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Histoire familiale de Fabian Regairaz · 2/8

Toulon, 1885 : François et Célestine se marient

Le port neuf de Toulon peint par Claude-Joseph Vernet en 1755 : navires, ouvriers et matériel sur les quais
Claude-Joseph Vernet, Le Port neuf ou l’Arsenal de Toulon, 1755. Musée du Louvre, INV 8296, en dépôt au musée national de la Marine. Notice du Louvre ; reproduction Wikimedia Commons, domaine public. Le tableau situe le milieu portuaire de l’époque ; aucun des personnages n’est identifié comme un membre de notre famille.
Dans ce récit
  1. L’histoire
  2. Derrière Célestine, les Michel, Gros et Ciceron
  3. Célestine fait entrer tout un port
  4. En amont de Toulon, les routes se séparent
  5. Un mariage au croisement des routes
  6. Poursuivre et comparer nos recherches

L’histoire

12 novembre 1885, dix heures

À la mairie de Toulon, François Regairaz épouse Célestine Michel. Il est employé de commerce, militaire de la réserve et installé en ville depuis un mois. Auparavant, il vivait à Paris. Les bans ont été publiés dans les deux villes : une ligne du registre suffit à faire apparaître ce déplacement.

Autour des époux, les témoins relevés viennent du côté de Célestine. Il y a notamment son frère André Michel et un beau-frère commissaire principal de la Marine. Aucun proche de François n’apparaît parmi eux. Sa mère, Sophie Monod, est morte ; l’acte ne dit rien des raisons de cette composition du groupe.

Les notaires étaient pourtant intervenus

Les époux déclarent qu’il n’a pas été fait de contrat de mariage. Les pères avaient cependant donné leurs consentements le même jour, le 10 octobre, devant deux notaires, l’un à Chambéry, l’autre à Toulon. Ces actes préparent le mariage ; ils n’en organisent pas le régime matrimonial.

Je porte le nom de ce marié et je suis notaire. Ce détail me regarde de près : dans cette étape de mon histoire familiale, le notariat est présent, mais le contrat de mariage est absent. Les pièces suffisent à poser la scène ; elles ne livrent pas les raisons du choix des époux.

2 novembre 1886 : Marcel naît rue Bon-Pasteur

Un an plus tard, Marcel naît au 37 rue Bon-Pasteur, chez les Michel. La sage-femme le déclare le 4 novembre. Naissance le 2, déclaration le 4 : les deux dates correspondent à deux événements distincts. Le père est mentionné « absent ». Voyage, service, autre empêchement ? L’acte conserve le mot, pas son explication.

À Manosque, un autre dossier provençal

Les Chabran, également écrits Chabrand, ouvrent une autre enquête. Les notices présentent Nicolas et André comme orfèvres, puis des générations travaillant la terre. Le changement de métier est connu ; sa cause reste ouverte. La jonction détaillée de ce dossier avec les Michel n’est pas reproduite dans ce chapitre.

Derrière Célestine, les Michel, Gros et Ciceron

De l’Embrunais et de Cabasse jusqu’à Toulon, les mariages font apparaître des charpentiers, des canonniers et des employés de la Marine. Le tableau de Vernet donne à voir le port de leur époque. Lire le récit illustré des familles de l’arsenal →

Les nouveaux actes allongent la perspective toulonnaise. Jean Baptiste André Michel et Rosalie Alexandrine Gros se marient le 25 octobre 1843. En amont, Pierre Noël Michel épouse Anne Marguerite Lieutaud le 3 mars 1813. Du côté Gros, Jules François César, commis de la Marine, épouse Marguerite Catherine Épicaris Ciceron le 17 octobre 1821. Le nom d’Épicaris, porté par une femme née pendant la Révolution, laisse entrer une époque dans l’état civil.

Le mariage Gros–Michel du 15 juin 1762, à Saint-Louis de Toulon, réunit Jean Louis Gros, canonnier, et Élisabeth Rose Michel. La note varoise suit ensuite Jean Joseph Michel et Magdeleine Roux, mariés à Toulon en 1732 : lui vient d’une famille d’Embrun ; elle conduit à Cabasse. Jacques Roux et Magdelaine Durand s’y étaient mariés le 26 novembre 1703. Derrière un nom très répandu, les lieux et les conjoints donnent les bonnes prises.

Sources et repères de recherche

Nouveaux éléments : Aïeux varois, note de synthèse ; actes Michel–Gros (1843), Michel–Lieutaud (1813), Gros–Ciceron (1821), Gros–Michel (1762, deux vues), Michel–Roux (1732), Roux–Durand (1703), et documents Michel–Paul / Michel–Gueit ; export Ascendance Marguerite Gautier, Gustave Caillol. L’original Regairaz–Michel, acte n° 510, porte bien le 12 novembre 1885, à dix heures.

Célestine fait entrer tout un port

François attire d’abord le regard parce qu’il porte notre nom. Mais la profondeur provençale de cette union vient de Célestine. Sa mère, Rosalie Alexandrine Gros, la relie à des familles où reviennent la Marine, le travail des voiles, les fournitures et les emplois du port. Son père, Jean Baptiste André Michel, ouvre une autre série de métiers et de lieux.

