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Le livre de ma famille · Récit 25 / 38 · 10 min

Mossion et Testaud : cinq cents livres pour Julie

Dans la branche maternelle d’Abel Mignon, notre trisaïeul, les recherches conduisent vers Montguyon et le pays de Barbezieux. Marchands, greffiers et hommes de justice y côtoient les familles Mossion et Testaud. Un testament donne à cette histoire un centre très simple : un frère pense à sa sœur.

Notre lien avec cette famille

Fabian et Laurent Regairaz, dit Chicandier → notre mère → Huguette Louise Mignon → Marcel Mignon → Abel Mignon → Anne Doux → Catherine Rabier → Jeanne Rabier → Marie Mossion → Jean Pierre Mossion.

L’arbre conduit à Marie Mossion, née en 1757. La Jeanne Mossion née en 1764 des relevés spécialisés ne doit pas prendre sa place. Au-dessus de Jean Pierre, l’export nomme Pierre Mossion et Julie Lesteau ; les études donnent Julie Testaud. Cette différence doit être résolue dans les actes avant de prolonger la chaîne.

Chemin relevé dans l’arbre familial complet transmis le 21 septembre 2026, avec les précisions des dossiers cités dans ce récit. Les réserves portent sur les filiations signalées.

Dans le dossier

Abel Mignon appartient à notre ascendance maternelle commune. Sa mère, Anne Doux, ouvre les recherches vers les familles du sud de la Charente et de la Saintonge. Le livret familial y étudie les Mossion et les Testaud ; le chemin jusqu’à Jean Pierre Mossion est présenté ci-dessus, avec la divergence Lesteau–Testaud à résoudre.

1754 : le nom d’une sœur dans un testament

Jean Testaud fait consigner ses dernières volontés devant Robin, notaire à Étriac. Dans le testament de 1754 relevé par le livret familial, il laisse cinq cents livres à « Jullie Testault, sœur du testateur ». La formule identifie un lien de parenté, une bénéficiaire et une somme. Elle conserve aussi une orthographe du nom qui diffère de celle retenue dans le récit.

Le tableau reçu le 22 septembre 2026 donne à Julie un baptême le 4 octobre 1698 et un mariage avec Pierre Mossion le 9 janvier 1726. Il corrige la date du 30 octobre parfois reprise dans les notes. Le lieu de la cérémonie demande encore une lecture attentive : la signature du curé finit par « …alignac », ce qui laisse discuter Challignac ou Salignac. Le livret antérieur nommait l’époux Pierre François ; le nouveau tableau écrit Pierre. Ces différences doivent être confrontées aux actes plutôt qu’effacées dans le récit. Près de trente ans après leur union, le testament de son frère nomme Julie. Nous ignorons la fréquence de leurs rencontres. Nous savons ce que le relevé des dernières volontés lui destine. C’est par ce geste écrit que leur relation nous parvient.

Vue aérienne de Montguyon, avec les ruines du château au premier plan
Montguyon, vue contemporaine. Photographie de Jacques Dassié, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Les ruines situent le bourg ; elles ne désignent pas un bien possédé par les Mossion ou les Testaud.

Les Mossion, entre commerce et actes de famille

Le nouveau dossier situe à Neuvicq, en 1714, l’acte qui fait apparaître Magdeleine Marchand, veuve de François Mossion, sergent royal. Elle sait signer. Le veuvage devient ici un point d’appui : il permet de rechercher les enfants, leurs représentants et les proches qui pourraient intervenir dans une tutelle. Le tableau attribue aussi à Pierre Mossion, époux de Julie, la qualité de sergent royal et des années de galères, de 1738 à 1748, sur décision du parlement de Bordeaux. C’est une indication lourde, dont la cote judiciaire n’est pas fournie dans ce document. Je la conserve comme piste à contrôler avant de raconter une condamnation, son motif ou ses conséquences familiales. Les autres relevés le présentent comme marchand et l’appellent Pierre François : identité, chronologie et qualités doivent être rapprochées sur les pièces.

