Histoire familiale de Fabian Regairaz · 4/8
Les Huchet : trois générations autour des moulins

Dans ce récit
L’histoire
Lucien, né au moulin Fromont
Mon arrière-grand-père Lucien Huchet naît en 1898 au moulin Fromont, à La Ferté-Villeneuil. Ce lieu est le premier repère. Une photographie d’un autre moulin peut évoquer le paysage beauceron ; elle ne représente pas pour autant la maison où il est né.
Son père, Charles Désiré Huchet, né à Charray, est présenté comme garçon meunier puis meunier. Son grand-père, Charles Ferdinand, apparaît successivement comme charretier, journalier et meunier-cultivateur. Trois générations, plusieurs qualifications : le vocabulaire des actes suit des situations professionnelles qui évoluent.
En 1921, Lucien est ouvrier maraîcher. Avec Marguerite Toulelan, née à Montesson, il forme le couple qui réunit dans ma famille les recherches de Beauce et de Bretagne nord. Le moulin appartient à son enfance ; la suite de sa vie emprunte un autre métier. Les conditions de ce changement restent à retrouver.
Dans le Perche, deux Françoise Dumans
Une autre difficulté attend le lecteur dans le dossier percheron. Françoise Dumans, née au Gault-Perche, est présentée comme fille de Jacques de Lancé et de Françoise Dumans, cabaretière. La mère et la fille portent le même nom et le même prénom. Il faut les suivre séparément, avec leurs conjoints et leurs dates.
Jacques est qualifié d’écuyer et de sieur de la Morelière. Sa fille forme ensuite ses propres unions ; l’un de ses conjoints est bordager. Les qualités et les métiers changent au fil du récit. Ils décrivent des personnes dans des actes précis, sans résumer à eux seuls leurs moyens d’existence.
Suivre les liens, conserver les différences
Les Megret de Binas et les Sans-Avoir ouvrent d’autres chemins. Les jonctions anciennes demandent à être suivies génération par génération. Le rapprochement des Huchet de Beauce avec des familles nobles homonymes demeure non établi dans les dossiers présentés. Les vies déjà retrouvées — charretier, journalier, meunier, maraîcher — donnent à cette branche sa matière propre.
Autour des meuniers, les autres métiers du village
Le livret D’où nous venons élargit le tableau aux Bigot et aux Bulet. Les qualifications changent d’un acte à l’autre : Gilles Bigot est relevé comme laboureur en 1706, puis notaire et laboureur en 1716. Le travail de la terre et celui de l’écrit peuvent donc se retrouver chez un même homme. Alexis Bulet apparaît comme garde au service de Mme de Dangeau en 1715 : une fonction locale qui mérite d’être suivie dans ses pièces.
Par sa fille Marie Émerance, domestique puis cultivatrice dans les relevés familiaux, ce dossier rejoint le parcours des Huchet. La Beauce n’est plus seulement un paysage de moulins : elle rassemble des fermes, du service domestique, des écritures notariales et une origine encore à retrouver.
Sources et repères de recherche
Compléments tirés du livret familial D’où nous venons, édition 2026, chapitre Beauce–Perche. L’hypothèse Dumazinelle reste distincte des professions et alliances relevées.
Du côté de Marie Colette
Lucien ne vient pas seulement des meuniers Huchet. Sa mère, Marie Colette Megret, est née en 1874 à Chantôme, dans la commune de Binas. L’arbre la relève comme domestique en 1893. Son père, Adolphe Adrien, apparaît successivement comme journalier, charretier, domestique puis marchand-mercier. Sa mère, Eugénie Flavie Savalle, est couturière et marchande mercière.
Ce couple introduit une autre activité dans le paysage des moulins : le commerce des menus objets et des étoffes que désigne la mercerie. Les qualifications ne décrivent pas la boutique, mais elles changent le regard porté sur la famille. Les parents de Marie Colette ne sont plus deux noms placés au-dessus d’elle. Leurs relevés suivent des travaux qui évoluent, parfois chez la même personne.
Du côté de Charles Désiré, Marie Émerance Dumazinelle est donnée domestique chez Narcisse Jacques Huchet en 1868, puis cultivatrice en 1899. Cette précision la replace dans une maison et dans un travail, avant son rôle de mère. Avec elle, le dossier Dumazinelle rejoint les Huchet ; l’hypothèse d’une enfance assistée concerne son père Aventin et reste étudiée séparément.
