Fabian RegairazGénéalogie familialeL’Office notarial ↗
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Le livre de ma famille · Récit 22 / 38 · 3 min

La Humière et Despland : cinq cents livres et une maison ouverte

En 1701, François La Humière et son épouse préparent le mariage de leur fille Catherine. Ils promettent cinq cents livres et quatre années d’hébergement aux futurs époux. Derrière ces lignes de contrat, une famille prend forme : une maison qui reçoit, un capital que l’on transmet, deux parents qui organisent l’avenir.

FamillesLa Humière · Desplant / Despland · Torrent · Gagneux
Où ?Asnières-sous-Bois · Clamecy · Coulanges-sur-Yonne
Quand ?1672–1754

François, au service du baron d’Avrigny

François La Humière est présent à Asnières dès 1672 dans le rapport familial. Les baptêmes de 1677 et de 1682 le qualifient d’homme de chambre du baron d’Avrigny. En 1701, il est bourgeois demeurant à Asnières. Ces désignations racontent sa place dans une maison et dans un bourg ; elles rendent plus concret un homme dont les dates de naissance et de mort nous échappent.

Sa femme est nommée Claude Françoise Charlotte Desplant ou Despland dans les dossiers. Les baptêmes emploient aussi « de Torrent ». La signature du contrat paraît lire « Desplan ». Il faut suivre les mêmes proches et les mêmes événements à travers ces formes : un registre ancien n’est pas un annuaire à l’orthographe immuable.

Deux jumelles, puis Catherine

Le 28 septembre 1677 naissent Marie Angélique et Élisabeth Louise. Élisabeth Louise est inhumée le 18 octobre. La famille porte donc très vite un deuil, tandis que sa sœur grandit. Une autre fille, Marie Catherine, est baptisée en février 1682.

Marie Angélique épouse en 1695 François Gagneux, marchand de Coulanges-sur-Yonne. Catherine prépare en 1701 son union avec Pierre Coquille, marchand épicier à Clamecy. Ces deux mariages ouvrent les portes de deux foyers commerçants. Le service seigneurial du père rejoint les activités des gendres.

Marie Angélique, la route vers les Gobelins

François Gagneux est fils de Jean Gaigneux, marchand, et de Perrette ou Péronnelle Moreau. Avec Marie Angélique, il apparaît dans les dossiers de Coulanges, parmi des achats et des baux. La branche rejoint ensuite Jean ou Jean Baptiste Gagneux et Madeleine Bernarde Besson, puis leur fille Reine Marguerite, épouse de Jean Charles Bessin en 1754.

Le lecteur qui vient du chapitre des Gobelins reconnaît les noms : nous remontons maintenant le côté maternel de Reine Madeleine Bessin. C’est ainsi que la Bourgogne entre dans la maison du tapissier parisien, puis, beaucoup plus tard, dans celle de Louis Vargues et Gabrielle Cadet à Rennes.

Louis Vargues et Gabrielle Cadet
Louis Vargues et Gabrielle Cadet. Par Gabrielle, notre parcours rejoint les Bessin. Collection familiale ; fascicule de Robert Vargues, 2002.

Claude, présente jusqu’au bout

Claude est inhumée à Asnières le 19 janvier 1713. François assiste à la sépulture de son épouse. Le document n’offre pas un récit de leur vie conjugale ; il laisse ce fait simple : plus de quarante ans après les premières mentions du couple, ils appartiennent encore au même monde familial.

Je retiens de ce chapitre les quatre années d’hébergement. Les termes du contrat sont précis, presque secs. Ils ouvrent pourtant une porte : celle de la maison dans laquelle les parents acceptent de continuer à vivre avec leur fille mariée. Un livre de famille se construit aussi avec cette hospitalité écrite.

Sources et repères de famille

Pièces jointes : Arbres Bessin, Lingée, La Humière, Despland / Torrent et Examen des candidats La Humière–Despland–Torrent, 22 septembre 2026. Rapport David Descourtieux du 20 novembre 2024. Contrat Coquille–La Humière du 26 avril 1701 : AD Nièvre, 3 E 6/113, Christophe Frotier. Actes d’Asnières : AD Yonne, 4E20/E1 et E2. Bans Gagneux de Versailles : 22 juin 1732, 5MI167BIS.

Les bans nomment « Marianne d’Humière » : son identification à Marie Angélique est donnée comme probable dans le dossier. Les parents de François La Humière et ceux de Claude ne sont pas identifiés. L’examen des candidats exclut notamment les confusions avec François de Humière de Marck et Claudine Torrent, épouse Dufour ; aucun de ces couples n’est ajouté à la filiation.