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Le livre de ma famille · Récit 24 / 38 · 10 min

Sept heures du matin dans la salle basse

Arthur Marchant le jeune, notaire et sieur de La Lande, dicte son testament le 17 mars 1643. Il demande une sépulture auprès de Jeanne Guischart et nomme son fils Olivier. La pièce conservée dans un fonds paroissial éclaire une génération et laisse l’ascendance du testateur ouverte.

La dernière volonté d’Arthur

Il est environ sept heures du matin, le 17 mars 1643. Arthur Marchant le jeune, notaire et sieur de La Lande, est malade dans la salle basse de sa maison. Il dicte son testament. Le document nous donne une heure, une pièce, un homme et les dispositions qu’il souhaite laisser derrière lui.

Arthur demande à être enterré auprès de son épouse, Jeanne Guischart. Les relevés du dossier placent l’inhumation de Jeanne quelques jours auparavant. La demande n’a donc rien d’abstrait. Il règle des affaires, pense à ses enfants et désigne la personne près de laquelle il souhaite reposer.

Son fils Olivier est nommé. D’autres proches et des professionnels apparaissent autour du testament. Pour lire la scène, nous n’avons pas besoin d’inventer le bruit de leurs pas ou les paroles qu’ils auraient échangées. Arthur a laissé des volontés assez claires pour que nous les comprenions encore.

La pièce est conservée dans un fonds paroissial. Elle a traversé le temps parce qu’elle devait être gardée et utilisée. Des papiers que l’on pourrait croire secs ont ainsi préservé une décision très personnelle. La famille ne nous parvient pas seulement par les albums ; elle nous arrive aussi par ce que les vivants ont voulu organiser avant leur mort.

Chapelle du Temple de Carentoir, évocation du pays des Marchant et Guischart.
Carentoir, 23 juin 2017. So Leblanc. Évocation du territoire ; ce bâtiment n’est pas la maison d’Arthur Marchant. Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0. Conversion WebP, sans recadrage.
Notre lien avec cette famille

Arthur appartient à la branche Marchant–Guischart de mon arbre. Le testament établit le lien entre Arthur et son fils Olivier. L’arbre complet fournit maintenant le chemin depuis Gabrielle Cadet. La remontée s’arrête à Arthur : ses parents ne sont pas établis par le testament.

  1. Fabian et Laurent Regairaz, dit Chicandier
  2. notre mère
  3. Bernard Vargues
  4. Gabrielle Cadet
  5. Clémentine Henriette Jeanne Marie Perrault
  6. Joseph Perrault
  7. Pierre Perrault
  8. Yves Perrault
  9. Jeanne Delannée
  10. Péronnelle Pérotheaux
  11. Raoulette Marchand
  12. Olivier Marchant
  13. Arthur Marchant le jeune et Jeanne Guischart
Schéma de filiation ou de repérage dans le dossier, création éditoriale, 2026. Arthur appartient à la branche Marchant–Guischart de mon arbre. Le testament établit le lien entre Arthur et son fils Olivier. L’arbre complet fournit maintenant le chemin depuis Gabrielle Cadet. La remontée s’arrête à Arthur : ses parents ne sont pas établis par le testament.

Les jours autour du testament

La note enrichie resserre encore le mois de mars. Elle rapproche l’inhumation de Jeanne, donnée au 13 mars, du testament du 17 et de celle d’Arthur, donnée au 20. Ces dates de sépulture sont reprises des registres par les relevés cités dans l’étude. Dans cet intervalle, la demande d’être enterré près de Jeanne perd toute abstraction : sa mort est toute récente.

Le testament prévoit des messes, dont une au jour de saint Joseph, ainsi que des legs et des comptes avec Olivier. Il associe les affaires des vivants au soin du mort à venir. Arthur n’abandonne pas son monde au moment de le quitter : il nomme, il répartit, il demande. Ses dernières volontés conservent la forme d’un acte, avec la précision des dispositions et la présence des personnes appelées à les recevoir.

La famille s’élargit aussi. La note recense sept enfants du couple, dont deux Jacquemine, l’une née en 1599, l’autre en 1610. L’aînée épouse Jean Daniel, sieur de la Hercoudaie. Leur fille Gillette Daniel se marie en 1637 avec Pierre Georges. Les Daniel et les Georges reviennent dans l’entourage du testament. La salle basse est donc située au milieu d’un réseau familial, même si le document n’en raconte pas tous les degrés.

