine et de suivre son évolution. C’est là que l’enquête peut transformer une simple adresse en véritable histoire de famille.

Pourquoi ce dossier me regarde

Cette histoire rejoint ma branche maternelle par Madeleine Reine Bessin. Le lieu donne un cadre aux actes, et les actes permettent de distinguer une présence familiale d’une simple rencontre de noms.

Replacer une famille dans son village →

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Boucle de Seine / Une histoire qui revient chez soi

Bertin à Chatou : la grande histoire, à deux pas de la famille.

Lecture du récit : environ 1 minute

Le Nymphée de Soufflot. Une construction voulue par Bertin, entre jardin d’agrément et circulation de l’eau. Photo Arrivetz, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Henri-Léonard Bertin devient seigneur de Chatou et de Montesson en 1762. Le ministre de Louis XV agrandit son domaine, s’intéresse aux cultures et commande à Soufflot un nymphée : une grotte monumentale qui participe aussi à la gestion des eaux du jardin.

Ce lieu me touche à une autre échelle. Mon père et ma grand-mère Yvonne sont nés à Chatou ; la génération de mon arrière-grand-mère Marguerite est elle aussi ancrée dans cette boucle de Seine. Avec Chatou et Montesson, le territoire du ministre recoupe une géographie toute familiale.

Retrouver Bertin change donc une promenade. Le nom sur une avenue, les colonnes d’un jardin, les armoiries de la ville deviennent des indices. La généalogie permet parfois de se réapproprier un lieu que l’on croyait déjà connaître.

Histoire du domaine : Ville de Chatou. Ancrage familial : arbre emmett, Sosa 2, 5 et 11.

Pourquoi ce dossier me regarde

Mon père et ma grand-mère sont nés à Chatou. Le récit de Bertin et celui de ma famille se rencontrent donc dans un lieu de mon histoire proche, sans que cette proximité crée à elle seule une parenté.

Retrouver les adresses de vos proches →

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Provence / Les robes et les terres

Boysson et d’Estienne : entrer dans la Provence du droit.

Lecture du récit : environ 2 minutes

Les Boysson, autour du Parlement de Provence

La piste familiale des Boysson ouvre le dossier des hommes de droit provençaux : les études, les offices, les alliances et les réseaux autour du Parlement. Les charges et les dates exactes sont essentielles pour reconnaître les bonnes personnes.

Une figure historique donne la mesure de ces trajectoires : Jacques Boysson. L’historien Noël Coulet le décrit issu d’une famille de paysans aisés de Roquebrune. Il étudie le droit à Aix, poursuit sa formation à Avignon, devient juge à Aix puis siège au conseil du roi. Le déplacement accompagne ici l’ascension sociale.

Repère historique : Noël Coulet, Le premier siècle de l’Université d’Aix, 2012, p. 167 et 170. Le rattachement précis de ces Boysson à ma branche et leurs charges parlementaires restent à documenter.

Les d’Estienne, de Lambesc à Toulon

Dans mon arbre, Amédée d’Estienne conduit à Guillaume, qualifié de noble de Provence et seigneur de Venelles, de Mimet et d’une partie de Lambesc. Une génération plus haut, Bérenguier d’Estienne apparaît comme viguier d’Arles en 1455.

Ces noms de terres sont des points de départ pour visiter autrement la Provence. On quitte la seule succession des prénoms pour regarder les alliances, les fonctions et les lieux où se construit la position d’une famille.

La noblesse devient alors une histoire concrète : administrer, se marier, transmettre, conserver une terre. Les femmes de la branche, comme Amédée, sont indispensables pour comprendre comment ces mondes entrent dans l’arbre.

Repères familiaux : arbre emmett, Sosa 71 583, 143 166 et 286 332.

Pourquoi ce dossier me regarde

Ces personnes se situent dans les générations anciennes de mon côté paternel. Mon travail consiste à rendre lisibles les liens et les fonctions mentionnés dans les sources, en distinguant une famille d’un simple nom partagé.

Examiner une ascendance ancienne →

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Perche / La porte des Sans-Avoir

Marie de Sansavoir, une femme à la charnière de deux histoires.

