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D’où nous venons · Les récits de Fabian Regairaz

À Eyliac, Françoise de Langlade épouse un armurier

Le nom d’Abel Mignon nous mène vers les musées et les gravures. En remontant les dossiers de cette branche, partagée avec mon frère Laurent Regairaz, Chicandier, je rencontre aussi les Puytorac et les Langlade. En 1810, à Eyliac, le mariage de Françoise de Langlade et de Bernard Puytorac réunit deux familles dont les titres et les métiers racontent des histoires différentes.

Le château d’Eyliac vu du sud-est, avec ses dépendances au premier plan
Le château d’Eyliac vu du sud-est, le 6 avril 2010. Photographie de Père Igor, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Version WebP réduite, sans recadrage. Vue du patrimoine d’Eyliac ; le lieu de résidence de Françoise de Langlade et le lieu précis de la célébration de son mariage restent à établir.
Dans ce récit
  1. 1810 : commencer par le couple
  2. 1775 : Gratien et Marguerite, deux branches Langlade
  3. Le château donne un lieu à regarder
  4. Revenir à Françoise
  5. Deux Joseph, deux maisons
  6. D’Eyliac à la maison des Mignon
  7. Ce qui reste quand on referme la piste prestigieuse
  8. Poursuivre dans la famille

1810 : commencer par le couple

Bernard Puytorac épouse Françoise de Langlade à Eyliac en 1810. Le livret le présente comme armurier ; elle est fille de Gratien de Langlade et de Marguerite de Langlade. La date place leur union après la Révolution, dans une société où les anciennes désignations seigneuriales demeurent dans les généalogies, tandis que l’état civil enregistre de nouveaux ménages.

Il serait tentant de mesurer toute une évolution sociale à cette seule rencontre. Mais un métier ne donne pas le montant d’une fortune, et un titre familial ne dit pas quels biens sont encore possédés. Pour comprendre ce que chacun apporte, il faudrait le contrat de mariage, les successions et les mutations de propriété. L’union nous donne un point de départ solide pour poser ces questions.

1775 : Gratien et Marguerite, deux branches Langlade

Une génération plus haut, le livret situe à Eyliac, en 1775, le mariage de Gratien et de Marguerite. Gratien, né à Périgueux en 1754, y est présenté comme seigneur de Fayolle ; Marguerite comme dame de Lafaye. La synthèse rattache ce couple aux branches de Labatut et de la Belletie.

Les alliances relevées dans ces branches font apparaître Joseph de Langlade avec Jeanne Fargeot de Daille, et un autre Joseph de Langlade avec Marie de Bertin. Deux Joseph, deux couples : il faut conserver les épouses et les lieux à côté des prénoms. Ce sont eux qui évitent de réunir des générations ou de faire passer un bien d’une branche à l’autre par simple rapprochement de noms.

Le château donne un lieu à regarder

La photographie du château d’Eyliac rend le bourg plus concret : des dépendances, des toitures, un corps de logis et les arbres qui l’entourent. Elle a été prise en 2010. Elle accompagne le lieu nommé dans le dossier, sans reconstituer la journée de 1810. Nous ne savons pas encore dans quelle maison vivaient les époux ni où leur contrat éventuel a été reçu.

Le travail à poursuivre consiste à rapprocher les noms de terres — Fayolle, Lafaye, Labatut, la Belletie — des actes qui les portent. Une désignation de seigneurie, une adresse et une propriété effectivement détenue ne se lisent pas de la même façon. Les confronter permettrait de suivre ces familles dans le paysage au lieu de les laisser dans une liste de titres.

Revenir à Françoise

Entre les seigneuries de ses parents et le métier de son mari, Françoise risque de disparaître derrière les qualifications des autres. Son mariage donne pourtant une direction à toute l’enquête : retrouver son âge, son domicile, les personnes qui l’entourent et ce qu’elle reçoit ou transmet. Dans le récit familial, je veux lui garder cette place centrale : une femme nommée, un couple et un événement situé à Eyliac.