Le moulin de naissance n’est pas un destin
Charles Ferdinand, le grand-père de Lucien, est tour à tour charretier, journalier et meunier-cultivateur dans les relevés. Charles Désiré est garçon meunier, puis meunier. Lucien naît au moulin Fromont et devient ouvrier maraîcher. Les trois vies forment une continuité familiale ; les métiers dessinent, eux, des changements.
Le mariage avec Marguerite Toulelan conduit le récit vers Montesson et Chatou. Notre grand-mère Yvonne Marguerite Huchet naît à Chatou en 1926. Le moulin Fromont n’est plus alors le seul lieu qui compte : il appartient à l’enfance de son père, tandis qu’une nouvelle génération commence dans les environs de Paris. La branche beauceronne rejoint ainsi les autres routes de notre ascendance paternelle.
J’aime ce déplacement de la perspective. La famille n’est pas attachée à un métier comme à un blason. Elle travaille, change d’activité, rejoint d’autres foyers. Les femmes de la mercerie, du service domestique et des cultures y occupent autant de place que les hommes des moulins. Elles ont simplement laissé des mots moins attendus à côté de leurs noms.
De la farine aux jardins
Lucien emporte avec lui une enfance de moulin ; ses actes le retrouvent au travail dans les jardins. À ses côtés, Marguerite ouvre un autre pays familial. Leur fille Yvonne deviendra notre grand-mère. C’est ainsi que la Beauce arrive jusqu’à Laurent et moi : par des vies qui ne sont pas restées immobiles devant leurs ailes de moulin.
Sources, filiations et pistes de recherche
Sources et questions ouvertes
Ce chapitre est une synthèse des dossiers familiaux cités ci-dessous. Les relevés et les témoignages y restent distingués des actes originaux.
Contexte : les outils et les qualifications
Le dossier nomme des charretiers, des journaliers, des meuniers, des cultivateurs et un ouvrier maraîcher. Ce vocabulaire indique des situations qui peuvent changer au cours d’une vie. Il ne suffit pas d’appeler toute la branche une famille de meuniers : on perdrait les autres activités et les différences entre les générations.
Le moulin rattache le grain à un lieu de travail. Il appelle des questions sur les bâtiments, les mécanismes, les droits d’usage et les conditions d’exploitation. La naissance d’un enfant dans un moulin ne prouve ni la propriété de l’installation ni son futur métier.
Les repères et les questions ouvertes
Une qualification d’écuyer relevée dans un document mérite d’être conservée exactement. L’analyse de la noblesse juridique exige toutefois un dossier propre, avec ses preuves et leur contexte. Un nom territorial, une terre possédée, une qualité sociale et un statut juridique sont quatre informations différentes. La recherche ne gagne rien à les réunir sous un prestige indistinct.
Le rapprochement entre les Huchet de Beauce et des familles nobles homonymes demeure non établi dans les dossiers présentés. Il appartient au rang des traditions ou affirmations secondaires lorsqu’il circule sans démonstration. Les générations de travailleurs déjà identifiées n’ont pas besoin de ce raccord pour former une histoire.
Références des documents et dossiers
Cette page reprend les notices Huchet de Beauce et Lancé–Dumans, ainsi que les passages correspondants de Mon arbre. Elles désignent notamment la naissance de Charles Désiré à Charray, celle de Lucien à La Ferté-Villeneuil et une mention professionnelle de 1921.
Le dossier percheron cite le terrier d’Arville de 1694–1695 et des événements familiaux au Gault-Perche et au Poislay. Ces références proviennent des notices consultées ; aucune cote nouvelle n’est ajoutée et aucune relecture directe de ces originaux n’est revendiquée. Le dossier Megret et les jonctions Sans-Avoir restent à développer par leurs propres actes.
Comment lire les degrés de certitude
Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.
Poursuivre et comparer nos recherches
Vous êtes cousin, portez l’un de ces noms ou avez rencontré ces personnes dans un registre ? Comparons nos recherches, avec un lieu, une personne décédée et la référence de votre document. Une correction sourcée aide à faire avancer le dossier.
Branche partagée avec l’humoriste Chicandier.
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