Dans cette remontée, chaque union ajoute un visage à Toulon. Pierre Noël Michel épouse Anne Marguerite Lieutaud en 1813. Jules François César Gros épouse Marguerite Catherine Épicaris Ciceron en 1821. Jean Baptiste André Michel et Rosalie Alexandrine Gros se marient en 1843. Enfin, en 1885, leur fille Célestine accueille le nom Regairaz dans cette histoire.

Ces dates espacées donnent au mariage sa profondeur. Les témoins ne sont pas simplement des hommes disponibles pour une signature. Ils appartiennent à un entourage qui possède déjà ses métiers et ses alliances dans la ville. André Michel, frère de Célestine, est distributeur-comptable de la Marine. Le port est présent dans les qualifications de ceux qui entourent les époux.

En amont de Toulon, les routes se séparent

La Provence de notre famille ne forme pas une seule ligne droite. Les Michel venus de l’Embrunais conduisent vers les Hautes-Alpes ; les Roux vers Cabasse et Vauvenargues ; les Chabran vers Manosque. Le mariage de Jean Joseph Michel et de Magdeleine Roux, en 1732, réunit deux de ces chemins. La ville portuaire reçoit des histoires commencées loin des quais.

Le dossier de Marie Chabran nous mène, lui, aux Milles et à Manosque. Il fait apparaître le travail de la terre après celui des orfèvres. Le nom Michel revient dans plusieurs ensembles ; les prénoms des conjoints permettent de garder chacun à sa place. On peut ainsi parcourir la région sans faire de tous les Michel une seule famille ou de toutes les alliances une même histoire.

Les deux vues qui accompagnent cette page rendent sensible cette diversité. Toulon s’ouvre sur les navires et les métiers du port. La place Saint-Sauveur de Manosque ramène vers une ville de l’intérieur, ses maisons et sa paroisse. Nos ancêtres ne vivaient pas dans une carte généalogique : ils habitaient ces lieux, et leurs descendants ont fini par se rencontrer.

Carte postale ancienne de la place Saint-Sauveur à Manosque, avec sa fontaine et ses façades
La place Saint-Sauveur à Manosque, carte postale anonyme du début du XXe siècle. Une vue de la ville des Chabran, bien postérieure aux orfèvres du récit. Wikimedia Commons ; domaine public. Image réduite, sans recadrage.

Un mariage au croisement des routes

À dix heures, le 12 novembre 1885, plusieurs siècles ne tiennent pas dans la salle de mairie. Ils sont pourtant là, derrière les deux noms que le registre réunit : les Bauges de François, les familles provençales de Célestine. Un an plus tard naîtra Marcel. Pour nous, l’histoire du mariage commence précisément à cet endroit où deux chemins deviennent une famille.

Sources, filiations et pistes de recherche

Sources et questions ouvertes

Ce chapitre est une synthèse des dossiers familiaux cités ci-dessous. Les relevés et les témoignages y restent distingués des actes originaux.

Contexte : le commerce, la Marine et la maison

Toulon apparaît dans ce dossier comme une ville de domiciles, de métiers et de formalités. Les Michel conduisent vers des marchands, des notaires et des fonctions maritimes. Il faut regarder les qualifications une à une : commissaire de la Marine, marin et officier ne sont pas des expressions interchangeables. Une fonction portée par un témoin ne devient pas le métier de toute sa parenté.

La vie matérielle se laisse approcher par une adresse, une maison où naît un enfant, une profession déclarée. Le mariage renseigne l’entourage présent ; un inventaire serait nécessaire pour décrire le mobilier.

Les repères et les questions ouvertes

Les anciennes remontées provençales appellent une vigilance supplémentaire. Une généalogie reprise de publication en publication demeure une affirmation secondaire si sa preuve n’est pas retrouvée. Le dossier Chabran comporte des difficultés de prénoms et de chronologie signalées dans l’index existant. Une filiation médiévale ne peut pas être installée au-dessus de ces difficultés comme si elles avaient été résolues.

Références des documents et dossiers

Le mariage sans contrat et le père absent reprend l’état civil de Toulon : mariage du 12 novembre 1885 et naissance de Marcel en 1886, acte numéro 1565 selon le relevé familial. Le numéro est celui donné dans le dossier, sans ajout de cote de conservation.

De l’orfèvre au travailleur de terre et la notice Chabran–Chabrand constituent les appuis éditoriaux du volet de Manosque. Les originaux n’ont pas fait l’objet d’un nouveau contrôle pour cette synthèse. Les catégories sociales, les fonctions et les propriétés restent séparées : aucune noblesse ne se déduit d’un nom territorial ou d’une profession.

Comment lire les degrés de certitude

Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.

Poursuivre et comparer nos recherches

Vous êtes cousin, portez l’un de ces noms ou avez rencontré ces personnes dans un registre ? Comparons nos recherches, avec un lieu, une personne décédée et la référence de votre document. Une correction sourcée aide à faire avancer le dossier.

Branche partagée avec l’humoriste Chicandier.

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