Deux Joseph, deux maisons

Gratien Langlade et Marguerite Langlade portent le même patronyme. Leurs pères se prénomment tous deux Joseph. Cette répétition donne l’impression d’une seule famille que l’on pourrait replier sur elle-même. Les noms des mères et les lieux empêchent ce raccourci : Jeanne Fargeot accompagne une branche, Marie Bertin l’autre ; Fayolle et Lafaye doivent rester distingués.

Le mariage de 1775 réunit ces deux lignes. Leur fille Françoise épousera Bernard Puytorac en 1810. À cette étape, la généalogie devient presque un exercice de patience : les noms se ressemblent tellement qu’il faut résister à l’envie d’aller vite. Chaque conjoint remet une personne à sa place ; chaque lieu aide à la retrouver dans le bon registre.

Le nom Bertin, à lui seul, ne résout rien. La piste du ministre Henri Léonard Bertin demeure une piste, avec tout l’intérêt d’une enquête possible et sans le statut d’une parenté démontrée. Marie Bertin a déjà une place familiale qui mérite d’être conservée pour elle-même, indépendamment de ce que d’autres recherches pourraient établir.

D’Eyliac à la maison des Mignon

La fille de Françoise et Bernard, Marguerite Émilie Puytorac, naît en 1811. Elle épouse Sicaire Mignon le 12 février 1832. Cet instituteur, né à Roumagnac, fait entrer les Mignon dans la suite des noms. Leur fils François Adrien, puis leur petit-fils Abel, donnent au récit une direction que les deux Joseph Langlade ne pouvaient pas connaître.

Les métiers et les lieux se déplacent encore : la pâtisserie à Bordeaux, la vie parisienne, puis les œuvres du graveur. Pourtant, la route reste lisible. Elle passe par Marguerite Émilie, par son fils, par Abel et Louise Chesneau, puis par Marcel et notre grand-mère Huguette. Eyliac n’est pas un décor ajouté à la famille ; c’est une étape d’un chemin que les personnes permettent de suivre.

La photographie du village rend ce point de départ visible. Elle ne désigne pas la maison des Langlade ou des Puytorac, que le dossier n’a pas localisée. C’est justement ce qui lui donne sa bonne place dans le récit : elle nous aide à situer les noms avant de revenir aux actes, sans transformer une belle façade en possession familiale.

La gardeuse d’oies, eau-forte d’Abel Mignon, 1897, conservée au Petit Palais.
Abel Mignon, La gardeuse d’oies, 1897, eau-forte. Paris Musées / Petit Palais, PPG2777, CC0. Une œuvre du graveur auquel aboutit cette branche familiale.

Ce qui reste quand on referme la piste prestigieuse

Même sans parenté démontrée avec le ministre, l’histoire ne perd rien de son chemin : deux branches Langlade, Françoise, Marguerite Émilie, un instituteur et, plus tard, un graveur. C’est par eux qu’Eyliac arrive jusqu’à nous. Le village n’a pas besoin d’un grand nom pour devenir un lieu de notre famille.

Sources, filiations et pistes de recherche
Sources et repères de recherche

D’où nous venons, livret généalogique de la famille Regairaz, édition augmentée 2026, chapitre IX et notice armoriale Langlade du chapitre XV. Dates, qualités et couples sont repris de cette synthèse ; aucun acte original Langlade–Puytorac n’a été nouvellement consulté pour cette page.

À documenter : acte et éventuel contrat du mariage de 1810 ; mariage Langlade–Langlade de 1775 ; filiation complète vers les Mignon ; biens détenus par les couples ; ascendance de Marie de Bertin ; identification héraldique de la branche d’Eyliac. La photographie de Père Igor est documentée par sa notice Commons et reprise de la médiathèque du site.

Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.

Poursuivre dans la famille

Abel Mignon et ses images · Les autres familles du Périgord · Mossion et Testaud