Office · L’Araignée Bleue · Généalogie
Manosque · Provence · XVIe siècle et générations suivantes
De l’orfèvre au travailleur de terre
Le dossier Chabrand fait apparaître Nicolas puis André, orfèvres à Manosque au XVIe siècle. Damian devient orphelin et les générations suivantes travaillent la terre. Le changement de métier est le point de départ d’une enquête, sans cause sociale ou économique démontrée à ce stade.

Dans ce récit
Où sommes-nous dans l’arbre ?
Cette enquête appartient à ma branche Chabrand de Manosque. Le chemin de l’arbre passe par Célestine Michel et mène à Marie Chabran, née en 1697. Au-dessus de Marie, l’export donne Augustin, puis Claude Chabrand ; un autre relevé nomme Sauvaire à cette dernière place. Cette discordance limite la remontée vers Damian, André et Nicolas.
- Fabian et Laurent Regairaz, dit Chicandier
- notre père
- Jean Marcel Regairaz
- Marcel Regairaz
- Célestine Michel
- Jean Baptiste André Michel
- Pierre Noël Michel
- Laurent Joseph Michel
- Pierre Michel
- Marie Chabran
Le récit
Le mot « orfèvre » revient deux fois, puis disparaît de la suite du dossier. Nicolas Chabrand, puis André, l’ont porté au XVIe siècle à Manosque. Dans les générations suivantes, le travail de la terre prend leur place dans la notice familiale. Entre ces deux milieux, Damian devient orphelin. Ce sont peu de lignes, mais elles suffisent à empêcher une lecture trop simple de l’histoire de cette branche.
Je pourrais ne conserver que les noms et les ranger les uns sous les autres. L’arbre garderait alors sa continuité, tandis que les métiers sembleraient de simples annotations. Or ce sont précisément ces annotations qui donnent à la recherche sa question. Qu’est-ce qui change entre les orfèvres et ceux qui travaillent la terre ? Les documents résumés ne répondent pas encore. Le récit commence par ce déplacement du regard.
L’orfèvrerie évoque des objets, une matière travaillée et un savoir-faire. Mais la qualification professionnelle n’est pas un inventaire. Le dossier ne montre ici ni boutique, ni outils, ni pièce signée par Nicolas ou André. Je ne peux donc pas choisir un bijou ancien et le présenter comme leur ouvrage. Leur métier constitue un repère. La recherche de leurs conditions d’exercice appartient à la suite du travail documentaire.
Le nom de Damian introduit une rupture d’une autre nature. Il devient orphelin. Cette situation familiale mérite de rester visible à côté de la succession des professions, sans être transformée immédiatement en explication. Il faudrait connaître les dates, l’âge de l’enfant et les dispositions prises autour de lui pour raconter les effets de ce deuil. Ces indications ne sont pas développées dans la notice dont je pars.
Les trois générations suivantes retournent à la terre, selon le dossier familial. Cette formule demande elle aussi une lecture patiente. Elle ne permet pas de nommer des parcelles, d’évaluer une exploitation ou de décider si les personnes étaient propriétaires de ce qu’elles cultivaient. Elle signale un univers professionnel différent. Les termes exacts des actes restent nécessaires pour distinguer les situations à l’intérieur de ce même univers.
Le changement n’est donc pas raconté comme une chute. Il n’est pas davantage présenté comme un choix librement consenti dont je connaîtrais les raisons. Entre ces interprétations possibles, les pièces doivent prendre la parole. Un métier ne résume pas les ressources d’un foyer. Un deuil ne suffit pas à expliquer plusieurs générations. C’est précisément parce que ces raccourcis paraissent faciles que je laisse la question ouverte.
Manosque demeure le point d’ancrage de cette enquête. Le lieu relie les personnes dans le dossier, sans autoriser à attribuer à la famille une maison visible aujourd’hui. La carte de repérage situe le territoire ; le tableau des noms conserve les informations relevées. Ni l’un ni l’autre ne doit se substituer aux actes. Leur rôle est d’aider le lecteur à savoir où il se trouve et ce qu’il est en train de lire.
Je retiens finalement quatre fils : deux qualifications d’orfèvre, un orphelinage et plusieurs générations liées au travail de la terre. Les réunir rend la question lisible. La résoudre demandera de revenir aux pièces, de préciser les liens et de suivre les ressources autant que les noms. Le dossier reste une enquête familiale en cours, avec un point de départ concret et des limites écrites.
Le contexte
Le contexte disponible est d’abord celui d’une succession de métiers dans un même dossier familial. L’orfèvrerie et le travail de la terre renvoient à des savoir-faire et à des moyens de travail différents. Pour les décrire dans cette famille, les qualifications relevées doivent être rapprochées des actes qui les portent. Une même personne peut être désignée différemment selon la date et la nature du document.
Le travail de recherche consiste donc à distinguer les événements. La disparition des parents de Damian relève de l’histoire familiale. Les métiers des générations suivantes relèvent de leur activité. Une vente, un inventaire ou une disposition concernant un enfant pourrait apporter un élément de liaison, si une telle pièce est retrouvée. Leur recherche est une méthode possible, et non l’affirmation que ces documents sont déjà conservés dans le dossier.