Lecture du récit : environ 2 minutes

Avant Françoise Dumans et son père écuyer, il y a Marie de Sansavoir, épouse de Louis de Lancé. Mon dossier Du manoir au cabaret relève leur contrat de mariage du 5 juillet 1635. De cette branche naît Jacques de Lancé, le père de Françoise en 1713.

De la Haute-Bichetière au Gault

Monsoreau, la Haute-Bichetière, la Morlière, puis le bourg du Gault : les terres citées dans les actes donnent du relief au récit. La recherche mène aussi vers les Sans-Avoir de Bourrique et leur réseau d’alliances avec les Gaudrion et les d’Allonville.

Un parrain, une veuve, une dot ou une parcelle peuvent faire avancer l’enquête. La place exacte de Marie dans la parentèle de Bourrique reste à établir : c’est la pièce qui manque entre une branche moderne et une histoire de maison beaucoup plus ancienne.

Un nom jusque dans les récits de croisade

L’histoire médiévale des Sans-Avoir fait apparaître des chevaliers, des terres et des personnages spectaculaires, dont Gautier Sans-Avoir, acteur de la croisade de 1096. Le nom invite au voyage, mais le récit familial garde sa juste portée.

Ces personnages appartiennent au dossier historique du nom. Ils ne deviennent des ascendants de Marie qu’une fois chaque génération raccordée. C’est précisément le genre d’énigme qui ferait sortir Sherlock Holmes de son fauteuil.

Histoire de la maison et variantes héraldiques : Étienne Pattou, Famille de Sans-Avoir. Filiation moderne : dossier familial Du manoir au cabaret, version 8.

Pourquoi ce dossier me regarde

Marie de Sansavoir est la mère de Jacques de Lancé, lui-même père de Françoise Dumans. Ce fil me ramène d’un dossier de maison ancienne à une femme née au Gault-Perche en 1713.

Relier les générations d’une branche →

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Bretagne / Trégor et pays voisins

Des familles, des manoirs et des noms de lieux qui persistent.

Lecture du récit : environ 1 minute

Plouaret, les Kermellec et la petite noblesse

Dans les branches anciennes de mon arbre figure Alain de Kermellec, écuyer, seigneur de Kermellec en Plouaret et de Kerjacob. Sa fille Anne donne une entrée dans ce monde de terres, de maisons et d’alliances du Trégor.

Les Cléauroux de Kergadiou conduisent vers Saint-Adrien, Kerauffret et Coascaradec. Guillaume y apparaît avec des titres seigneuriaux et une fonction de receveur. Pour comprendre ces familles, il faut rapprocher les personnes des lieux, et lire les actes au-delà du seul patronyme.

Repères familiaux : arbre emmett, Sosa 45 985, 45 986 et 91 970.

Lanrodec, Allineuc, puis d’autres horizons

Les Rolland, les Le Roux et les Henry font traverser les pays voisins du Trégor. Plus à l’est, les Lavocat, Priour, Chesneau, Cadet et Perrault ouvrent les dossiers de la Haute-Bretagne et de Rennes. Chacune de ces implantations a sa chronologie.

Une parenté bretonne peut ensuite se retrouver ailleurs : Louise Chesneau, née à Rennes, épouse Abel Mignon à Paris ; les Vargues et les Cadet relient Rennes à Alger. Le village d’origine est un chapitre de la vie, pas nécessairement son dernier décor.

Pourquoi ce dossier me regarde

Anne et Alain de Kermellec se placent du côté paternel de mon arbre. D’autres récits bretons, comme ceux des Lavocat et des Bohuon, appartiennent au côté maternel : une région contient plusieurs histoires familiales.

Distinguer vos branches bretonnes →

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Dizigny / Designé · Rennes · 1705–1721

1705 : il ne sait pas signer. 1713 : « Charledesigné ».

Lecture : environ 2 minutes

Le 3 novembre 1705, Charles Dizigny épouse Jeanne Noué. Au bas de l’acte, une précision retient la lecture : il ne sait pas signer. Huit ans plus tard, le 2 mai 1713, il se remarie avec Jacquette Renée Hervé. Cette fois, il laisse son nom : « Charledesigné ».

