Le livre de ma famille · Récit 21 / 38 · 3 min
Les Lingée : le cousin qui ouvre les portes de Paris
Le 27 août 1754, un homme est nommé dans le contrat de mariage de Jean Charles Bessin. Il s’appelle Marie Charles Lingée. Sa présence pourrait se perdre dans une liste de témoins, si le notaire n’ajoutait ces mots : « cousin germain maternel ». Une famille entière commence à se dessiner derrière cette précision.

Nicole Marguerite, au cœur du lien
Jean Charles Bessin est le fils de Jean Marc Bessin et de Nicole Marguerite Lingée. Le père et le fils travaillent comme tapissiers du Roi aux Gobelins. Nicole est morte avant le remariage de Jean Marc, en 1751. Son nom continue pourtant de relier les personnes présentes en 1754 : c’est par elle que passe le cousinage indiqué dans le contrat.
Pour mon frère Laurent, Chicandier, et moi, cette branche vient de Gabrielle Cadet, notre arrière-grand-mère. Les Cadet, Cambray et Lefèvre nous ramènent à Reine Madeleine Bessin, née en 1755, fille de Jean Charles. Il faut suivre plusieurs noms de femmes pour retrouver la parenté derrière les ateliers.
Le Jardin du Roi, une autre porte dans Paris
Le dossier de Jean Lingé, de Madeleine Laboureur et de leur fils Marie Charles nous conduit au Jardin du Roi. Un récit publié par Édouard Bonnet en 1910 relate un incident survenu en 1729 et attribue à Jean une fonction de surveillance. Le jardin, les ateliers et les maisons composent une géographie familiale plus vivante qu’une suite d’adresses.
Le scénario retenu dans les recherches place Jean et Nicole Marguerite comme frère et sœur. Il explique le cousinage de leurs fils. Marc Lingé et Marguerite Boucher sont les parents proposés dans la remontée du dossier. Le chapitre raconte ce cercle familial ; les notes indiquent les liens qui restent à confirmer.
Une maison où l’on connaît les étoffes
Pierre Lingé naît en juillet 1673. Son contrat de mariage de 1711 le qualifie de valet de chambre-tapissier de M. de Bercy. L’expression réunit le service d’une maison et un savoir-faire lié à son ameublement. Il ne faut pas y lire un simple domestique sans métier : la qualification professionnelle est inscrite dans le nom de sa fonction.
La piste Boucher nous mène, elle, à Pierre Boucher, brodeur de M. de Longueville, et à Catherine Aymée. Leur fille Anne Marguerite, baptisée en 1647, est rapprochée de Marguerite Boucher dans le dossier. Cette rencontre d’artisans du décor donne envie de poursuivre : la laine, la soie, la broderie et la tapisserie composent le vocabulaire de leurs maisons.
Des Flandres au nom parisien
L’origine flamande des Linger appartient à l’histoire transmise par la famille. Les variantes Linger, Lingé et Lingée accompagnent la recherche. Un Josse, ou Judocus, Linger apparaît comme père d’Adrian dans un baptême de 1635. Le raccorder à Marc est le prolongement proposé, pas une génération que le seul changement d’orthographe suffirait à établir.
Cette histoire de cousinage a une force particulière : une petite mention notariale relie deux foyers. Les grands tableaux montrent le prestige des ateliers. Le contrat dit qui, dans cette foule de noms, est venu comme parent.
Sources et repères de famille
Dossier joint Arbres Bessin, Lingée, La Humière, Despland / Torrent, 22 septembre 2026, p. 1–3 et 6–10. Contrat du 27 août 1754 : Archives nationales, MC/ET/XVII/819. Fiches Laborde citées : 4752, 60686, 66072. Édouard Bonnet, « Un incident au Jardin du Roi en 1729 », Bulletin du Muséum, XVI, 1910, p. 354–355.
Le cousinage de Marie Charles avec Jean Charles est explicitement attesté. Les places proposées pour Jean, Marc et Marguerite, l’identification d’Anne Marguerite Boucher et le raccord à Josse restent distingués dans le dossier. La tapisserie reproduite illustre la production des Gobelins ; elle n’est attribuée à aucun de ces ancêtres.
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De Chicandier et Fabian aux générations les plus anciennes, un récit à lire en famille.