Deux Jeanne à ne pas confondre

Jeanne Guischart, l’épouse d’Arthur, n’est pas la Jeanne Guischart célibataire qui apparaît comme marraine de ses filles. Les deux femmes portent le même prénom ; leurs rôles dans les baptêmes les distinguent. Cette seconde Jeanne revient sur plusieurs décennies. À côté d’elle, la note suit Marguerite Guischart, épouse de Jean Truillot, et Raoul, notaire à Maure puis mort à Lohéac.

Leur proximité avec la maison de La Lande donne de la force à l’hypothèse d’une fratrie. Elle n’autorise pas encore à choisir des parents communs. L’intérêt du dossier est ailleurs : ces femmes et ces hommes cessent d’être des noms rencontrés une fois. Ils reviennent, prennent une place au baptême d’un enfant, assistent à un acte, signent. La parenté possible se dessine dans cette répétition des présences.

Raoul Guischart signe le testament en qualité de notaire. C’est un détail décisif : la même main peut être celle d’un proche et celle d’un professionnel, mais l’acte ne lui donne ici que ce second rôle. L’enquête avance en conservant cette différence. Arthur, lui, a demandé quelque chose de beaucoup plus simple à comprendre : retrouver Jeanne dans l’église de Maure.

Près de Jeanne

Après les homonymes, les hypothèses de Corson et les parentés de Maure, je reviens à la salle basse. Il est sept heures. Arthur est malade. Il règle des comptes, pense à ses enfants et choisit l’endroit où il souhaite reposer. Le testament ne m’a pas donné ses parents. Il m’a laissé sa dernière volonté conjugale. Près de quatre siècles plus tard, c’est encore elle qui retient le regard.

Sources, filiations et pistes de recherche

Ce que disent les actes et les sources

Testament du 17 mars 1643, vers sept heures ; Olivier est nommé comme fils ; sépulture demandée auprès de Jeanne Guischart.

Sources. Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, fonds de fabrique paroissiale, 2 G 173, testament d’Arthur Marchant le jeune du 17 mars 1643 ; dossier familial Marchant–Guischart, mention du parrain non marié à Carentoir en 1590. Relevé de lecture, pas un fac-similé. La formulation résume la pièce ; elle n’est pas une transcription intégrale.
Déplier les références et les limites de la source

Sources. Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, fonds de fabrique paroissiale, 2 G 173, testament d’Arthur Marchant le jeune du 17 mars 1643 ; dossier familial Marchant–Guischart, mention du parrain non marié à Carentoir en 1590.

Ces références reprennent le dossier familial publié sur ce site. Une référence de dossier ne remplace pas une cote d’archives lorsqu’elle n’est pas fournie.

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Preuve, probable, hypothèse

Preuve ou relevé documenté

Testament du 17 mars 1643, vers sept heures ; Olivier est nommé comme fils ; sépulture demandée auprès de Jeanne Guischart.

Probable

Le lieu de conservation paroissial s’accorde avec les dispositions religieuses du testament.

Hypothèse

Les parents d’Arthur et l’identification actuelle de sa maison ne sont pas établis par les éléments publiés.

Une génération impossible dans l’export

L’arbre complet propose un Pierre Le Marchant né en 1600 comme père d’Arthur, né en 1568. Ces dates ne peuvent décrire une filiation père-fils. La note enrichie laisse justement les parents d’Arthur inconnus. Je m’arrête donc à lui, sans ajouter ce Pierre ni les branches homonymes. Le testament demeure le point solide : Olivier y est nommé fils du testateur.

Sources : arbre familial complet transmis le 21 septembre 2026 ; Les Marchant et les Guischart, note enrichie ; testament du 17 mars 1643, AD Ille-et-Vilaine, 2 G 173, d’après la note.

Ce qui reste à chercher

Le testament ne nomme pas les parents d’Arthur. Les homonymes présents dans les autres branches doivent donc rester à leur place tant que les actes ne les relient pas. La désignation « le jeune » est un élément à conserver dans les recherches ; elle n’autorise pas à choisir un père parmi les Arthur rencontrés ailleurs. Le dossier garde ce point ouvert.

Ce qui demeure est déjà considérable : une heure matinale, une maladie, une pièce de maison, un fils nommé et une sépulture souhaitée auprès de Jeanne. Je lis ce testament pour sa précision autant que pour ce qu’il laisse chercher. Il donne aux Marchant et aux Guischart une histoire située, où l’attachement familial prend la forme d’une volonté écrite et conservée.

Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.

Contexte et lecture des documents

Le récit

La salle basse est nommée dans le testament. Arthur Marchant y est malade lorsque ses dernières volontés sont reçues, le matin du 17 mars 1643.

