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Histoire familiale de Fabian et Laurent Regairaz · Italie et Alger

De Cetara à Alger : les Galano, les Autuori et la mer

Anna Galano, épouse de Marcel Mignon, est notre arrière-grand-mère. Par elle, mon frère Laurent Regairaz — Chicandier — et moi rejoignons les familles de Cetara, sur la côte amalfitaine. Les nouveaux dossiers rapprochent les registres italiens, l’état civil algérois et l’histoire du village.

Cetara vu depuis la mer, évocation du territoire des Autuori et Galano.
Cetara, 7 juillet 2013. Miguel Hermoso Cuesta. Évocation du territoire ; aucune maison familiale identifiée. Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0. Conversion WebP, sans recadrage.
Dans ce récit
  1. Les Galano : des générations autour de Cetara
  2. Anna : deux sœurs, un prénom à démêler
  3. 1754 : une maison, quatre personnes et une part de barque
  4. Un port avant la traversée
  5. La rencontre d’Anna et de Marcel
  6. Un village assez petit pour que les noms reviennent
  7. Deux rivages dans une même famille
  8. Poursuivre de l’autre côté de la famille

Les Galano : des générations autour de Cetara

La monographie familiale suit Gennaro Galano, puis Sabato Antonio, Giuseppe et Mariantonia Pappalardo. Au XIXe siècle, Pietro Galano, né en 1824, épouse Catarina Benincasa en 1852. Catarina est la fille de Romualdo Benincasa et de Rosa Pappalardo. Ces alliances font apparaître les noms qui reviennent dans les registres du village, sans que tous leurs porteurs soient parents au même degré.

Salvatore Giuseppe Galano et Maria Antonia Autuori forment le foyer qui rejoint Alger. Le dossier place leur mariage à Cetara en 1887 et associe leurs vies aux métiers de la mer et du fil. Il ne livre pas le nom du bateau ni le jour de la traversée. L’histoire du passage reste à retrouver dans les actes, les adresses et les éventuelles listes de passagers.

Anna : deux sœurs, un prénom à démêler

La nouvelle monographie signale deux filles du même foyer : Anna Nathalie, née en juillet 1896, et Anna, née en avril 1898. Elle contient aussi des indications contradictoires sur leur devenir et sur la date du mariage avec Marcel Mignon, situé en 1921. La version précédente retenait directement 1896 pour notre arrière-grand-mère ; il faut maintenant suspendre cette précision et confronter les actes de naissance au mariage.

Enfants et adultes de la famille Mignon réunis pour un pique-nique
Un pique-nique de la famille Mignon, vers 1900–1910. Collection familiale Regairaz ; lieu non identifié.

1754 : une maison, quatre personnes et une part de barque

Bien avant le départ pour Alger, le relevé familial du Catasto Onciario décrit Carlo Autuori, Maddalena Annarumma, leur enfant Giuseppe et Pascale, frère de Carlo. Le foyer dispose d’une maison et de la moitié d’une barque. Ce bien indivis donne son titre à l’un des récits du site : la fraction porte sur la propriété du bateau.

Carlo est un jalon précieux pour étudier les Autuori de Cetara. La chaîne le reliant à Maria Antonia, née au XIXe siècle, n’est toutefois pas établie par les éléments réunis. Son foyer figure ici dans l’enquête familiale et dans l’histoire du village ; il ne reçoit pas un rang certain dans notre ascendance.

Lire l’histoire de la maison et du demi-bateau.

Un port avant la traversée

Le volume d’Alfonso Pappalardo, Ubi Cetara dicitur, restitue l’histoire locale au-delà de notre arbre. Il retrace notamment l’autonomie communale acquise en 1834. Cette histoire du village éclaire les générations précédant le départ pour Alger. Elle donne aux actes un paysage politique et maritime, sans tenir lieu de preuve pour une naissance ou une filiation.

Les Benincasa, Annarumma et Forcellino étendent le réseau des alliances étudiées. Chaque nom fait revenir un quartier, un métier, une fratrie. C’est ainsi que le récit peut prendre de l’ampleur : en passant de notre arrière-grand-mère à son entourage, puis de sa famille au village, tout en gardant les jonctions visibles.

