D’où nous venons · Les récits de Fabian Regairaz
Abel Mignon : un graveur dans notre histoire familiale
Il y a, dans notre ascendance commune à Chicandier et à moi, un homme dont les images ont circulé bien au-delà de la famille. Abel Mignon est le père de Marcel, notre arrière-grand-père. Son portrait ouvre une autre manière de regarder notre arbre : par les œuvres, les ateliers et les souvenirs de Grez-sur-Loing.
Notre grand-mère maternelle, Huguette Louise Mignon, est la petite-fille d’Abel. Son père Marcel assure le lien entre le graveur et notre génération. Suivre le chemin de Fabian et de Laurent Regairaz, dit Chicandier →

Dans ce récit
- Cenon, 1861 : un nom complet derrière une signature
- L’épouse rennaise et le fils dessinateur
- Grez-sur-Loing, entre les images et la mémoire
- Doux, Ardouin, Recourt : les autres visages de la branche
- Les Langlade et les Puytorac, une autre piste du dossier Mignon
- Avant le graveur, les métiers d’une famille
- Une œuvre, un timbre, un album
- Un ancêtre dont le travail nous regarde encore
- Poursuivre dans la famille
Cenon, 1861 : un nom complet derrière une signature
Les dossiers le nomment Justin Abel François Xavier Mignon, né à Cenon en 1861 et mort en 1936. Dans les œuvres et les notices, Abel Mignon suffit. Son père est François Adrien Mignon ; sa mère, Anne Doux. En remontant la branche Mignon, on rencontre Sicaire, instituteur né à Roumagnac en 1805. L’école, puis l’atelier : le fil familial traverse plusieurs façons de transmettre un savoir.
Les notices réunies au dossier décrivent un peintre et graveur, lié au travail de reproduction des œuvres des musées nationaux. Elles le donnent chevalier de la Légion d’honneur. Sa biographie artistique mérite son propre inventaire ; les reproductions présentées ici permettent déjà de regarder ce que son nom recouvre, sans réduire le graveur à une ligne dans l’arbre.

L’épouse rennaise et le fils dessinateur
Abel épouse une Chesneau de Rennes, fille de Jules Auguste Chesneau et de Pauline Marie Lavocat. Les dossiers la nomment Marie Louise ou Louise Marie. Elle est née en 1864 et morte à Fontainebleau en 1949. Par sa mère brodeuse, elle ouvre la branche des Lavocat et des Priour : derrière le graveur, il y a aussi l’histoire d’un meunier devenu sépulteur.
Leur fils Marcel naît à Grez-sur-Loing en 1897. Les actes familiaux le donnent artiste dessinateur. Il épouse Anna Galano, dont la famille relie Cetara à Alger. Ainsi se rencontrent, dans l’un des quatre foyers de nos arrière-grands-parents, une lignée d’artisans et d’artistes et une famille tournée vers la Méditerranée.

Grez-sur-Loing, entre les images et la mémoire
Les photographies familiales montrent une plage de galets, une maison de pierre, des enfants et un pique-nique sous les arbres. Elles sont situées vers 1900–1910 dans le dossier Mignon. Les lieux et les personnes ne sont pas tous identifiés. Je les garde avec ces légendes prudentes : une image de famille peut évoquer une époque sans qu’on impose un nom à chaque visage.
La coupure de presse transmise sur la pose d’une plaque à Grez-sur-Loing montre une autre forme de transmission : le souvenir du graveur revient sur une façade, au 7 rue Wilson. L’article est conservé comme source de cette commémoration. Le portrait et les œuvres permettent ici de prolonger l’hommage.

