Le livre de ma famille · Récit 09 / 38 · 11 min
Le verre et le parchemin dans la même vallée
À Aillon-le-Vieux, Bernard Pavy et son père César sont notaires. Une alliance avec les Breton d’Allèves rejoint un milieu de maîtres-verriers. Le récit suit les métiers, les liens et les lieux, en conservant le caractère approximatif de la naissance de Bernard.
Les métiers qui se rencontrent
Dans les Bauges, Bernard Pavy et son père César sont notaires. Une alliance avec les Breton d’Allèves nous conduit à des maîtres-verriers. Le papier d’un côté, le verre de l’autre : deux métiers différents se rencontrent dans les familles de la même région.
Nous avons quitté les Regairaz pour remonter par les femmes et les alliances de la branche savoyarde. Les Monod, les Renaud et les dossiers associés ouvrent le chemin vers les Pavy. C’est une autre raison de conserver les noms de naissance. Ils permettent de traverser la montagne familiale au lieu de rester toujours sur la même pente.
Un notaire reçoit des contrats, des engagements et des décisions que l’on veut conserver. Un maître-verrier appartient à un savoir-faire de fabrication. Les pièces de famille les montrent à travers leurs métiers, leurs mariages et leurs proches. Elles nous donnent un pays où le travail prend plusieurs formes.
Les enfants peuvent comprendre cette rencontre en regardant deux objets : une feuille écrite et un verre. L’un garde des mots, l’autre a demandé des gestes et de la matière pour être fabriqué. Derrière chacun se trouvent des personnes. Certains de nos ancêtres faisaient partie de ces mondes du travail.

Notre lien avec cette famille
Bernard Pavy est mon ancêtre paternel à la douzième génération au-dessus de moi. Son père César est à la treizième. L’arbre complet permet de nommer chaque génération, de Sophie Monod à Jeanne Françoise Pavy.
- Fabian et Laurent Regairaz, dit Chicandier
- Père · Sosa 2
- Jean Marcel Regairaz · notre grand-père paternel · Sosa 4
- Marcel Regairaz · Sosa 8
- François Regairaz · Sosa 16
- Sophie Monod · Sosa 33
- Jean Monod · Sosa 66
- Amédée Monod · Sosa 132
- Berthe Renaud · Sosa 265
- Josephta Petit Gros · Sosa 531
- Josephte Tornassat · Sosa 1063
- Jeanne Françoise Pavy · Sosa 2127
- Bernard Pavy · Sosa 4254
Un métier qui revient dans plusieurs branches
Les Pavy font partie d’un ensemble plus large de notaires, de greffiers et de juges rencontrés dans nos dossiers familiaux. Le parcours se poursuit en Beauce avec Gilles Bigot, dans le Maine avec les Poulle et en Charente avec les Testaud. Lire les métiers de l’écrit dans ma famille →
Ce qui reste à chercher
Le détail des ateliers des Breton d’Allèves, leur organisation et les objets qui y ont été fabriqués ne sont pas exposés dans le dossier publié. Les lieux précis où César et Bernard ont travaillé, les périodes couvertes par leurs minutes et la transmission éventuelle de leurs papiers restent également à développer à partir des références correspondantes.
Ces prolongements ne changent pas les repères déjà réunis. César et Bernard sont père et fils, tous deux notaires ; Bernard appartient à l’histoire d’Aillon-le-Vieux et son alliance le relie aux maîtres-verriers. C’est ce noyau familial que je peux désormais lire d’un seul mouvement, depuis la filiation jusqu’au métier et au territoire.
Melchiotte, le nom qui relie les deux métiers
Il manquait un prénom à la rencontre du verre et de l’écrit. L’arbre complet le donne : Melchiotte de Breton, dite du Praz. Elle est présentée comme fille de Jacques de Breton, maître-verrier, et épouse de Bernard Pavy. Le relevé situe sa naissance à Allèves, le 15 août 1649. Tout à coup, l’alliance cesse d’être une formule générale. C’est une femme qui relie ces familles.
Le dossier conserve pour elle la qualité de demoiselle et pour Jacques celle de noble maître-verrier. Ces mots appartiennent à leur présentation dans les sources familiales. Ils disent la manière dont les personnes sont désignées ; ils ne nous livrent pas encore l’inventaire d’un atelier. Le prénom de Melchiotte est plus utile au récit qu’un objet de verre choisi au hasard : il permet de suivre la parenté au lieu d’en illustrer seulement l’idée.