Entre ces deux mariages, les registres font varier le patronyme : Dizigny en 1705, Dysigny en 1707, Designe en 1710, Designé en 1713. Rechercher une seule orthographe ferait disparaître une partie de son histoire. Il faut conserver les graphies rencontrées et confronter, d’un acte à l’autre, les conjoints, les lieux et les événements.

Le changement de signature est lui aussi précis : une incapacité est déclarée en 1705, une signature est présente en 1713. Les deux pièces ne racontent ni un apprentissage, ni sa date, ni celui qui aurait enseigné à Charles. Elles montrent ce qu’il est possible d’attester à ces deux moments.

Le 30 mai 1721, Charles meurt dans sa maison rue Hue ; il est inhumé dans l’église. Le dossier rapproche également son origine normande du baptême de Charles Disigny, à La Chaise-Baudouin, le 18 décembre 1678. La tentation de transformer son nom en « de Signy » ajoute pourtant une autre histoire : aucune noblesse ne se déduit de cette découpe du patronyme.

La pièce — sources et repères. Archives de Rennes, registres GGStPS3 et GGStPS4 : mariages des 3 novembre 1705 et 2 mai 1713 ; dossier familial, décès du 30 mai 1721 et repère baptismal du 18 décembre 1678.

Pourquoi ce dossier me regarde

Je fais signer des actes chaque jour et j’écris des livres. Ici, la comparaison de deux actes donne toute sa place à un geste aussi familier : écrire son nom.

Du dossier à l’écriture. Mes recherches familiales accompagnent mon travail de romancier. Retrouver mes textes à l’Araignée Bleue.

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Les métiers / La mémoire des familles

Les notaires : des ancêtres qui ont aussi conservé les vies des autres.

Lecture du récit : environ 1 minute

Au moins cinq notaires dans les dossiers présentés ici : Gilles Bigot, Mathurin Poulle, César Pavy, Bernard Pavy et Arthur Marchant. Ce décompte concerne ces récits, sans prétendre recenser tout l’arbre.

Gilles Bigot

Dans les actes, il est laboureur en 1706, puis notaire et laboureur en 1716. La plume et la terre se rencontrent dans la même vie. Ce détail suffit à déplacer notre image d’un métier.

Repères familiaux : arbre emmett, Sosa 1 292.

Mathurin Poulle

À Torcé-en-Vallée, Mathurin Poulle, né en 1654, est notaire royal et sieur de la Vincenderie. Son dossier relie une fonction, une maison et les familles qui viennent passer leurs actes.

Repères familiaux : arbre emmett, Sosa 1 654.

César et Bernard Pavy

Dans les branches savoyardes, César Pavy et son fils Bernard sont notaires. Le mariage de Bernard à Aillon-le-Vieux en 1663 donne un repère dans les Bauges.

Repères familiaux : arbre emmett, Sosa 8 508 et 4 254.

Pour un notaire passionné de généalogie, ces rencontres ont une résonance particulière. Les contrats de mariage, inventaires et partages font apparaître les proches, les biens, les dettes, les outils et parfois les bibliothèques. Ils rendent aux ancêtres une vie matérielle.

Pourquoi ce dossier me regarde

Je ne suis pas le premier de mon arbre à tenir des minutes. Gilles Bigot, Mathurin Poulle, César et Bernard Pavy, ainsi qu’Arthur Marchant, donnent à ce métier une place concrète dans mon histoire familiale.

Explorer vos archives notariales →

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Le cabinet des blasons

Quand les lieux gardent la mémoire des familles.

Chatou, la mémoire de Bertin

La ville indique avoir choisi les armes du seigneur Bertin pour ses armoiries. Un signe public prolonge ainsi l’histoire du domaine.

Mimet, une terre de la branche d’Estienne

Le blason communal porte trois bandes d’or sur fond bleu. Mimet est l’un des lieux cités dans la branche provençale : son nom permet de prolonger l’arbre sur le terrain.

Blason communal de Mimet. Dessin Spax89, Wikimedia Commons, domaine public.

Les Sans-Avoir, des armes anciennes

Une croix fleuronnée d’argent sur fond rouge : cette variante des armes historiques figure dans le dossier héraldique des Sans-Avoir. Les sceaux et les armoriaux permettent de comparer les variantes.

