FABIAN REGAIRAZ · HISTOIRE FAMILIALE
Le mois où Sophie disparaît
Les Déserts · 1851–1867

François a dix ans lorsque Sophie Monod meurt. Dans la longue succession des noms, cet âge arrête la lecture. Dix ans : assez pour garder le souvenir d’une mère, trop peu pour se passer d’elle. Le relevé familial situe sa mort au 9 septembre 1867, aux Déserts, en Savoie.
Sophie était née dans cette commune en 1833. Elle avait épousé Michel Regairaz le 27 avril 1851. Cultivateur, Michel portait aussi le nom de Vuillerme. À force de rencontrer les mêmes prénoms, on comprend l’utilité de ces surnoms : ils permettaient de savoir de quels Regairaz on parlait. Le généalogiste d’aujourd’hui leur doit quelques heures de sommeil.
Le livre transmis recense neuf naissances entre 1852 et 1867. L’arbre qualifie Sophie de « sans profession ». Les registres avaient une conception très personnelle de l’inactivité. Ils savaient compter les enfants, beaucoup moins les heures nécessaires pour les élever.
Huit jours avant Sophie, Pernette et son mari Roux étaient morts eux aussi, selon le même relevé. Trois décès dans la parentèle, en neuf jours. Aucune pièce fournie n’en donne une cause commune. Il reste ce calendrier serré, que nous pouvons lire sans lui inventer une épidémie.
François quittera les Déserts. Nous le retrouverons à Paris, puis à Toulon, où il épousera Célestine Michel en 1885. Sa mère sera encore nommée dans les papiers du mariage. Dix-huit ans auront passé. De ce garçon devenu homme descendront Marcel, Jean Marcel, notre père, puis Laurent et moi. Notre nom a voyagé ; c’est ici que commence le chemin que nous pouvons suivre.
Sources. Livre familial fourni, chapitre 1, p. 11–14. Arbre actualisé : notices Sosa 33 (p. 4), 16 (p. 2), 8 (p. 1), 4 (p. 1).