De son union avec Bernard vient Jeanne Françoise Pavy. Puis le chemin passe par Josephte Tornassat, Josephta Petit Gros, Berthe Renaud et les Monod. Le notaire des Bauges est donc entré dans notre histoire par une suite de femmes dont les noms ont changé à chaque génération. Le métier, très visible dans la notice de Bernard, avait presque caché celles qui nous relient à lui.
Le père écrit, le fils écrit aussi
César Pavy est notaire ; Bernard l’est à son tour. Cette continuité a quelque chose de familier pour le lecteur d’un arbre : un fils porte le nom de son père, puis le même métier. Mais ici le travail consiste précisément à donner une forme durable aux arrangements des autres. À chaque acte, d’autres familles apparaissent, avec leurs terres, leurs alliances ou leurs comptes.
Je suis sensible à ce double rôle des Pavy. Nous les cherchons dans des documents, et eux-mêmes ont fait métier d’en produire. Leurs vies nous parviennent par l’écrit ; une part du monde qui les entourait a pu passer par leur plume. Le dossier ne permet pas encore d’ouvrir leurs minutes une à une. Il rend néanmoins perceptible ce voisinage entre une profession et la mémoire qu’elle laisse.
La vue d’Allèves rend au récit son relief. Elle situe le pays de Melchiotte, tandis qu’Aillon-le-Vieux reste le repère de Bernard. Entre les deux, le lien n’est ni un itinéraire inventé ni un symbole : c’est une alliance. Les montagnes prennent leur place autour des personnes, et non à leur place. Le verre et le parchemin peuvent alors retrouver leurs noms.

Une alliance plutôt qu’un emblème
Au bout de cette remontée, je retiens César, Bernard et Melchiotte. Un père, son fils, une femme venue de la famille des verriers. Leurs métiers donnent des matières au récit, mais c’est leur alliance qui le fait parvenir jusqu’à nous. La généalogie n’a pas conservé seulement des titres. Elle a gardé le chemin par lequel ces trois vies continuent dans les nôtres.
Sources, filiations et pistes de recherche
Ce que disent les actes et les sources
Le dossier identifie César et Bernard comme père et fils, tous deux notaires ; mariage de Bernard à Aillon-le-Vieux en 1663.
Déplier les références et les limites de la source
Sources. Dossier familial Pavy–Breton d’Allèves ; arbre emmett, Bernard Pavy Sosa 4254, César Pavy Sosa 8508.
Ces références reprennent le dossier familial publié sur ce site. Une référence de dossier ne remplace pas une cote d’archives lorsqu’elle n’est pas fournie.
Preuve, probable, hypothèse
Preuve ou relevé documenté
Le dossier identifie César et Bernard comme père et fils, tous deux notaires ; mariage de Bernard à Aillon-le-Vieux en 1663.
Probable
La naissance de Bernard est située vers 1647 ; cette approximation est conservée.
Hypothèse
Les conditions d’apprentissage, la transmission de l’étude et l’organisation des ateliers verriers ne sont pas documentées ici.
Compléments de cette édition : arbre familial complet emmett, export transmis le 21 septembre 2026, rapproché des dossiers cités ci-dessus. Les filiations de cet export restent distinguées des actes originaux et des raccords encore à vérifier.
Contexte et lecture des documents
Le récit
Notaire, maître-verrier : les métiers placés à côté des noms donnent soudain une matière à la branche Pavy. L’écriture et le verre se rencontrent dans une alliance des Bauges.
À Aillon-le-Vieux, Bernard Pavy exerce comme notaire. Son alliance avec les Breton d’Allèves relie sa famille à des maîtres-verriers. Deux activités se rencontrent ainsi dans les Bauges : celle qui conserve les accords par l’écriture et celle qui transforme la matière par le feu. C’est cette rencontre familiale que je retiens sous le titre du verre et du parchemin.
Le point de départ est une personne, avec sa place dans mon arbre. Bernard n’est pas seulement un nom aperçu dans l’histoire d’une vallée. Il est mon ancêtre du côté paternel, à la douzième génération. Son père César appartient à la génération précédente. Tous deux sont notaires, et l’alliance de Bernard élargit ce milieu familial vers un autre métier.
