Cetara · Italie · 1754 · XVIIIe siècle
Une maison, un enfant et un demi-bateau
À Cetara, un relevé fiscal de 1754 décrit le foyer de Carlo Autuori et Maddalena Annarumma. Une maison et une demi-part de barque donnent une place matérielle à cette famille. Les Autuori et les Galano sont les familles de mon ascendance maternelle ; le raccord précis avec ce foyer de 1754 reste à démontrer.

Dans ce récit
Où sommes-nous dans l’arbre ?
Anna Galano est mon arrière-grand-mère maternelle : trois générations me séparent d’elle. Elle est le point d’entrée connu de cette branche. Le raccord génération par génération jusqu’au foyer de Carlo Autuori reste à démontrer.
- Fabian et Laurent Regairaz, dit Chicandier
- Ma mère
- Huguette Louise Mignon · notre grand-mère maternelle
- Anna Galano · Sosa 15
Le récit
La moitié d’une barque : cette fraction de propriété arrête mon regard dans le relevé de Cetara. Elle donne un objet concret au foyer de Carlo Autuori et Maddalena Annarumma.
Comment retrouver une famille lorsqu’on souhaite connaître autre chose que les dates de ses naissances et de ses mariages ? À Cetara, le Catasto Onciario de 1754 ouvre une porte différente. Il décrit une maisonnée et ses ressources. Carlo Autuori y apparaît avec Maddalena Annarumma, leur enfant Giuseppe et son frère Pascale. Une maison et la moitié d’une barque donnent à ces noms une place matérielle dans le village.
Le détail du demi-bateau est le point de départ de ce récit. Il ne désigne pas une coque coupée en deux : il s’agit d’une part de propriété. Cette fraction fait entrer dans l’histoire familiale un objet de travail et une manière de le posséder. Elle permet de regarder Carlo autrement que comme un nom isolé dans une liste. Il appartient à un foyer dont le relevé fiscal conserve une description.
Nous sommes en 1754, à Cetara, sur la côte amalfitaine. Le document est un relevé fiscal, non un acte de naissance. Sa lecture répond donc à une autre question : qui compose le ménage et quels biens sont portés à son compte ? Les liens familiaux se lisent à travers la présentation des personnes, tandis que les ressources donnent au foyer une épaisseur que l’arbre ne peut montrer seul.
Carlo Autuori et Maddalena Annarumma sont réunis avec leur petit Giuseppe. Pascale, frère de Carlo, figure également dans la maisonnée. Je conserve la composition relevée : le foyer ne se réduit pas au seul couple avec enfant. La présence du frère est un fait de cohabitation documenté pour cette date. Elle place la parenté collatérale au cœur du tableau familial.
Le raccord de ce foyer à mon ascendance Autuori n’est pas établi par les pièces réunies. La nouvelle monographie permet de mieux situer les Autuori de Cetara, sans combler cette lacune. Plus tard, les branches Autuori et Galano de notre famille conduisent jusqu’à Alger, puis à Anna Galano, mon arrière-grand-mère maternelle. La nouvelle étude signale deux sœurs prénommées Anna, nées en 1896 et en 1898 : l’acte de mariage avec Marcel Mignon doit fixer laquelle est notre aïeule. Il faut cependant respecter les échelles du temps : le ménage de 1754 constitue un épisode de cette histoire longue, et non une description anticipée de la famille qui traversera la Méditerranée.
La maison est la première indication matérielle. Le dossier en relève l’existence ; il ne donne pas ici une identification permettant de reconnaître un bâtiment actuel. Une vue du village rend visible le site de Cetara, ses constructions et son rapport à la mer. Elle accompagne la lecture du document, mais la maison photographiée au hasard d’une rue ne saurait être désignée comme celle de Carlo.
La moitié de barque est la seconde indication. Le vocabulaire de la propriété introduit une précision que la seule mention d’un métier aurait laissée de côté. Il y a l’activité tournée vers la mer, puis il y a le bien détenu pour y prendre part. Le relevé met ces deux dimensions à portée du lecteur sans fournir, dans les éléments présentés, le nom de l’autre détenteur de la barque.
Cette fraction ouvre des questions concrètes : quelle était la valeur de la part, comment le bateau était-il utilisé, à qui appartenait l’autre moitié ? Les poser permet de comprendre la richesse de la pièce. Les réponses ne sont pas ajoutées au relevé. La copropriété mentionnée suffit à faire apparaître une économie familiale plus précise que l’image générale d’un village de pêcheurs.
Le petit Giuseppe donne au tableau son mouvement entre les générations. Le document le saisit comme enfant au sein de la maisonnée. En lisant un arbre, on rencontre souvent d’abord l’adulte, son mariage ou sa descendance. Ici, l’ordre se renverse : on le retrouve auprès de ses parents et de son oncle. C’est une autre manière de voir le même fil familial, à partir d’un moment de vie partagé.
Le contexte
Cetara se découvre aussi depuis la mer. La photographie de Miguel Hermoso Cuesta, prise en 2013, présente le village dans son paysage côtier. Son intérêt est géographique : elle aide à situer le lieu où le relevé a été dressé. Deux siècles et demi séparent cette vue du document de 1754. La légende conserve cette date moderne afin que l’image reste exactement ce qu’elle est.
