D’où nous venons · Les récits de Fabian Regairaz
Mossion et Testaud : cinq cents livres pour Julie
Dans la branche maternelle d’Abel Mignon, notre trisaïeul, les recherches conduisent vers Montguyon et le pays de Barbezieux. Marchands, greffiers et hommes de justice y côtoient les familles Mossion et Testaud. Un testament donne à cette histoire un centre très simple : un frère pense à sa sœur.
Dans ce récit
- 1754 : le nom d’une sœur dans un testament
- Les Mossion, entre commerce et actes de famille
- Les Testaud, une place dans les affaires du pays
- Une somme qui nous laisse une relation
- Julie, nommée par son frère
- Des Mossion aux femmes qui nous les transmettent
- Le lien tient dans un mot
- Poursuivre dans la famille
1754 : le nom d’une sœur dans un testament
Jean Testaud fait consigner ses dernières volontés devant Robin, notaire à Étriac. Dans le testament de 1754 relevé par le livret familial, il laisse cinq cents livres à « Jullie Testault, sœur du testateur ». La formule identifie un lien de parenté, une bénéficiaire et une somme. Elle conserve aussi une orthographe du nom qui diffère de celle retenue dans le récit.
Julie est née à Challignac en 1698. Elle y a épousé Pierre François Mossion, marchand, en 1726. Près de trente ans après cette union, son frère la nomme encore dans ses dispositions. Nous ignorons ce qu’ils se disaient ou la fréquence de leurs rencontres. Nous savons ce que le relevé du testament lui destine. C’est par ce geste écrit que leur relation nous parvient.

Les Mossion, entre commerce et actes de famille
Le dossier retrouve en 1714 Madelaine Marchand, veuve de François Mossion, sergent royal. Puis le mariage de Pierre François et de Julie fait apparaître la qualité de marchand. D’autres pièces conduisent vers Montguyon et Neuvicq : des publications de bans Mossion–Guillier le 1er février 1751, puis le mariage de Madeleine Mossion avec Jean Ribéreau en 1753.
Ribéreau est présenté comme marchand bourgeois et propriétaire à Montguyon. En 1755, au baptême de leur fille Julie à Neuvicq, un sieur Jean Testaut est parrain. Le prénom de l’enfant et le nom du parrain invitent à comparer les générations et les liens. Ils ne suffisent pas à identifier tous les intervenants, mais replacent la famille autour d’un événement partagé.
Les Testaud, une place dans les affaires du pays
Julie est donnée comme fille de Jean Testaud, sieur de Chaudillac, bourgeois de Barbezieux, et de Barbe Belliard, mariés en février 1690 à Ronsenac. Son frère Jean exerce comme juge des juridictions de Vignolles et de Saint-Paul et comme procureur au marquisat de Barbezieux. Le titre de sieur et les fonctions occupées dessinent une position locale ; les actes restent nécessaires pour en préciser les biens et l’étendue.
Dans les générations étudiées apparaissent également Pierre Testaud, greffier de Saint-Aulais, et un Jean Testaud qualifié de notaire royal en 1648. Les prénoms reviennent : il faut éviter de réunir sous une seule biographie tous les Jean rencontrés pendant plusieurs décennies. La continuité familiale se construit couple par couple.
Une somme qui nous laisse une relation
Cinq cents livres : je conserve la somme telle qu’elle est rapportée, sans conversion trompeuse en euros. Il faudrait connaître les biens, les dettes et l’ensemble des legs pour en mesurer le poids dans cette succession. La clause nous apporte déjà quelque chose de plus durable qu’une estimation : elle nomme Julie comme sœur de Jean. Au milieu des fonctions, des titres et des variantes de patronymes, deux personnes restent liées par une phrase.
Julie, nommée par son frère
Le testament de Jean Testaud, en 1754, a cette force particulière des documents où quelqu’un nomme les siens. La bénéficiaire n’est pas seulement une femme qui porte un patronyme ressemblant à celui que l’on cherche. Jean la désigne comme sa sœur : « Jullie Testault sœur ». Les cinq cents livres prévues pour elle donnent un objet concret à ce lien.
Cette mention nous ramène au mariage de 1726 entre Julie et Pierre François Mossion, marchand à Vassiac. L’acte de mariage ne nomme pas les parents de Julie. Le testament apporte donc une autre porte d’entrée dans sa famille. Deux papiers espacés de vingt-huit ans se répondent ; ce que l’un ne dit pas, l’autre commence à le montrer.
Il reste cependant un désaccord à traiter dans l’arbre transmis : au-dessus de Jean Pierre Mossion, l’export porte Julie Lesteau, tandis que le dossier documentaire propose Julie Testaud. Le legs entre frère et sœur est précieux ; il ne dispense pas de vérifier le raccord exact avec notre branche. La découverte garde toute sa valeur sans que l’on ferme artificiellement la question.
Des Mossion aux femmes qui nous les transmettent
Plus près de nous, le chemin passe par Marie Mossion, née en 1757. C’est elle qu’il faut suivre, et non Jeanne, née en 1764. Les deux prénoms peuvent sembler un petit détail à la lecture d’un tableau ; dans une filiation, ils décident de la personne dont on raconte la vie.
Marie conduit à Jeanne Rabier, puis à Catherine Rabier et à Anne Doux. Anne sera la mère d’Abel Mignon. Les métiers et les noms masculins attirent souvent les recherches, mais ce sont ici plusieurs femmes qui assurent le passage jusqu’à nous. Les retrouver une à une évite que le dossier des Mossion reste une histoire intéressante suspendue au-dessus de notre arbre.
En amont de Julie, les Testaud, les Berthus et les Béliard ouvrent des horizons différents : le greffe, le notariat, le commerce, les registres du temple et les fonctions militaires. Barbe Béliard relie le dossier à Villebois-Lavalette. Le château peut donc servir de repère pour les charges citées ; il ne devient pas, pour autant, une maison que nous pourrions revendiquer comme celle de nos ancêtres.

Le lien tient dans un mot
Dans le testament, je reviens au mot « sœur ». Il donne à Julie une place que son mariage n’avait pas explicitée. D’autres actes devront encore relier sans hésitation cette Julie à notre ligne. En attendant, le document a déjà accompli quelque chose de rare : il a rendu à une femme son frère, et à deux noms leur relation.
Sources, filiations et pistes de recherche
Sources et repères de recherche
Livret familial D’où nous venons, transmis par Fabian Regairaz en 2026. Chapitres XI et XII, consacrés aux Mossion et aux Testaud. Le testament de 1754 est connu ici par le relevé du livret ; sa minute et sa cote précise restent à joindre au dossier. La filiation complète depuis Anne Doux doit être présentée avec les actes correspondants avant toute numérotation générationnelle.
Les rapprochements avec d’autres Mossion, avec la branche de La Gontrie ou avec les différentes familles de Langlade ne sont pas retenus comme filiations démontrées. Les traditions relatives aux Ravaillac ne fondent aucune affirmation dans ce récit. Photographie contemporaine et licence précisées dans la légende.
Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.
Poursuivre dans la famille
Abel Mignon · Recourt et Delagarde · Notaires, greffiers et juges