Restitution schématique d’après le blasonnement cité par Étienne Pattou. Armes historiques du nom ; le raccord entre Marie et les branches médiévales reste à établir.

Un blason, comme un château, prend tout son sens avec sa légende : à qui appartenait-il, à quelle époque, et quel lien l’acte établit-il avec la branche ? C’est ce rapprochement qui transforme une belle image en découverte.

Une rubrique à part

Nos ancêtres bougeaient.

Ils quittaient un village pour un mariage, un métier, des études ou une autre vie. Certains traversaient quelques paroisses ; d’autres, la Méditerranée. Les départs racontent les familles autant que les racines.

Le répertoire / Toutes les branches

Les grandes branches

Choisissez une branche pour lire sa notice. Ce dessin est un index de navigation : les liens de parenté détaillés et les rangs de certitude se consultent dans l’arbre de travail.

Regairaz

Savoie · Toulon · Paris

Le nom Regairaz conduit ma branche des Déserts, en Savoie, à Toulon, puis à Paris. François Regairaz, né aux Déserts en 1857, épouse Célestine Michel à Toulon le 12 novembre 1885. Leur fils Marcel naît le 2 novembre 1886 ; la déclaration est reçue le 4.

Ces actes relient trois repères de ma ligne paternelle. Ils permettent de suivre une famille précise ; ils ne donnent pas une origine unique à toutes les personnes qui portent le nom Regairaz. Suivre le parcours de la branche.

La forme « dit Vuillerme » est associée dans l’arbre à certains porteurs, notamment Michel et Étienne. Elle reste attachée aux personnes identifiées : je ne l’ajoute pas automatiquement à tous les Regairaz.

Lien familialRang retenuRepère documentaire
François, né aux Déserts en 1857, époux de Célestine à Toulon en 1885ProuvéDossier familial : naissance de 1857 et mariage du 12 novembre 1885
François Regairaz et Célestine Michel → MarcelProuvéToulon, naissance de 1886, acte n° 1565 ; naissance le 2, déclaration le 4 novembre

Lire le mariage sans contrat et la naissance rue Bon-Pasteur →

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Regairaz / Regayraz. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Regairaz · Toulon · 1885–1886

Toulon, 12 novembre 1885, dix heures : le mariage sans contrat.

Lecture : environ 2 minutes

À dix heures, à la mairie de Toulon, François Regairaz épouse Célestine Michel. Il est employé de commerce et militaire de la réserve. Installé en ville depuis un mois, il arrivait de Paris, où les bans ont également été publiés. Sa mère, Sophie Monod, est décédée.

Autour des époux, les témoins viennent tous du côté de la mariée : André Michel, son frère, un beau-frère commissaire principal de la Marine, un cousin. Aucun témoin n’est présenté comme appartenant à la famille de François. Cette composition du groupe est un fait ; elle ne permet pas d’en déduire l’état des relations familiales.

Puis vient une déclaration décisive : il n’a pas été fait de contrat de mariage. Les notaires n’étaient pourtant pas loin. Le 10 octobre précédent, le même jour, deux études, à Chambéry et à Toulon, avaient reçu les consentements des pères. Le consentement à l’union et le contrat réglant les intérêts des époux sont deux actes différents.

Le 2 novembre 1886, Marcel naît au 37, rue Bon-Pasteur, chez les Michel. La déclaration est reçue le 4 : ces deux dates correspondent à deux événements. C’est la sage-femme qui déclare l’enfant ; le père est mentionné « absent ». L’acte établit la naissance et la filiation. Il ne donne pas la cause de cette absence.

La pièce — sources et repères. État civil de Toulon : mariage du 12 novembre 1885, dix heures ; naissance de Marcel, acte n° 1565, 1886. Repères et lecture des actes : dossier familial Regairaz.

Pourquoi ce dossier me regarde

Je porte ce nom et je suis notaire. Le mariage par lequel il est arrivé jusqu’à moi s’est passé de contrat.

Du dossier à l’écriture. Mes recherches familiales accompagnent mon travail de romancier. Retrouver mes textes à l’Araignée Bleue.