Le métier maritime n’occupe pas toute l’histoire de la branche. Dans les générations suivantes, le dossier d’Anna Natalie fait apparaître des marins, une fileuse et une sage-femme. Le rapprochement des récits restitue ainsi plusieurs formes de travail. La mer est un cadre durable ; elle ne transforme pas toutes les personnes du foyer, ni toutes leurs descendantes, en pêcheurs exerçant une activité identique.
La source fiscale et les actes familiaux apportent des informations complémentaires. Les uns établissent des événements et des parentés ; l’autre décrit un ménage avec ses ressources. Les lire ensemble permet d’éviter un récit uniquement composé de départs et d’arrivées. Avant les migrations ultérieures, il y a cette implantation locale, un enfant, un frère présent et un bien partagé.
Quatre personnes sous un même toit
Il faut s’attarder sur cette petite assemblée. Carlo, Maddalena, Giuseppe, Pascale : le relevé nous les rend ensemble. L’enfant n’est pas encore devenu l’homme que recherchera un généalogiste ; le frère n’est pas repoussé dans une branche secondaire. Pour le rédacteur du document, ils appartiennent au même foyer. L’arbre, avec ses lignes bien ordonnées, les sépare. La maison les rassemble.
Cette différence change ma lecture. Je ne pars plus à la poursuite d’un ancêtre isolé. Je regarde une famille qui tient dans un lieu, avec ce qu’elle possède et les personnes qui l’entourent. Maddalena Annarumma apporte son propre nom à cet ensemble. Le petit Giuseppe porte les deux histoires de ses parents, même si une seule deviendra son patronyme. Pascale rappelle qu’une existence se construit aussi avec des frères, des oncles, des proches qui ne figurent pas sur la ligne directe.
Et puis il y a la maison. Dans un village accroché à son rivage, son inscription dans le relevé donne un point fixe à des hommes tournés vers la mer. On possède une part de bateau, mais on appartient aussi à une maisonnée. Le dossier fait tenir ensemble ces deux ancrages, sans nous obliger à choisir entre l’histoire des biens et celle des personnes.
Ce que raconte une moitié
Un bateau entier ferait une image plus commode. La moitié est plus intéressante. Elle introduit quelqu’un d’autre dans le récit : un copropriétaire dont nous ignorons le nom. Elle oblige à penser le travail comme une affaire de liens, d’accords et de ressources réunies. Le document ne donne pas les conditions de cette entente ; il en conserve la trace matérielle. La mer commence ici par une fraction inscrite sur du papier.
La monographie de Cetara permet ensuite de sortir de cette seule maison. Autuori, Galano, Annarumma, Benincasa, Forcellino : les patronymes se répondent à travers les alliances. Certains reviendront dans la branche d’Anna, notre arrière-grand-mère. D’autres restent des voisins du dossier. Ce réseau rend au village sa densité : derrière chaque nom se trouvent d’autres foyers, d’autres enfants et d’autres biens à partager.
Bien plus tard, Alger déplacera le centre de gravité de notre histoire. La traversée n’effacera pas Cetara ; elle ajoutera un rivage à la mémoire familiale. Avec Anna Galano et Marcel Mignon, les familles de la côte italienne rencontreront celles d’un graveur français. À cette échelle, la petite barque de 1754 semble immobile. Elle l’est seulement dans le document. Autour d’elle, la lecture a déjà commencé son voyage.

La barque reste au rivage
Je referme le relevé sur cette image modeste : quatre personnes, une maison, une part de bateau. Il manque encore une jonction pour faire entrer ce foyer dans notre ligne directe. Mais il a cessé d’être une silhouette anonyme du village. Carlo et Maddalena ont désormais leur place dans le paysage humain de Cetara, celui d’où partiront les Autuori et les Galano de notre famille. Parfois, une moitié de barque suffit à rendre tout un monde visible.
Sources, filiations et pistes de recherche
Ce que disent les actes et les sources
Le relevé familial décrit Carlo, Maddalena, Giuseppe et Pascale ; il mentionne une maison et une moitié de barque.
Déplier les références et les limites de la source
Sources. Catasto Onciario de Cetara, 1754 ; relevé familial Autuori–Annarumma.
Ces références reprennent le dossier familial publié sur ce site. Une référence de dossier ne remplace pas une cote d’archives lorsqu’elle n’est pas fournie.
Preuve, probable, hypothèse
Preuve ou relevé documenté
Le relevé familial décrit Carlo, Maddalena, Giuseppe et Pascale ; il mentionne une maison et une moitié de barque.
Probable
L’usage professionnel de la barque est cohérent avec le milieu maritime décrit ; les modalités d’exploitation ne sont pas données.
Hypothèse
L’identité du détenteur de l’autre moitié et l’emplacement actuel de la maison restent inconnus.
Ce qui reste à chercher
Le relevé présenté ne permet pas de restituer le plan de la maison, le visage de ses habitants ou l’apparence précise de la barque. Il ne donne pas davantage une journée de navigation. Ces absences déterminent le choix des illustrations : une vue documentée de Cetara et des repères géographiques accompagnent le texte ; aucune scène de famille ne vient prendre la place d’un document.
Je retiens finalement ce que cette page apporte de singulier à mon arbre. Un relevé décrit un foyer à rapprocher de notre branche ; ce foyer possède des biens ; l’un de ces biens n’appartient qu’en partie à la famille. La demi-barque est assez précise pour arrêter le regard et assez ouverte pour appeler d’autres pièces. Elle raconte une manière d’être au village et à la mer, avant que d’autres générations ne donnent à la Méditerranée une nouvelle place dans l’histoire familiale.
Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.