D’où nous venons · Un livre de la famille
Despland
Les siècles retrouvés
Une signature, un joueur de luth, une maison à la Sirène — et six siècles de familles entre Paris, Sens et l’Yonne.

Ouverture
Une porte fermée
Il arrive qu’une généalogie tienne derrière une porte fermée. On possède le nom, le mariage, les enfants, parfois une signature. De l’autre côté, des siècles attendent. Claude Françoise Charlotte Despland a longtemps été cette porte. Elle avait la politesse de se montrer dans les actes et le mauvais goût d’y changer d’orthographe.
Desplan, Despland, Desplant, Desplantes ; puis de Torren, de Torrend, de Torrent. Les curés écrivaient, les notaires ordonnaient, les descendants essayaient de suivre. Il a fallu revenir aux personnes, à leur entourage, à leurs métiers et aux traces de leur propre main. Le travail a fini par ouvrir le passage vers son père, Pierre Desplas dit Beaulieu, joueur de luth à Paris, et vers les familles dont il était issu.
Derrière cette porte, il n’y avait pas un salon, mais une ville entière. Une boutique de drap à l’enseigne de la Sirène, rue Saint-Honoré. Des orfèvres nés sur le Pont au Change, quand le pont portait encore des maisons. Un chirurgien juré, un cordier de l’artillerie royale, un apothicaire, un rôtisseur. Des bouchers de la Grande Boucherie, au pied du Châtelet. Et, plus loin, à Sens et à Joigny, des marchands et des serviteurs des rois Valois.
Ce livre suit ma généalogie familiale validée à l’issue de mes recherches. Il remonte de Claude vers les familles médiévales, puis redescend de personne en personne jusqu’à moi.
Douze chapitres · Trois annexes
Entrer par une histoire.
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Le détail qui ouvre Paris · Pages 5 à 8
Une signature qui résistait.
Claude ne signe ni Torrent, ni Desplantes : elle signe Despland. Le nom laissé de sa propre main devient le point autour duquel les écritures des curés et des notaires peuvent se rassembler. À côté d’elle, un prénom prend une importance nouvelle : Louis.
Le livre rapproche cette présence du baptême d’un Louis, le 24 juin 1643, fils de Pierre Desplas dit Beaulieu et de Geneviève Daumont. Le regard quitte alors le seul patronyme pour suivre un entourage. Le musicien parisien, sa femme et leurs enfants prennent place derrière la demoiselle suivante d’Asnières.
Paris · Pages 17 à 37
Du luth à la maison de la Sirène.
Le père de Claude est joueur de luth et maître joueur d’instruments. Les extraits du fonds Laborde conservent les baptêmes de Marie, Magdeleine, Geneviève et Louis entre 1633 et 1643. Le 8 septembre 1633 est la date du baptême de sa fille Marie : Pierre est déjà adulte lorsqu’il apparaît dans cet acte.
Une génération plus haut, un autre Pierre est marchand drapier, époux de Marie Cheval. Le 22 décembre 1608, l’inventaire après décès de celle-ci ouvre la maison de la Sirène, rue Saint-Honoré. Leur fils est encore mineur. L’acte doit protéger ses droits ; quatre siècles plus tard, il nous rend une adresse et une famille.
Le commerce des étoffes et le métier de musicien ne se confondent pas. Ils se succèdent dans une même filiation. C’est en s’arrêtant sur les boutiques, les instruments et les actes que les noms deviennent des vies.
Paris, Joigny et Sens · Pages 38 à 60
Les siècles retrouvés.
Marie Cheval conduit aux Cheval et aux Marcès ; Marie Cochet, aux orfèvres et aux La Dehors. L’histoire passe du Pont au Change aux étaux de la Grande Boucherie, puis au Châtelet. Avec Isabelle Porcher, elle prend la route de Joigny et de Sens.
Les Porcher, les Voisines, les Chanteprime et les Dormans font entrer dans le récit le commerce et le service du roi au Moyen Âge. À Joigny, la statue d’Étienne Porcher donne à cette remontée une présence particulière. Le livre distingue ce visage identifié des œuvres choisies pour montrer un métier ou un lieu.
Il faut redire les noms des femmes : Geneviève Daumont, Marie Cheval, Marie Marcès, Marie Cochet, Jehanne de La Dehors, Isabelle Porcher, Jehanne de Chanteprime, Gillette de Dormans, Agnès de Voisines. Ce sont elles qui font passer l’histoire d’une maison à l’autre.
Le retour vers nous · Pages 61 à 65
De Claude jusqu’à moi.
La branche rejoint notre famille par Marie Angélique La Humière, épouse de François Gagneux. Puis viennent Jean Baptiste Gagneux, Reine Marguerite Gagneux, Madeleine Reine Bessin, Reine Élisabeth Lefevre, Adélaïde Cambray, Henri René Cadet, Gabrielle Cadet et Bernard Vargues, mon grand-père maternel.
Le chemin continue par notre mère jusqu’à mon frère Laurent, Chicandier, et moi. La lecture peut remonter vers les siècles anciens ; elle revient toujours à cette histoire que nous partageons.
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