Doux, Ardouin, Recourt : les autres visages de la branche
Les recherches ouvertes par Anne Doux conduisent également aux Mossion et aux Testaud, autour de Montguyon et de Barbezieux. En 1754, un legs de cinq cents livres à Julie Testaud fait apparaître le lien entre un frère et une sœur. Découvrir ce récit, illustré par une vue de Montguyon →
Par les Doux et les Ardouin, la recherche rejoint Anne Recourt et le couple Jean Recourt–Marthe Delagarde. Leurs dossiers font apparaître des cordonniers, des chirurgiens et des familles liées aux métiers de la justice. Les branches de Montguyon, autour des Mossion, des Guillier, des Nau et des Testaud, étendent encore cette enquête vers la Charente et ses réseaux d’alliances.
Ces noms ont chacun leur place. Ils ne forment pas une galerie de célébrités ajoutées au portrait d’Abel : ils rendent à l’artiste sa parentèle, avec ses différences de métier et de fortune. Pour mon frère et moi, le graveur est à la fois un ancêtre et une porte ouverte vers toutes ces vies.
Les Langlade et les Puytorac, une autre piste du dossier Mignon
Le livret familial conduit à Eyliac, où Françoise de Langlade épouse l’armurier Bernard Puytorac en 1810. Un récit présente ce couple et ses alliances, avec une vue du château et le chemin familial qui passe par Marguerite Émilie Puytorac. Ouvrir le dossier d’Eyliac →
Avant le graveur, les métiers d’une famille
Le nom d’Abel conduit facilement vers les œuvres. L’arbre invite d’abord à regarder ceux qui l’ont précédé. Son grand-père Sicaire Mignon, né à Roumagnac en 1805, est instituteur. Il épouse Marguerite Émilie Puytorac en 1832. Leur fils François Adrien, le père d’Abel, est pâtissier à Bordeaux, puis apparaît plus tard comme préposé aux lits militaires à Paris.
Ces métiers dessinent plusieurs vies avant celle de l’artiste. Ils font passer le dossier du Périgord à la région bordelaise, puis à la capitale. Abel naît à Cenon en 1861, fils de François Adrien et d’Anne Doux. Sa mère appartient aux branches Doux, Ardouin et Recourt que les autres récits remontent vers Saint-Aigulin et ses environs.
Le graveur ne surgit donc pas seul dans notre histoire. Il reçoit des ascendances où l’on rencontre l’enseignement, la pâtisserie, le travail du cuir et les métiers ruraux. Rien ne permet d’en faire les causes de sa vocation. Elles lui rendent simplement ce qu’une notice d’artiste laisse souvent de côté : des parents, des grands-parents et une famille déjà en mouvement.

Une œuvre, un timbre, un album
La Gardeuse d’oies de 1897 et les timbres ne demandent pas le même regard. La première invite à s’arrêter devant une image ; les seconds ont été faits pour circuler. Dans les deux cas, le nom du graveur survit à la main qui a travaillé. C’est une chance rare dans une généalogie où tant de métiers ne sont connus que par un mot dans un acte.
Le timbre de l’avion survolant Marseille, émis en 1930, porte aussi une collaboration : le dessin de Paul Albert Laurens et la gravure d’Abel Mignon doivent rester distingués. Cette précision rend l’œuvre plus intéressante. Une image familière est le résultat de plusieurs gestes, comme un acte de famille réunit les écritures de plusieurs personnes.
À côté des œuvres, les photographies familiales ramènent à une autre échelle. Des enfants dans l’herbe, une journée au bord de l’eau, un pique-nique : tous les visages ne sont pas identifiés avec certitude. Je les conserve avec cette réserve, parce que l’album a sa valeur propre. Il accompagne l’histoire d’Abel et de Louise Chesneau, puis celle de leur fils Marcel, sans donner à chaque silhouette un nom que nous ne possédons pas encore.


Un ancêtre dont le travail nous regarde encore
Abel est notre ancêtre, par Marcel Mignon et Huguette, notre grand-mère. Ses œuvres nous donnent un accès inhabituel à sa vie : nous pouvons regarder ce qu’il a gravé. L’arbre, lui, permet de revenir de l’image à l’homme, puis de l’homme à ceux qui l’ont précédé. C’est ce double chemin que je veux garder ouvert.
Sources, filiations et pistes de recherche
Sources et repères de recherche
Sources familiales : D’où nous venons, livret de Fabian Regairaz ; dossier Lavocat–Priour–Duvivier, V2 ; dossier Recourt–Delagarde, V4.1 ; étude Girard de Langlade–Puytorac et fonds iconographique Mignon déjà publié sur ce site. La variante d’ordre des prénoms de l’épouse est conservée dans cette notice.
Iconographie : portrait historique d’Abel Mignon, auteur du cliché non identifié ; Avion survolant Marseille, 1930 ; Sixième Emprunt national, 1920 ; photographies de la collection familiale. Coupure de presse Le graveur Mignon méritait bien une plaque, dossier « Pose plaque à Grez », consultée sans reproduction intégrale.
Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.
Poursuivre dans la famille
Les Lavocat, Priour et Duvivier · L’enquête Recourt–Delagarde · Marcel et Anna, entre Cetara et Alger