Reconstituer une histoire familiale →

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Michel et Galano

Toulon, Cetara, Alger

Toulon, Cetara et Alger sont des points de rencontre des branches Michel et Galano. Suivre les routes méditerranéennes et ouvrir les dossiers provençaux.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Michel / Galano / Autuori. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Les Huchet de Beauce

Beauce, Perche et boucle de Seine

Les Huchet sont liés aux moulins de Beauce. Avec Lucien, né au moulin Fromont, la branche rejoint Chatou. Lire le récit des meuniers et suivre leur déplacement.

Cette lignée de meuniers est présentée séparément du couple rennais Jean Hervé et Nicole Huchet, rencontré à Cesson en 1673. Une ressemblance de patronymes ne suffit pas à réunir les deux branches.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Huchet. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Mignon

La branche Mignon relie le Périgord, la région bordelaise et l’univers de la gravure. Abel Mignon, Sosa 28, y occupe une place singulière : ses œuvres permettent de prolonger la lecture des actes par une rencontre avec son travail.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Mignon. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Rolland

Lanrodec, Allineuc

Lanrodec et Allineuc sont des repères de la branche Rolland. Les familles bretonnes conduisent aussi vers Plouaret et les Kermellec. Explorer le Trégor et les pays voisins.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Rolland. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Vargues

Gourdon, Lot

Avec les Vargues, les actes relient Gourdon, Le Lude, Nantes, Rennes et Alger au fil des générations. Lire cette histoire de migrations.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Vargues. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Parent et Boniface

Cambrésis

Le Cambrésis est une entrée vers les Parent et les Boniface, mais aussi vers Olivier Farez, capitaine, laboureur et bailli d’Esnes. Ouvrir son dossier.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Parent / Boniface. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

de Lancé et Sans-Avoir

Perche

Françoise Dumans, son père Jacques de Lancé et Marie de Sansavoir relient le cabaret, les terres et la noblesse du Perche. Françoise et son père · Le dossier Sans-Avoir.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Lancé / Lance / Lanse ; Sansavoir / Sans-Avoir. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Bessin et Linger

Nicole Marguerite Linger, Jean-Marc Bessin et leur fils Jean-Charles nous conduisent au Paris des Gobelins. Cette branche associe origines flamandes, métier de lissier et alliances entre familles d’artisans.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Bessin / Bessein ; Linger / Lingée / Lingé / Lingué. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Chesneau

Rennes, Paris et Fontainebleau

Louise Chesneau, née à Rennes, épouse Abel Mignon à Paris. Cette branche montre comment une alliance peut changer le centre de gravité d’une famille. Les départs de Bretagne · Abel Mignon.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Chesneau. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Lavocat et Priour

Acigné, Melesse

Autour de Rennes, les Lavocat, Duvivier et Priour font se rencontrer les métiers des moulins et les départs vers l’Amérique. Entrer dans le récit illustré →

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Lavocat / L’Avocat ; Priour / Priou. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Chabran

Manosque

Les documents Chabran, Chavrier et Vergier ouvrent une enquête à Manosque et dans ses environs. Des dates incompatibles et un prénom divergent invitent à reprendre les actes. Découvrir l’énigme →

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Chabran / Chabrand. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Raynaud

Aillon-le-Vieux

Aillon-le-Vieux situe cette branche savoyarde. La recherche s’attache aux personnes et aux documents, avec une attention constante aux homonymes.

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Raynaud. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

Marchant de la Lande

Maure-de-Bretagne

Arthur Marchant et Jeanne Guischart donnent un visage aux recherches dans le pays de Maure et de Carentoir. Le testament de 1643 conserve un moment de vie précis. Dans la salle basse d’Arthur Marchant →

Vous portez ce nom ? Formes à rechercher : Marchant. Comparons nos branches, à partir d’un lieu et d’un ancêtre identifié.

La recherche continue

L’étonnement, avec les sources à portée de main

L’arbre se précise au fil des découvertes. Les références des actes, les variantes des noms et les questions encore ouvertes en font un document vivant.

Ces récits présentent des personnes, des alliances et des lieux de mon histoire familiale. Les filiations détaillées se consultent dans l’arbre de travail ; les notices historiques et les œuvres sont reliées à leurs sources.