Le 17 mars 1643, vers sept heures du matin, Arthur Marchant le jeune dicte ses dernières volontés. Le notaire, sieur de La Lande, est malade dans la salle basse de sa maison. Le document commence par situer un homme, une heure et une pièce. C’est assez pour donner au récit un point d’ancrage exceptionnel : nous ne sommes plus devant une simple succession de noms, mais devant un acte accompli dans des circonstances déterminées.

La question est double. Que souhaite Arthur à la fin de sa vie ? Et que révèle ce testament sur la famille qu’il laisse derrière lui ? Les réponses passent par les personnes nommées, le lieu demandé pour sa sépulture et la conservation même du document. Une autre mention, celle d’un parrain « non marié » à Carentoir en 1590, accompagne le dossier sans être confondue avec les dispositions de 1643.

Arthur porte la désignation « le jeune » et la qualité de sieur de La Lande. Son épouse est Jeanne Guischart. Dans son testament, il demande à être enterré auprès d’elle. Cette volonté constitue l’une des indications les plus personnelles du dossier. Le texte transmet une décision formulée ; il n’est pas nécessaire de lui ajouter des paroles imaginées pour en percevoir la portée familiale.

L’acte nomme Olivier, son fils. Ce lien rend une génération visible au sein même des dernières volontés du père. Il place le testament dans la chaîne de l’ascendance, tout en lui conservant son objet propre. Arthur n’a pas rédigé une généalogie : il règle ce qu’il souhaite après sa mort, et c’est à l’occasion de cette démarche que certains liens familiaux sont consignés.

Le document est conservé aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, dans un fonds de fabrique paroissiale, sous la cote 2 G 173. Cette localisation est essentielle. La recherche d’un testament d’un notaire n’aboutit pas ici seulement dans une étude ou un minutier. Les dispositions religieuses du défunt expliquent la présence de la pièce dans les archives de la paroisse.

La salle basse appartient à la maison où Arthur se trouve malade. C’est le lieu de l’acte. Cette expression restitue une organisation intérieure, mais elle ne donne ni le plan complet de la demeure ni son identification actuelle. Je conserve donc les mots du document. Une maison située aujourd’hui au lieu-dit La Lande ne devient pas, par son seul nom, celle du testateur.

La qualité de sieur de La Lande mérite la même lecture précise. Elle entre dans l’identification d’Arthur, au côté de son nom et de son métier. Elle ne suffit pas à désigner un manoir contemporain encore visible. Le dossier permet de parler de cet homme et du lieu indiqué dans son titre ; l’identification d’un bâtiment est une autre opération, qui demande ses propres pièces.

La demande de sépulture auprès de Jeanne Guischart lie le testament à l’histoire conjugale. Elle donne une place à l’épouse dans un acte dont Arthur est le déclarant. Jeanne n’apparaît pas seulement comme un nom entre deux générations : elle est la personne auprès de laquelle il souhaite être enterré. La volonté écrite apporte ainsi une information qu’une seule date de mariage aurait laissée hors du récit.

La mention du fils Olivier a une portée différente. Elle renseigne directement la parenté. En revanche, les parents d’Arthur ne sont pas donnés dans les éléments relevés du testament. La pièce avance donc l’enquête d’un côté de la génération sans résoudre automatiquement l’autre. C’est une caractéristique concrète de ce dossier : une dernière volonté peut être très précise sur les proches et rester silencieuse sur l’ascendance du testateur.

Le contexte

Le fonds de fabrique replace le document dans la vie paroissiale. Une disposition religieuse produit aussi des papiers, des titres à garder et une mémoire institutionnelle. L’acte personnel circule ainsi au-delà du foyer. Son lieu de conservation actuel fait partie de son histoire : il révèle les raisons pour lesquelles cette volonté a continué à être utile après la disparition de celui qui l’avait exprimée.

Carentoir apporte un autre repère au dossier Marchant–Guischart. La mention de 1590 qualifie un parrain de « non marié ». Ces deux mots décrivent une situation à une date donnée. Ils n’équivalent pas à une biographie et ne disent pas que l’homme demeurera célibataire. Je les conserve dans leur chronologie propre, à plus d’un demi-siècle du testament, pour ne pas imposer aux pièces une continuité qu’elles doivent elles-mêmes documenter.

La photographie du Temple de Carentoir montre un lieu de ce pays de recherche. Elle est une évocation géographique explicitement légendée, prise en 2017 par So Leblanc. Elle ne représente pas la salle basse, ni la résidence d’Arthur. Ce choix donne à voir un territoire réel tout en réservant au testament ce qui appartient à sa description particulière.