FABIAN REGAIRAZ · HISTOIRE FAMILIALE
Abel, au travail
Cenon, Paris, Fontainebleau · 1861–1936

Abel Mignon laisse des images que l’on peut regarder sans commencer par l’arbre. C’est une chance rare dans ce livre. Pour les autres, il faut souvent imaginer un métier à partir de deux mots. Avec lui, le travail est encore devant nous.
Il naît à Cenon en 1861. Son père, François Adrien, est notamment pâtissier ; sa mère se nomme Anne Doux. Plus haut, Sicaire Mignon est instituteur. Abel n’arrive donc pas au bout d’une longue galerie de peintres. Comme les Vargues ou les Huchet, les Mignon ont changé de métier au fil des générations.
Le dossier familial le présente comme graveur, peintre et auteur d’images imprimées. L’affiche de l’Emprunt national de 1920 reproduite ici porte son nom. Elle permet de voir une œuvre destinée à être largement diffusée, au-delà du cercle des amateurs et des salles de musée.
Abel épouse Louise Chesneau en 1892. Marcel, leur fils, naît à Grez-sur-Loing en 1897 et devient artiste dessinateur. Yvonne, leur fille, épouse Jacques Bouisset. Nous retrouverons bientôt ce dernier derrière une silhouette que l’on reconnaît au rayon des biscuits.
Abel meurt à Fontainebleau en 1936. Par Marcel et Huguette, il est notre trisaïeul maternel, à Laurent et à moi. Ce lien ne nous oblige pas à admirer chacune de ses œuvres. Il nous donne surtout une raison de les regarder de plus près, puis de laisser le goût faire son travail.
Les photographies de sortie familiale complètent les images signées. Le graveur y appartient à un groupe dont plusieurs visages attendent encore une identification précise. Après l’affiche et les notices, l’album rétablit cette dimension familière : un artiste a aussi des proches, des promenades et des jours qui ne finissent pas dans un catalogue.
Sources. Livre familial fourni, chapitre 23, p. 105–110. Arbre actualisé : notices Sosa 28 (p. 3), 14 (p. 2), 7 (p. 1).