La même attention accompagne vos recherches : comprendre qui sont les personnes, comment les liens s’établissent et ce que les documents permettent de raconter.

La recherche continue

Qui est mon Sosa ?

Un numéro, une génération, un chemin de parenté. Le point de départ — Sosa 1 — est la personne dont on construit l’arbre.

Saisissez un entier positif. Les espaces de séparation sont acceptées.

Le résultat apparaîtra ici.

Le calcul est réalisé dans votre navigateur ; le numéro saisi n’est ni enregistré ni envoyé par cet outil.

Part d’arbre et part d’ADN : deux repères différents

Une personne à la génération g occupe une place sur 2g. Un même ancêtre peut occuper plusieurs places : c’est l’implexe. La fraction indique une position généalogique, pas une part d’ADN mesurée.

Les mentions de transmission donnent un ordre de grandeur pour l’ADN autosomal : quasi certaine jusqu’à la 7e génération, très probable à la 8e, probable à la 9e, environ une chance sur deux à la 10e, peu probable à la 11e, très peu probable au-delà. Elles ne prédisent pas le résultat d’un test individuel.

Repères inspirés des modèles présentés par le généticien Graham Coop.

Parcourir les histoires de famille

Index des patronymes · Index chronologique

Entrer par un nom

Entrer par une époque

  1. Chabrand · Manosque · XVIe siècle et générations suivantes
  2. Arthur Marchant et Jeanne Guischart · Maure-de-Bretagne · 1643
  3. Lancé · Gault-Perche et Arville · 1694–1713
  4. Nicole Huchet · Rennes · 1698–1705
  5. Charles Disigny · Rennes · 1705–1713
  6. Bernard Pavy et Breton d’Allèves · Aillon-le-Vieux · vers 1647–1727
  7. Marie Charles Lingée et Bernard de Jussieu · Paris · 1730
  8. Les Déserts · 1561, 1738 et 1740 · archives de la vallée
  9. Jean-Marc et Jean-Charles Bessin · Paris, Gobelins · XVIIIe siècle
  10. Autuori et Annarumma · Cetara · 1754
  11. Girard de Langlade · Eyliac · 1775
  12. Julien Gouverneur · décembre 1781 · papiers sous scellés
  13. Madeleine Ange Delaunay · Paris, Salpêtrière · Directoire
  14. Marie Joseph et Rosine-Antoinette Bessin · Paris · 1765–1897
  15. Jean-François Lavocat · Acigné et Rennes · 1829–1862
  16. Mignon · Périgord et Paris · XIXe siècle
  17. Regairaz, Monod et Roux · Les Déserts · septembre 1867
  18. François et Marcel Regairaz · Toulon · 1885–1886
  19. Anna Natalie Galano · Cetara et Alger · 1896
  20. Barnabé Regairaz · Buenos Aires et Les Déserts · vers 1831–1901

Autres dossiers de branche

Ce que la famille racontait

Les traditions font partie de l’histoire familiale. Voici les conclusions des dossiers, avec les raisons de la réfutation lorsqu’elles sont relevées.

Réfuté

Bleyn et les ducs de Bourgogne

Le greffon faisait remonter la famille aux ducs de Bourgogne.

Ce que le dossier établit

Julien Bleyn est né neuf ans après la mort de son père supposé. Cette incompatibilité chronologique exclut la filiation proposée.

Source : dossier de recherche de Fabian Regairaz, Bleyn et les ducs de Bourgogne.

Filiation noble réfutée

Le Bel de la Gavouyère

Le récit familial rattachait cette branche aux Le Bel de la Gavouyère.

Ce que le dossier établit

La filiation noble est réfutée dans le dossier. Louise Le Bel demeure la fille du greffier de l’officialité de Rennes ; cette qualité ne crée aucun lien avec la branche noble.

Source : dossier de recherche de Fabian Regairaz, Le Bel de la Gavouyère.

Réfuté · faux de la collection Courtois

Le croisé Freslon de Mansourah

Un Freslon aurait trouvé la mort à Mansourah en 1250.

Ce que le dossier établit

La pièce invoquée appartient aux faux de la collection Courtois. Elle ne fonde pas cette histoire de croisé. Les armes attestées des Freslon restent documentées séparément dans l’armorial.