Le dossier situe la naissance de Bernard vers 1647 et son décès en 1727. Le premier millésime conserve son caractère approximatif. Le mariage célébré à Aillon-le-Vieux en 1663 apporte un autre repère daté, au début de sa vie adulte. Je garde ces indications séparées : naissance, mariage et décès n’ont pas la même précision dans les éléments publiés.
Bernard porte le numéro Sosa 4254 dans mon arbre ; César, son père, le numéro 8508. Le second est le double du premier, selon la numérotation des ascendants. Cette relation permet au lecteur de retrouver immédiatement le lien père-fils. Bernard se situe à la douzième génération, César à la treizième.
Le dossier fait apparaître les Breton d’Allèves comme maîtres-verriers. L’alliance donne à cette qualification professionnelle sa place dans le récit Pavy. Elle relie des personnes et des familles avant de relier abstraitement deux activités. Aillon-le-Vieux et Allèves restent les deux noms de lieux qui permettent de replacer cette rencontre dans les Bauges.
Le premier fait est la continuité professionnelle entre César et Bernard. Le père et le fils sont notaires. La généalogie conserve donc davantage qu’une succession de générations : elle montre un métier présent dans chacune. Cette continuité mérite d’être racontée, parce qu’elle donne un contenu à la filiation et ouvre la recherche vers les écritures produites dans leur entourage.
Elle ne raconte pas à elle seule les conditions de l’apprentissage de Bernard. Le dossier présenté ne donne pas un contrat de formation ou une date de réception que je pourrais reproduire ici. Je distingue la qualification relevée de l’histoire détaillée de son acquisition. Le métier est établi ; le parcours qui y conduit reste un autre sujet documentaire.
Le mariage de 1663 est une étape familiale. L’année précise situe Bernard dans la chronologie d’Aillon-le-Vieux, bien avant son décès de 1727. Une fois rapproché de son activité et de sa filiation, ce repère permet de lire plusieurs dimensions d’une même personne : le fils de César, l’époux qui entre dans une alliance et l’homme désigné comme notaire.
L’alliance aux Breton d’Allèves apporte une autre matière au dossier. Le titre de maître-verrier donne aux membres de cette famille une place professionnelle précise. Je le conserve tel qu’il est relevé, sans le réduire au mot artisan. Le verre entre dans la généalogie par ceux qui le travaillent et par les liens qu’ils nouent avec les Pavy.
Le verre et le parchemin donnent son titre à cette rencontre. Le premier renvoie au métier des alliés ; le second évoque le monde de l’écrit auquel appartiennent César et Bernard. Derrière les deux matières, le récit garde ses personnes : un père, son fils, une alliance et les métiers qui donnent à chacun une place dans la vallée.
Cette alliance compte aussi dans la lecture d’une vallée. Si l’on ne retenait que les lieux de naissance et de décès, on verrait surtout des personnes installées dans les Bauges. Les qualifications professionnelles font apparaître les différences à l’intérieur du territoire. L’écriture des actes et la fabrication du verre y appartiennent à une même histoire familiale.
Le contexte
Le monde de Bernard se lit d’abord dans les noms et les titres que les dossiers conservent : maître, notaire, maître-verrier. Ces mots donnent une épaisseur aux personnes. Ils indiquent un milieu de travail et un savoir-faire, tout en laissant aux actes particuliers le soin d’en préciser les conditions matérielles.
À l’échelle de mon arbre, les Pavy rejoignent d’autres familles dans lesquelles les professions donnent une direction au récit. Les Despine conduisent des Bauges aux thermes d’Aix et à la médecine. Barnabé Regairaz conduit des Déserts à Buenos Aires et à la chapellerie. Les rapprocher ne crée pas une parenté supplémentaire ; cela rend perceptible la diversité des parcours conservés.
Le dossier des registres manquants aux Déserts rappelle de son côté l’importance des minutes anciennes dans une recherche savoyarde. Chez les Pavy, le métier du notaire appartient à la biographie familiale elle-même. L’archive est ainsi présente à deux titres : comme source de l’enquête et comme trace du travail de certains des hommes que l’on cherche.
Le lecteur peut suivre ces histoires par le territoire des Bauges sur la carte, puis revenir à l’index des patronymes. L’un rassemble des lieux ; l’autre rassemble des noms. Le récit de Bernard apporte ce que ces deux classements ne disent pas à eux seuls : une alliance entre deux milieux professionnels.
Commencer par notre histoire en 40 pages →
De Chicandier et Fabian aux générations les plus anciennes, un récit à lire en famille.