Cette prudence permet d’éviter une histoire sociale fabriquée à partir de quelques mots. Les ressources, les biens, les dettes éventuelles et les solidarités familiales ne sont pas chiffrés ici. La page présente le cadre connu : Manosque, les Chabrand et une évolution des professions. Elle conserve la distinction entre le fait relevé, la question qu’il fait naître et l’explication encore absente. C’est à cette condition que le récit pourra s’enrichir sans déplacer ses certitudes.
Melchionne Bleyn fait entrer les marchands
Le relevé Chabran–Bleyne ouvre une fenêtre sur la première génération du dossier. Nicolas Chabran, orfèvre de Manosque, y épouse en 1554 Melchionne Bleyn, également appelée Marchionne. Son père, Jean Bleyn, est marchand. L’orfèvre ne se présente donc plus seul à son établi : une alliance le relie à une famille de commerce.
Jean a un frère Gabriel, lui aussi marchand, marié à Bonifacie Berthon, dite de Valensole. Un autre frère, Gaspard, est chanoine à Forcalquier. Le relevé nomme également Anthononne, épouse de Giraud Vial. Ces personnes restent dans la parentèle du dossier ancien ; elles rendent cependant visible un milieu qui circule entre Manosque, Valensole et Forcalquier. Le commerce et l’Église prennent place autour du travail de l’or.
La génération de leurs parents se termine avant le milieu du siècle : Julien Bleyn est donné mort avant 1542, Jeanne Lardeiret en 1542. Melchionne arrive ainsi avec une histoire propre, dont le mariage de 1554 n’est qu’un épisode. L’alliance Chabran–Bleyn mérite d’être racontée depuis les deux côtés. Sans elle, la succession des orfèvres ferait oublier la moitié des noms qui composent ce monde.
Les champs entrent dans les notices
Plus tard, l’export familial qualifie Augustin Chabrand de travailleur de terre. Il est né à Manosque en 1665 et y meurt en 1723. Son mariage avec Magdeleine Chabrier est donné au 7 août 1691. Ces repères forment une vie locale, avec une union et des enfants, longtemps après Nicolas et son alliance marchande.
Marie Chabran, née en 1697, appartient à la ligne qui conduit aux Michel. Le dossier la retrouve aux Milles, où elle meurt en 1783. À partir d’elle, le récit rejoint la famille provençale de Célestine, puis le mariage avec François Regairaz à Toulon. C’est ce chemin qui nous conduit vers Manosque, à Laurent et à moi. Au-dessus d’Augustin, la discordance Claude–Sauvaire demeure signalée ; elle n’empêche pas de regarder les foyers dont les repères sont déjà réunis.
La place Saint-Sauveur, sur une carte postale ancienne, permet enfin de poser les yeux sur une ville réelle. Elle est bien postérieure aux Chabrand du XVIe siècle. Mais son nom rappelle celui de la paroisse qui revient dans leurs relevés. Le paysage du dossier se précise : des mariages à Saint-Sauveur, des sépultures à Notre-Dame, puis la route des Milles. Les métiers ont changé ; les lieux rendent aux personnes leur continuité.
Ce qui passe d’une génération à l’autre
Je ne sais pas encore pourquoi l’orfèvrerie quitte cette suite de notices. Je sais qu’après elle les vies continuent : Damian, Augustin, Marie, puis les Michel et Célestine. La famille ne se transmet pas comme un atelier demeuré intact. Elle passe par d’autres travaux, d’autres alliances, d’autres villes. Dans ce dossier, la terre n’est pas la fin de l’histoire de l’or. Elle est le commencement d’autres existences.
Sources, filiations et pistes de recherche
Ce que disent les actes et les sources
La notice familiale relève Nicolas et André comme orfèvres, l’orphelinage de Damian et le retour à la terre des générations suivantes.
Déplier les références et les limites de la source
Sources. Dossier familial Chabrand de Manosque : Nicolas, André, Damian et les trois générations suivantes.
Ces références reprennent le dossier familial publié sur ce site. Une référence de dossier ne remplace pas une cote d’archives lorsqu’elle n’est pas fournie.
Preuve, probable, hypothèse
Preuve ou relevé documenté
La notice familiale relève Nicolas et André comme orfèvres, l’orphelinage de Damian et le retour à la terre des générations suivantes.
Probable
Le changement de métier indique des conditions de travail différentes ; il ne suffit pas à mesurer les ressources de chaque ménage.
Hypothèse
Le rôle de l’orphelinage dans ce changement professionnel reste à démontrer.
Claude ou Sauvaire : revenir au mariage
Les relevés Chabran Chavrier Manosque et Chabran Vergier (suite) placent Claude ou Sauvaire auprès de Madeleine Daumas et leur donnent le même mariage, le 7 mai 1663. L’acte doit départager les versions. Une autre incohérence attribue à Louise Escuyer une naissance en 1654, dix ans après celle de sa fille supposée. Ces dates ne doivent pas se transmettre telles quelles d’un arbre à l’autre.
Plus haut, le dossier Chabran Bleyne situe Nicolas Chabran et Melchionne Bleyn en 1554. Il fait entrer Jean Bleyn, marchand de Manosque, dans l’entourage des orfèvres. Ce milieu enrichit l’enquête ancienne, à conserver derrière la réserve sur le raccord du XVIIe siècle.
Ce qui reste à chercher
La cause du changement professionnel n’est pas explicitée dans les éléments de cette notice.
Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.