Ribéreau est présenté comme marchand bourgeois et propriétaire à Montguyon. En 1755, au baptême de leur fille Julie à Neuvicq, un sieur Jean Testaut est parrain. Le prénom de l’enfant et le nom du parrain invitent à comparer les générations et les liens. Ils ne suffisent pas à identifier tous les intervenants, mais replacent la famille autour d’un événement partagé.

Les Testaud, une place dans les affaires du pays

Julie est donnée comme fille de Jean Testaud et de Barbe Belliard, mariés en février 1690 à Ronsenac. Le nouveau tableau propose d’identifier cette Barbe avec Barbe Béliard de Beaupré, née à Gurat le 25 juin 1666. Son indice le plus intéressant est un témoin : Jean Cadiot des Coureaux, présenté comme beau-frère dans le mariage de 1690. Une alliance collatérale pourrait donc retrouver les parents que l’on ne reconnaissait pas directement. Ce raccord est classé probable, pas certain. La lecture du nom de la terre portée par Jean Testaud demeure également incertaine ; elle ne doit pas être fixée sur une graphie séduisante. Quant aux fonctions de juge de Vignolles et de Saint-Paul, elles peuvent revenir à son fils homonyme. Un père, un fils et le même prénom suffisent à fabriquer une carrière trop longue si l’on rassemble tout.

Dans les générations étudiées apparaissent également Pierre Testaud, greffier de Saint-Aulais, et un Jean Testaud qualifié de notaire royal en 1648. Les prénoms reviennent : il faut éviter de réunir sous une seule biographie tous les Jean rencontrés pendant plusieurs décennies. La continuité familiale se construit couple par couple. La branche Guillier appelle la même vigilance. Le tableau présente Jacques Guillier, marié à Marie Guenon à Saint-Pierre-du-Palais en 1724, comme greffier puis procureur fiscal de Montguyon. Il distingue cet homme, né en 1686, de son oncle Jacques, né en 1647, auquel reviendraient les titres d’avocat et de sénéchal attribués trop vite au neveu dans un arbre en ligne. Leur parenté peut expliquer la proximité des noms et du milieu. Elle n’autorise pas à déplacer les charges de l’un sur l’autre.

Une somme qui nous laisse une relation

Cinq cents livres : je conserve la somme telle qu’elle est rapportée, sans conversion trompeuse en euros. Il faudrait connaître les biens, les dettes et l’ensemble des legs pour en mesurer le poids dans cette succession. La clause nous apporte déjà quelque chose de plus durable qu’une estimation : elle nomme Julie comme sœur de Jean. Au milieu des fonctions, des titres et des variantes de patronymes, deux personnes restent liées par une phrase.

Julie, nommée par son frère

Le testament de Jean Testaud, en 1754, a cette force particulière des documents où quelqu’un nomme les siens. La bénéficiaire n’est pas seulement une femme qui porte un patronyme ressemblant à celui que l’on cherche. Jean la désigne comme sa sœur : « Jullie Testault sœur ». Les cinq cents livres prévues pour elle donnent un objet concret à ce lien.

Cette mention nous ramène au mariage de 1726 entre Julie et Pierre Mossion, appelé Pierre François dans le livret antérieur et présenté dans ce dernier comme marchand à Vassiac. Selon le relevé déjà exploité, l’acte de mariage ne nomme pas les parents de Julie. Le testament apporte donc une autre porte d’entrée dans sa famille. Deux papiers espacés de vingt-huit ans se répondent ; ce que l’un ne dit pas, l’autre commence à le montrer. Les nouvelles lectures précisent la date et rouvrent le lieu de la cérémonie, sans retirer au mot « sœur » sa valeur.

Le tableau charentais du 22 septembre retient Julie Testaud et signale expressément « Julie Lesteau » comme une erreur d’arbre. Cette correction oriente la recherche et évite de poursuivre deux familles artificiellement séparées. Elle reste à rattacher aux actes de notre propre chemin, celui qui monte depuis Marie Mossion. Le legs entre frère et sœur éclaire la famille de Julie ; la comparaison du baptême de Marie et du mariage de ses parents doit confirmer que nous suivons bien cette même famille jusqu’aux Mignon.