Source : dossier de recherche de Fabian Regairaz, Le croisé Freslon de Mansourah.

Non établi

Le rattachement aux de Signy nobles

La proximité des noms rapprochait Charles Disigny des de Signy nobles.

Ce que le dossier établit

Tous les marqueurs du dossier sont négatifs. La signature « Charledesigné » en 1713 documente l’écriture de Charles, sans établir ce rattachement.

Source : dossier de recherche de Fabian Regairaz, Le rattachement aux de Signy nobles.

Non établi

Le rattachement aux Huchet nobles

Le patronyme Huchet ouvrait la perspective d’un rattachement à une famille noble.

Ce que le dossier établit

Le rattachement n’est pas établi. Les seize générations documentées des Huchet de Beauce conservent toute leur place dans l’arbre, indépendamment de cette tradition.

Source : dossier de recherche de Fabian Regairaz, Le rattachement aux Huchet nobles.

En quarantaine

Les profondeurs médiévales provençales

Certaines remontées prolongeaient les branches provençales dans le Moyen Âge.

Ce que le dossier établit

Ces profondeurs restent en quarantaine, conformément au classement du dossier familial. Elles ne sont pas présentées comme une ascendance établie.

Source : dossier de recherche de Fabian Regairaz, Les profondeurs médiévales provençales.

Le cabinet des blasons

Les armes et leurs références

Restitutions vectorielles modernes des blasonnements cités. Ces dessins ne reproduisent pas les sceaux originaux.

Louail

Écartelé : aux 1 et 4, d’argent à trois têtes de taureau de sable, de front ; aux 2 et 3, d’azur à trois channes d’or.
Source : Rosmorduc, La noblesse de Bretagne, 1896, tome I, p. 377–386, note 3 : preuves de Saint-Cyr de Mariane Louail, 22 mai 1715.

du Tronchay

D’azur à trois channes d’or.
Source : Même référence : Rosmorduc, tome I, p. 377–386, note 3, preuves de Saint-Cyr du 22 mai 1715.

Freslon

D’argent à la fasce de gueules, accompagnée de six ancolies d’azur, trois en chef et trois en pointe. Devise : « Il a la main droite et juste ».
Source : BnF, Manuscrits, Français 32133, fos 143–144, n° 69 ; preuves de Saint-Cyr de Toussainte Marie Freslon, 7 avril 1753. Transcription Loïc Le Marchant de Trigon, Tudchentil. Devise : dossier familial.

Eder

De gueules à la fasce d’argent, accompagnée de trois quintefeuilles de même. Devise : « Libertas ».
Source : Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890, tome I, entrée Eder ; sceau de 1435.

Sévigné

Écartelé de sable et d’argent.
Source : Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890, entrée Sévigné ; sceau de 1417.

Deux références supplémentaires relevées

Kersauzon. De gueules au fermail d’argent. Devise : « Pred eo, pred a vo ». Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890, tome II, entrée Kersauzon ou Kersauson.

Le Cardinal de Kernier. Coupé d’argent et de gueules, au lion de l’un en l’autre, qui est Cardinal ; écartelé d’argent au chef endenché de gueules, qui est Le Borgne. Devise : « L’âme et l’honneur ». Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890, tome I, entrée Cardinal (le), sieur de Kernier.

Le Roux de Coëtando (Coëtandoc). De gueules à deux molettes d’or en chef et un croissant de même en pointe. Source : Pol Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890, tome III, entrée Roux (le), sieur de Coëtando, paroisse de Plouagat. Restitution vectorielle moderne du blasonnement ; ce dessin n’est pas un sceau ancien.

Relevés de seconde main

À confirmer sur l’imprimé. Montgermont : losangé d’or et de gueules, à la fasce d’azur frettée d’argent. Beaucé : aigle de sable au bâton d’or brochant. Romelin : bande d’azur besantée d’or. Rabaud : trois poignards, à distinguer des armes Henry. Source : relevés du dossier familial. Ces descriptions restent textuelles.

Lancé

Armes non identifiées

des Loges de la Bichetière

Armes non identifiées

Beaurepère

Armes non identifiées

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