La rencontre d’Anna et de Marcel

Le nom d’Anna est notre entrée dans le village italien, mais son couple nous conduit aussi dans une autre direction. Marcel Mignon est né à Grez-sur-Loing en 1897. Il est le fils du graveur Abel Mignon et de Louise Chesneau, issue des familles rennaises. Les actes le qualifient d’artiste dessinateur. Lorsqu’Anna et Marcel se rencontrent dans le dossier familial, deux ensembles très différents commencent à tenir sur la même page.

Du côté d’Anna viennent les Galano, les Autuori, les Benincasa et les Pappalardo. Du côté de Marcel viennent les Mignon du Périgord, les Doux de Charente, les Lavocat et les Chesneau. Huguette, notre grand-mère, est leur fille. Elle porte donc une histoire que son seul nom Mignon ne peut pas contenir : des graveurs et des brodeuses, des familles de la terre et des familles de la mer.

L’album Mignon donne des images de l’autre moitié de ce couple : des enfants sur une plage, une maison de pierre, un pique-nique sous les arbres. Ces photographies ne représentent pas les Galano à Cetara. Elles montrent le monde familial dans lequel Marcel a grandi. Les placer près de la vue du village italien permet de regarder les deux côtés de l’alliance sans inventer un portrait d’Anna qui nous manquerait.

Un village assez petit pour que les noms reviennent

Les chiffres relevés dans l’étude de 1754 donnent une mesure de cette présence : vingt-neuf foyers Pappalardo, sept Galano, sept Autuori. Le même patronyme conduit donc à plusieurs portes. Cette densité explique pourquoi le prénom du conjoint, un frère présent dans la maison ou une adresse peut devenir décisif. Le village ne se laisse pas reconstruire avec les noms seuls.

Le mariage de Pietro Galano et de Catarina Benincasa, donné en 1852, réunit deux familles déjà liées aux Pappalardo. Puis le foyer Galano–Autuori apparaît dans le dossier du départ vers Alger. Le mouvement s’observe à l’échelle des personnes. La mer qui borde Cetara devient l’espace séparant deux lieux où l’on retrouve la même parenté.

Alger réunit ensuite plusieurs chemins de notre histoire maternelle. Les Vargues y ont leur magasin d’horlogerie ; les Galano et les Mignon y appartiennent à un autre dossier. Ces présences ne racontent pas le même voyage. Elles expliquent pourquoi la ville revient si souvent lorsqu’on remonte depuis nos grands-parents : des départs différents ont fini par rapprocher leurs descendants.

Enfants groupés dans l'herbe autour d'une jeune femme en robe blanche et grand chapeau
La famille Mignon dans une prairie, lors de la même journée que la photographie du pique-nique, d’après les tenues. Vers 1900–1910 ; identifications individuelles à préciser. Collection familiale Regairaz.

Deux rivages dans une même famille

Le bateau de la traversée reste à retrouver. Les noms, eux, ont atteint l’autre rive. Anna épouse Marcel ; Huguette naît de leur union ; notre mère, puis Laurent et moi, prolongeons cette histoire. Cetara n’est pas un paysage choisi pour embellir l’arbre. C’est le village dont les familles nous ont donné l’un de ses chemins.

Sources, filiations et pistes de recherche
Sources et repères de recherche

Les familles de Cetara, monographie familiale V4 ; Fabio Paolucci, Cetara di Cava nel 1754, étude du Catasto Onciario ; Alfonso Pappalardo, Ubi Cetara dicitur, Pro Loco, 2017 ; notices Galano–Autuori et relevé du foyer Autuori–Annarumma. Les deux naissances Anna et les dates du mariage Mignon–Galano doivent être confrontées aux actes originaux. La mention d’un autre relevé fiscal en 1794 reste distincte de l’étude de 1754.

Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.

Poursuivre de l’autre côté de la famille

Abel Mignon, le père de Marcel · Les Vargues, de Rennes à Alger · Le parcours familial complet