Des Mossion aux femmes qui nous les transmettent

Plus près de nous, notre chemin passe par Marie Mossion, née en 1757. Le nouveau dossier suit une autre femme : Jeanne, née et baptisée à Montguyon le 8 août 1764, mariée le 11 juin 1782 à Jacques Delabarde, marchand veuf. Il rapporte une dispense de parenté du 29 mai 1782, du deuxième au troisième degré. François Mossion et Magdeleine Marchand seraient leurs ancêtres communs : par le père de Jeanne d’un côté, et par une Marie Mossion d’une génération antérieure, mère du marié, de l’autre. La parenté revient ainsi des deux côtés d’un mariage. Cette dispense peut être une pièce précieuse pour reconstruire le groupe familial, mais elle ne transforme pas Jeanne en Marie, notre ancêtre. Le tableau ne reproduit pas l’acte de dispense ; ses indications restent à confronter au document.

Marie conduit à Jeanne Rabier, puis à Catherine Rabier et à Anne Doux. Anne sera la mère d’Abel Mignon. Les métiers et les noms masculins attirent souvent les recherches, mais ce sont ici plusieurs femmes qui assurent le passage jusqu’à nous. Les retrouver une à une évite que le dossier des Mossion reste une histoire intéressante suspendue au-dessus de notre arbre.

En amont de Julie, les Testaud, les Berthus et les Béliard ouvrent des horizons différents : le greffe, le notariat, le commerce, les registres du temple et les fonctions militaires. Le nouveau tableau sépare nettement la proposition concernant Barbe Béliard de ses prolongements plus anciens. Ceux-ci viennent de l’arbre Geneanet « viscontidebeaupre » : Jean Béliard de Beaupré, puis Michel, y sont associés à des fonctions au château de Lavalette ; d’autres générations conduisent vers un notaire tabellion de Blanzac. Ces notices donnent des noms à chercher et des contrats à localiser, notamment ceux de 1645 et de 1620. Elles ne deviennent pas autant de générations prouvées de notre ascendance. Le château reste un repère de l’enquête, dont les archives doivent préciser les liens.

Les tours du château de Villebois-Lavalette, lieu de commandement des Béliard de Beaupré
Le château de Villebois-Lavalette. Le dossier Béliard y situe des fonctions de commandement ; il ne s’agit pas d’une propriété familiale démontrée. JCAllin, 2003, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Image réduite, sans recadrage.

Le lien tient dans un mot

Dans le testament, je reviens au mot « sœur ». Il donne à Julie une place que son mariage n’avait pas explicitée. D’autres actes devront encore relier sans hésitation cette Julie à notre ligne. En attendant, le document a déjà accompli quelque chose de rare : il a rendu à une femme son frère, et à deux noms leur relation.

Sources, filiations et pistes de recherche
Sources et repères de recherche

Livret familial D’où nous venons, transmis par Fabian Regairaz en 2026. Chapitres XI et XII, consacrés aux Mossion et aux Testaud. Le testament de 1754 est connu ici par le relevé du livret ; sa minute et sa cote précise restent à joindre au dossier. La filiation complète depuis Anne Doux doit être présentée avec les actes correspondants avant toute numérotation générationnelle.

Les rapprochements avec d’autres Mossion, avec la branche de La Gontrie ou avec les différentes familles de Langlade ne sont pas retenus comme filiations démontrées. Les traditions relatives aux Ravaillac ne fondent aucune affirmation dans ce récit. Photographie contemporaine et licence précisées dans la légende.

Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier. Nouveau complément : « Ascendance de Jeanne Mossion — branche charentaise », 22 septembre 2026, six pages. Les générations récentes et les corrections de date sont tirées des pages 1, 2 et 5 ; l’indice Cadiot du mariage de 1690, de la page 2 ; la dispense de 1782, de la page 5. Le document classe la jonction Béliard comme probable et les générations antérieures comme issues de l’arbre « viscontidebeaupre », à vérifier. Les pièces primaires et leurs vues ne sont pas jointes à cette synthèse. La cote de la décision judiciaire concernant Pierre Mossion n’y figure pas : elle reste requise avant tout récit assuré de cet épisode.