D’où nous venons · Les récits de Fabian Regairaz
Les Gallois : deux frères d’Ugine sur les routes du Maine
La Savoie revient deux fois dans notre histoire. Avec mon frère Laurent Regairaz, Chicandier, je la retrouve du côté de notre nom, aux Déserts, mais aussi du côté des Vargues, par les Leroux et les Chevignier. Cette seconde route part d’Ugine. À son arrivée dans le Maine, deux frères nous attendent.
Dans ce récit
1699 : Jean se marie loin d’Ugine
Le 1er octobre 1699, Jean Gallois épouse Renée Guilpin à La Ferté-Bernard. Le livret familial le fait naître à Ugine le 19 juin 1672, fils de Michel Pécherand-Gallois et de Jacquemine Bisilliat-Gardet. Il a donc vingt-sept ans lorsque nous le retrouvons dans le Maine. Entre son enfance savoyarde et ce mariage, une partie du voyage nous échappe encore.
Trois ans plus tard, en 1702, son frère aîné Michel épouse Marguerite Heullant, lui aussi à La Ferté-Bernard. Né à Ugine en 1665, marchand mercier, il y termine sa vie en 1741. Le rapprochement de ces deux parcours fait apparaître un point d’appui familial. Lequel est arrivé le premier ? Ont-ils travaillé ensemble ? Les deux mariages posent ces questions sans encore y répondre.

Un nom qui change de longueur
Pécherand-Gallois dans les générations savoyardes, Gallois dans le Maine : les documents rassemblés conservent plusieurs formes du patronyme. Le livret signale aussi Galloëx. Pour suivre une même personne, le nom doit donc être lu avec les parents, le conjoint et le lieu. Rien ne permet d’attribuer cette évolution à une décision administrative précise.
En amont de Jean, le dossier donne le mariage de Michel Pécherand-Gallois et de Jacquemine Bisilliat-Gardet à Ugine en 1652. Il remonte ensuite à François Pécherand-Gallois et Anthoenne Pettay, mariés en 1622. Cette succession de couples maintient le lien avec Ugine, tandis que les générations suivantes s’inscrivent dans les bourgs du Maine.
Les femmes ramènent le fil jusqu’aux Vargues
Dans la descendance présentée par le livret, Pierre André Gallois, marchand et fils de Jean Gallois et de Renée Lacroix, épouse Anne Françoise Leroy en 1787 à Nogent-le-Bernard. Leur fille Anne Françoise, née en 1788 à Bonnétable, épouse en 1809 Jean Chevignier, marchand orfèvre.
Une autre fille fait avancer le récit : Juliette Angéline Chevignier. En 1853, au Lude, elle épouse Louis Eugène Leroux. Nous approchons alors de Louise Marie Leroux et des Vargues. Le passage d’une famille à l’autre se lit dans ces mariages. Au fil de la branche, les mentions de marchand, de mercier et d’orfèvre donnent également une présence aux métiers.
Deux retours vers la Savoie
Dans notre branche paternelle, François Regairaz rejoint Toulon après Paris et épouse Célestine Michel en 1885. Du côté maternel, les Gallois sont déjà attestés dans le Maine à la fin du XVIIe siècle. Ces parcours appartiennent à des époques et à des branches différentes. En les rapprochant aujourd’hui, je retrouve une même région à deux endroits de notre histoire, avec des départs et des alliances qui lui donnent chaque fois un autre visage.
Deux frères prennent la même direction
Jean n’est pas le seul Gallois à apparaître dans le Perche. Son frère Michel, né en 1665, est mercier ; il épouse Marguerite Heullant à La Ferté-Bernard en 1702. Trois ans plus tôt, Jean y avait épousé Renée Guilpin. Deux mariages dans la même ville donnent à ce déplacement une dimension familiale que la seule vie de Jean aurait laissée dans l’ombre.
Le dossier ne dit pas lequel des deux est parti le premier, ni s’ils ont voyagé ensemble. Il dit qu’ils sont fils de Michel Pecherand Gallois et de Jacquemine Bisilliat Gardet, et qu’ils fondent tous deux un foyer loin d’Ugine. La présence du frère rend le départ moins abstrait : dans le pays d’arrivée, Jean pouvait retrouver quelqu’un qui partageait ses parents et son enfance.
En Savoie, les noms composés gardent leur importance. Pecherand Gallois et Bisilliat Gardet résistent aux simplifications d’un arbre trop vite recopié. Le mariage des parents, en 1652, et celui des grands-parents paternels, François Pecherand Gallois et Anthoenne Pettay, en 1622, donnent au départ des deux frères un arrière-plan de plusieurs générations.
Le voyage continue à travers les métiers
Un autre Jean naît à Bonnétable en 1713. Il faut lui rendre sa génération : ce n’est plus le marié de 1699. Plus tard, Pierre André Gallois, marchand, épouse Anne Françoise Leroy à Nogent-le-Bernard en 1787. Leur fille Anne Françoise rejoint les Chevignier par son mariage avec Jean, orfèvre, en 1809.
La suite donne à ce voyage savoyard un prolongement inattendu. Juliette Angéline Chevignier épouse Louis Eugène Leroux, horloger, en 1853. Leur fille Louise Marie Leroux sera la mère de Louis Vargues. Quand nous entrons dans l’atelier rennais de Louis, nous retrouvons donc au bout du chemin des familles passées par Ugine, La Ferté-Bernard, Bonnétable et le Maine.
Ce rapprochement ne suffit pas à raconter une transmission continue des savoir-faire. Le mercier, le marchand, l’orfèvre et l’horloger ont des métiers différents. Il permet en revanche de regarder l’atelier avec davantage de profondeur. Les établis de Rennes appartiennent à une histoire familiale où les déplacements comptent autant que les objets fabriqués ou vendus.

Ugine au fond de l’atelier
Je pensais remonter vers une famille du Maine ; le dossier m’a conduit jusqu’à Ugine, puis m’a ramené auprès de Louis Vargues. Deux frères partis de Savoie ont laissé dans les registres assez de traces pour que leur voyage ne soit pas perdu. Notre famille a continué la route, en changeant de noms et de métiers.
Sources, filiations et pistes de recherche
Sources et repères de recherche
Livret familial D’où nous venons, transmis par Fabian Regairaz en 2026. Chapitres consacrés aux Vargues, aux Leroux et aux Gallois d’Ugine. Les dates et qualités professionnelles de ce récit sont reprises de cette synthèse familiale ; les registres originaux n’ont pas fait l’objet d’une nouvelle consultation pour cette publication.
Points à reprendre dans les actes : le raccord entre les différentes générations de Jean Gallois ; la chronologie des parents de Jacquemine Bisilliat-Gardet, dont les dates proposées dans le livret ne concordent pas ; les liens exacts avec les autres Bisilliat. Les remontées les plus anciennes et les alliances nobles ne sont pas utilisées ici pour affirmer une ascendance continue.
Crédit photographique et licence dans la légende. Aucun portrait ni blason familial Gallois n’est attribué sans document.
Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.
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